# Compte-rendu de la réunion à l'IGN
###### tags: `COPIL IGN`, `événements passés`
Le 20 mai 2022
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## **Lidar**
L'objectif est d'obtenir une géovisualisation 3D de l'ensemble du sol et du sursol français, un peu à la manière de la fonction 3D de google maps.
### L'intérêt du projet vis-à-vis de ceux déjà exsistants
Bien que Google propose déjà cette fonctionnalité pour quelques espaces urbains très localisés, l'IGN projette d'étendre cette description en 3D à l'ensemble du territoire français, et avec une précision de l'ordre du mètre.
L'idée est également de rendre les données (et pas seulement leur visualisation) accessibles au public (*open-source*), ouvrant le champ des possibles à une large panoplie de réutilisations (ce qui n'est pas le cas aujourd'hui avec Google qui conserve ses données ou les revend à prix élevé).
L'objectif est d'obtenir un répertoire de données fiable, standardisé, documenté et accessible à tous ; sur lequel de nombreux projets à caractère géographique pourront prendre appui.
### Procédé technique
1. Collecte des données
Après avoir réalisé des études préalables, l'IGN a mandaté 4 sous-traitants chargés de l'acquisition des données de terrain. Il s'agit de survoler chaque portion du territoire français pour le "scanner" à l'aide de la technologie [LIDAR](https://fr.wikipedia.org/wiki/Lidar).
Une fois les survols effectués, les sous-traitants soumettent à vérification leurs nuages de points obtenu. Ceux-ci dénombreront au moins 10 points par mètre carré (la densité moyenne des relevés est néanmoins de 25 points/m²). l'IGN s'assure également que positionnement des points géoréférencés respecte un seuil de précision - 10cm de marge d'erreur (à vérifier).
Aujourd'hui, 31 000 m² de nuages de points ont été validé.
2. Clssification
Même si un nuage de points correspond aux critères de qualité, il doit subir plusieurs traitements pour rendre son exploitation possible. Les entreprises chargées de l'acquisition des données livrent un nuage de points "brut" à l'IGN qui se charge ensuite de la classification des points. Ce procédé permet de déceler les objets scannés parmi les milliards de points relevés. Ce traitement *sine qua non* pour révéler le plein potentiel des données récoltées ne passera à l'étape de production industrielle qu'à partir de septembre prochain.
3. Diffusion
l'IGN prévoit trois "niveaux" de diffusion :
- données brutes non classifiées
- données issues d'une classification automatique (pas très précises)
- données issues d'un traitement interactif, avec des opérateurs (aucune erreur tolérée).
### Utilisations
Une fois classifiées, les données LIDAR rendront possible la détection de sites archéologiques, faciliteront l'examen des constructions illégales, permettront un calcul précis des volumes de biomasse ou des espaces artificialisés... Les applications sont nombreuses, et répondent à divers besoins de l'action publique : prévention des risques, observation de la ressource forestière, aménagement du territoire...
### Enjeux techniques et difficultés
L'un des défis techniques est de développer des algorithmes d'intelligence artificielle capables d'automatiser les contrôles qualité des nuages de points, et leur classification. Actuellement, le logiciel utilisé, TerraSolid, n'est pas *cloudisé*. Ils sont donc en train de de mettre en place une virtualisation des potes de travail.
Ont été évoquées des difficultés à recruter des talents aptes à déployer des dispositifs d'intelligence artificielle capables de traiter les données LIDAR (manque de compétitivité - en termes de salaire proposé - face à des entreprises privées comme Airbus ou ESRI). Pour y faire face, l'IGN double les effectifs des promotions de [l'ENSG](https://www.ensg.eu/) travaillant sur le traitement d'image.
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###### lien du projet : geoservices.ign.fr/lidarhd
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## **Géoplateforme**
> *[...] le programme Géoplateforme vise à doter la puissance publique d’une infrastructure collaborative et mutualisée pour la production et la diffusion des géodonnées. Son ambition est de permettre aux porteurs de politiques publiques et aux collectivités locales qui le souhaitent de bénéficier très simplement de fonctionnalités avancées pour diffuser leurs propres données et s’ouvrir à des communautés contributives. Ce futur espace, composante géographique de l'État-plateforme, répond notamment aux enjeux de souveraineté des données de l’État face aux géants de l’Internet.* (https://www.ign.fr/geoplateforme/la-geoplateforme-en-bref)
L'idée est de créer une plateforme de mise en commun de toutes les données géographiques crées par l'ensemble des administrations publiques produisant ou utilisant ce type de donnée. Géoplateforme ambitionnerait de devenir LE portail central (et collaboratif) de la consultation et de la diffusion des données géographiques en France.
En créant cette mise en commun des données conditionnée à des standards d'interopérabilité et des normes de qualité, Géoplateforme serait un outil de lutte contre le foisonnement anarchique des jeux de données non-structurés.
En effet aujourd'hui, la centralisation des géodonnées produites par les organismes publics n'étant pas achevée, lorsqu'on cherche à rendre interopérables des données provenant d'un ministère avec celui d'une administration spécialisée (ex : ADEME, CEREMA) ou d'une collectivité locale, la diversité de structuration des bases de données engendre une perte de temps consacrée à la standardisation de ces différents jeux de données.
Plus simplement, on peut voir Géoplateforme comme une fusion et une évolution des plateformes [Géoservices](https://geoservices.ign.fr/) (plateforme de mise à disposition des données IGN) et [Géoportail](https://www.geoportail.gouv.fr/) (visualisation des données IGN) déjà existantes.
### Une infrastructure ouverte et mutualisée
La [BD TOPO](https://geoservices.ign.fr/bdtopo) sera ouverte à l'écriture. Les utilisateurs de Pilote pourraient donc collaborer à l'enrichissement des données (ex : l'IGN dispose de tous les tronçons de route géoréférencés ; les référents territoriaux de Pilote pourraient eux renseigner le nombre d'accidents de la route pour chaque section de route à l'échelle de leur département).
A la manière d'un [SIG](https://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_d%27information_g%C3%A9ographique), il serait possible de cataloguer des données pour les afficher sur une interface carto. D'autre part, Géoplateforme approfondit l'interopérabilité avec les logiciels existants en développant en annexe une extension [Qgis](fr.wikipedia.org/wiki/QGIS) facilitant l'accès aux tuiles vectorielles et matricielles. l'IGN metterait également à disposition un socle commun permettant aux utilisateurs de Géoplateforme de développer leur propre API.
La géoplateforme contiendra les données [OSHIMAE](https://acteurspublics.fr/articles/les-espoirs-decus-du-cloud-interministeriel-oshimae) (migration prévue en fin d'année 2022).
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###### liens associés
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www.ign.fr/geoplateforme
www.geoportail.gouv.fr/actualites/la-geoplateforme-lespace-public-de-linformation-geographique
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Trystan Viaud