# COMMUNE DE PETITE TAILLE ET RÉPUTATION SENSIBLE: LE MAUVAIS MÉLANGE ?
La taille d'une commune est discutable selon plusieurs critères et ainsi, ne dépend pas seulement du nombre d’habitants. En effet, sa localisation géographique rend la donnée de la taille subjective. Forcément une commune située à proximité d’une grande ville va tout de suite paraître comme beaucoup plus petite et ce, même si son nombre d'habitants entre dans la catégorie des villes moyennes à l’échelle nationale.
Un des problèmes qui se pose dans le cas d’une petite commune c’est que souvent elle n'intéressent les grands médias que pour les faits sensationnels qui sont souvent des faits divers qui portent préjudices à la ville.
Généralement, lorsqu'un grand média parle d’une municipalité, particulièrement quand celle-ci est relativement petite, les habitants sont interpellés et réagissent. Tout naturellement, lorsque j’entends parler de Pau, ma petite commune d’origine, à la télévision je suis interloquée, surprise et relève la chose. En effet, étant une petite ville je n’ai pas l’habitude d’en entendre parler, lorsque quelqu'un me dit connaître cet endroit je suis étonnée et quand un journal en parle j'ai l’impression que la ville est reconnue et qu’elle existe au même titre qu’une grande ville.
Alors quand les médias mentionnent une petite commune pour quelque chose de positif voire honorable, forcément la plupart des habitants vont ressentir un sentiment de fierté d’appartenance à ce territoire qui tend à exister de lui-même et de surcroit par un fait positif. Le citoyen s’identifie à son lieu de vie, se voit heureux qu’on en parle et qu’il obtienne de la reconnaissance.
Cependant, depuis toujours, ce qui attire le plus l’attention ce sont les *“dramas”*, le négatif voire même les scandales. L’humain à plus tendance à parler ce qui ne lui plaît pas et à porter son attention sur ce qui l’excite et sort de la routine. Ainsi, des faits dont on aurait aimé ne pas parler de peur de toucher à la réputation de la ville, prennent tant d’ampleur qu’il est difficile de les passer sous silence, et ce, même si ils sont occasionnels voire moins récurrents qu’ailleurs. Quand les faits négatifs font plus de bruit que les positifs, même s’ils sont une quantité infime, forcément les gens ne gardent que ça à l’esprit.
Pour le cas de Floirac, par exemple, il s’y passe un nombre incalculable d'événements culturels, sportifs… intéressants. Le problème, c’est que les grands médias ne se penchent pas dessus du fait qu’il y a d'autres sujets plus palpitants à traiter pour eux, notamment à Bordeaux situé à quelques kilomètres. Comme les médias qui touchent beaucoup plus de monde n’en parle pas, c’est au service communication de la ville de le faire mais leur portée n’est pas aussi importante et le temps qu’il peuvent y consacrer du fait des petits effectifs n’est pas bien long.
Concernant les titres pour la commune on peut lire chez Sud-Ouest: *“Gironde : les dealers du parc du Castel de Floirac interpellés”*, *“Gironde : quatre jeunes adultes mis en examen pour "homicide volontaire" après la mort d'un sexagénaire à Floirac”* chez France 3 ou encore *“À Floirac en Gironde, la taxe foncière bondit de 15%”* chez BFMTV.
Récemment c’est l’augmentation de la taxe foncière qui a fait grand bruit au sein de l’univers médiatique concernant Floirac et à créer un grand ras-de-marée au sein de la mairie. En effet, après qu’un grand média tel que **BFMTV** en ait parlé sur le plateau télé, la nouvelle à prit d’énormes proportions. Le premier problème qui se posait, c’est que les habitant l’aient appris par surprise au JT sans que leur municipalité n'ait fait de communiqué en amont et le second, c’est l'incompréhension. Sur le JT les raisons de cette augmentation n'étaient pas expliquées et la commune n’a pas donné d’explication en amont aussi. Il est évident qu’une telle augmentation soudaine de 15% surprend et suscite beaucoup de mécontentement ce qui n’améliore pas la réputation. Ceci s’ajoute à des faits qui ne sont pas flatteurs pour la ville et d’après certains membres du personnel, se pose la question de la légitimité de cette hausse pour la ville qui fait déjà partie des rares communes de la région éligibles aux aides de l’Etat.
En contrepartie, lors de mon stage s’est déroulée la conférence de presse concernant la finale nationale de Break Dance qui a eu lieu en juin à l’Arkea Arena à Floirac. Événement important de la culture à l'échelle nationale et véritable atout pour la ville, cette conférence n’a malheureusement pas réuni bon nombre de médias à la M.270, maison des savoirs partagés de la commune malgré son ampleur. Au-delà de cela, c’est Bordeaux Métropole qui à souhaité prendre en charge l’organisation de l’évènement qui a lieu sur le territoire floiracais. Il est aussi intéressant de se questionner sur les conséquences de la proximité avec une grande ville sur une petite ville.
D’après Jean-Charles Edouard,
> *“ la petite ville est longtemps apparue comme un objet de second rang, une forme « minimale » d’urbanité”*
notamment en comparaison avec les gros “monstres” que représentent les grandes villes. A l'échelle nationale, voire internationale, ces grandes communes font parler et les petites communes environnantes sont considérées comme faisant partie de ces grandes municipalités. Elles s’inscrivent entièrement en ces dernières. Il est commun d’entendre “Bordeaux” pour parler de Bordeaux et alentours. On parle d’ailleurs officiellement de Bordeaux Métropole. Cette situation ne constitue d’ailleurs pas un handicap pour les communes environnantes, elle renferme points positifs comme négatifs.
“Cohabiter” avec une grande ville à tout d’abord un avantage géographique, l’attractivité de cette dernière déteint sur les alentours. Un avantage financier également, grâce à l’obtention de financement et de collaboration, mais aussi au niveau des équipements. La ville étant surchargée ou alors pour justement une volonté de ne pas la surcharger, certains équipements prestigieux peuvent être délocalisés et ainsi apporter une réelle valeur ajoutée à une petite commune. C’est le cas par exemple de la plus grande salle de concert de la région qui à été construite à Floirac sur les berges de la Garonne.
Cependant, cette situation peut porter préjudice sur certains aspects. En effet, ces petites communes peuvent se faire “engloutir” par ces géants territoriaux. Ces derniers organisent forcément plus d'événements, à plus grandes échelles, sont les scènes d'événements nationaux ou internationaux qui attirent plus l’attention du public et des médias. Très récemment, c’est Netflix qui s’est invité à la Place de la Bourse à Bordeaux, organisant un événement de distribution de bouquet de roses à l’occasion de la sortie de la dernière saison des “Chroniques de Bridgerton”, véritable série à succès du moment. L’ampleur que constitue une grande commune à proximité conduit à un désintéressement général de tout ce qui se passe autour sans oublier que les municipalités environnantes n’ont pas les mêmes moyens financiers, humains ni les mêmes intérêts à organiser des événements similaires.
D’ailleurs, très souvent, les métropoles ont tendance à prendre part aux événements importants se déroulant dans les autres communes, il y a une volonté de maîtrise sur les actions à plus grande portée. Je pense par exemple aux concerts se déroulant au Rocher Palmer à Cenon, commune située près de Bordeaux. Il paraît évident pour la métropole de communiquer sur le sujet et prendre part à l’organisation de l’événement comme s’il se déroulait dans Bordeaux même. Ainsi, ce type d’action peut être vécu par les communes comme un manque de confiance en leur rôle et une volonté de leur retirer leur autonomie sous prétexte qu’ils font partie de la métropole. Petit à petit les communes se posent de plus en plus de question sur leur légitimité à accueillir de tel choses sur leur territoire et se retrouvent avec une grande ville qui leur “vole la vedette” sur chaque action qu’ils tentent de mener afin d’apporter une plus-value à leur territoire et attiser la fierté de leurs habitants. D’autant plus que cette identification des habitants à leur ville est un élément capital à une bonne réputation d’un territoire. Ces derniers ont un rôle clé à jouer quant à la commune et sont un des biais principaux de la circulation de l’information.
Dans une petite commune, le bouche à oreille a beaucoup plus d’impact que dans une grande. Les habitants se connaissent beaucoup plus entre eux et l’information est beaucoup plus virale. De plus, comme il se passe généralement moins de choses, le moindre événement retentit plus fort qu’à l'accoutumé.
Il est essentiel, dans la communication d’une commune, de prendre en compte les cibles qui sont différentes de celles d’une communication d’entreprise par exemple.
Tout d’abord il y a des agents de services ainsi que les élus. Étant au contact direct des populations et ayant fait de la ville leur métier ils sont les principaux concernés par l’image de la commune et l’image qu’il en ont doit absolument être soignée. Ils sont les principaux médiateurs entre la mairie et la ville et ont une énorme responsabilité concernant son image. N’étant pas de simples habitants, ils sont souvent les oubliés des enjeux communicationnels et pour pallier ce problème, certaines mairies font le choix d’avoir un journal interne. Distribué au personnel de la mairie mais aussi aux agents de services, il permet de maintenir un lien au sein même des acteurs principaux de la commune. Le service communication de la mairie de Floirac, par exemple, édite 3 fois par an l’*Entre-News*, un journal interne dans lequel figure des photos souvenir du repas des agents, les mouvements du personnel (arrivées et sorties), traite des élections professionnelles… afin que tout un chacun soit tenu au courant des changements et actualités au sein de son groupe de travail, l’information circule donc de manière uniforme.
De plus, la population doit être au centre des attentions du service de communication. En effet, le but premier de la communication territoriale est d’entretenir du lien avec les habitants et les informer au mieux des mouvements qui se produisent sur leur lieu de résidence.
Celle-ci correspond aussi à un acteur clé de l’image et la réputation d'une ville vis-à-vis de l’extérieur. Elle détient une responsabilité induite par les dirigeants. Elle sera un facteur déterminant à travers son comportement, ses actions, son implication et ce qu’elle va dire.
L’information au sein d’une petite commune est ainsi plus virale, elle tourne beaucoup plus vite car généralement les habitants, commerçants et acteurs de la ville ont une certaine proximité. Les lieux de rassemblement regroupent souvent les mêmes personnes et favorisent l’échange entre les personnes impliquées dans la vie de la commune et soucieuses de son image. Souvent une certaine solidarité règne que l’on ne retrouve pas dans les grandes villes où domine l’individualisme. Cet aspect solidaire est d’autant plus flagrant lorsqu’il s'agit d’une commune qui renferme quelques difficultés, qui abritent une certaine mixité sociale et constitue un véritable atout pour ce territoire et sa réputation. Cette atmosphère conviviale est un tremplin pour la circulation de l’information, on y retrouve souvent des conseils de quartiers, des associations de solidarité, les clubs de sport peu nombreux permettent l’échange en mixant les populations...
Sur le plan technique on peut aussi traiter du rôle des canaux de diffusion sur la viralité de l’information. Ces derniers étant plus concentré géographiquement (panneau lumineux, espace d’affichage, lieux de partages…) ils touchent plus de personnes qui elles fréquentent aussi les mêmes endroits. L’information est donc concentrée là où la population est concentrée en opposition à une grande ville où l’information est beaucoup plus dispersée sur le territoire et touche un plus faible pourcentage d’habitants.
Concernant les grandes villes, revenons sur le côté individualiste de la population. Dans ce type de territoire, il est rare d’entendre parler de lieux d’échanges conviviaux où la population se réunit et est mise à contribution pour prendre des décisions. Ce phénomène est beaucoup moins récurrent et les gens ne se connaissent généralement pas beaucoup entre eux, l’information circule beaucoup moins par le biais du bouche à oreilles de la population mais se repose plus sur les réseaux sociaux, l’affichage…
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