# REUNION 4
###### tags: `reunions en visio`
**LIGNES D'ÉCRITURE INDIVIDUELLES & TRANSVERSALES DÉGAGÉES AU COURS DE LA RÉUNION**
* Mise en perspective historique de la situation actuelle par rapport à la période 60/70, puis au tournant des années 80 et de la mise en échec d'un certain nombre de voies alternatives. Quelles résonances ? Qu'est-ce que la situation actuelle va nous permettre de remettre sur la table, à l'ordre du jour ? Il y a des confinements (populaires, marginaux) qui durent depuis 40 ans... Comment retrouver la trace de ce qui a été expérimenté ?
* Lecture critique de la décentralisation territoriale
* Qui écrit va écrire l'histoire de ce que nous sommes en train de vivre et du futur ? Quelle place pour les voix populaires qui aujourd'hui sont en première ligne dans les activités essentielles ?
* Le va et vient entre chemin de transformation intime, spirituelle et la transformation collective de la société, le politique ; le va et vient entre le local et le global... Comment activer les tiers espaces pour penser la compléxité du monde et sortir d'une pensée binaire ?
* Comment construisons-nous nos postures de réfléxivité et essayons de les faire vivre au quotidien ?
**COMPTE RENDU DE LA SÉANCE**
Hugues : Point échange sur la stratégie concernant ALISS
Victoria : écrit à Hugues cete semaine sur interrogations/mon sujet. 1ère proposition : projet avec un copain, histoire sur les années 60 et 70, bcp de points communs entre ces époques. Outils qui se sont démocratisés dans années 60, ex théâtre populaire, réflexion sur l'écologie, le genre : oser penser en grand des utopies, campus universitaires lieux formidables de définition. Proposition : interrogation de chacun sur nos références de ces années là. Faire un point collectif sur ces années-là, grands manifestes, qu'est-ce qu'on porte encore de cette époque là, comment cette situation actuelle remet sur la table ce même type d"'interrogations. Pour Hugues, tournant surtout dans les années 70 et 80. Pour Victoria, ce qui l'intéresse c'est l'avant tournant libéral justement.
2ème option : interrogation d'un économiste, sur ceux qui pensent développer des projets alternatifs à l'échelle locale. Actualité Cornonavirus par rapport à cela. Jacques Bataille : il faut changer le mode de comptabilité financière, pour mettre en débat ces questions, seule solution pour changer.
Qu'est-ce que cela nous inspire ?
Dominique : la question de la résonance importante. Je suis envahie par les demandes d'écriture. Je ne sais pas quoi proposer. Sortie numéro 0 de la revue Articulations. Sortie début mai. Le premeir truc qui m'est venue, j'ai pensé à la façon dont j'avais fait mes courses avant de mettre à réfléchir. Depuis 15 jours avant d'entrer dans le confinement, j'appellais mes enfants et à chaque fois je leur ai rappelé de faire des courses. Compulsion à acheter. J'ai vécu mai 68 en étant ado, assignés à résidence. Et je me souviens très de ma mère en faisant la même chose. En France on a eu fin jusqu'aux années 50, et cela a été réactivé en 68. Question de la nourriture, mais aussi sur le genre, la relation entre parents et enfants.
En tant que travailleur social, on a expérimenté énormément des choses, il n'y a pratiquement plus aucune trace de ces expérimentations. Elles étaient portées par des jeunes et des femmes... Je trouver le sujet très intéressant. Penser à mettre en résonance le care et le faire. On aurait pu su se croire en 68 en attendant Macron. Comment participer à ce travail d'écriture collective alors que je suis très sollicitée pour participer à des écritures collectives.
Hugues : une proposition, on va entamer un travail sur la période 80/90 sur une revue qui s'appelle paroles et pratiques sociales. C'est une revue de travailleurs sociaux. Regard sur la société post-soixanthuitarde. C'est un peu complémentaire par rapport à la proposition de Victoria. Je suis trop jeune, je suis plutôt intéressé par l'époque d'après, à partir des années 80. Epoque de l'impossibilité de la traduction politique des grands idées des années 60. 80, éttoufoir dont on commence à sortir. Deuxièmement, tu peux aussi peut-être relier la question du "tiers secteur économique" qui a échoué et la crise actuelle du modèle néolibéral. L'histoire ne se repète pas
Victoria : pas capable analyser années 60-70, mais trucs qui sont devenus ringards, ont continué à être repris par d'autres. La force de ces pistes-là dont on retrouve la valeur aujourd'hui. Je suis née en Argentine où dans les années 70-80 on avait payé par le sang ces initiatives. Références personnelles.
Georges :Mon propos n'est pas dans la prolongation directe de ce qui précède et ne se veut pas alternatif ou contradictoire. Il est un apport pouvant contribuer à la description de la situation et du contexte dans lesquels les questions soulevées précédemment se trouvent.Je ne fais que rappeler qu'il nous est nécessaire de prendre en compte le phénomène de la digitalisation du monde qui s'est accéléré dans les années 80. La socialisation des NTIC a modifié, continue de modifier radicalement les relations HOMME > < OUTILS > < ENVIRONNEMENT, triangle d'interactions cher à Leroi Gouhran.La financiarisation, l'envol des dispositifs de contrôle social, le terrorisme, les relations sociales ... etc tous les domaines de vieS (sociétale, animales, végétales ...)sont chahutés par ce rapport digital au monde qui se constitue, se déploie.Cette transformation de nos rapports au monde semble avoir une dimension, une ampleur ANTHROPOLOGIQUE.Il me paraît donc nécessaire de veiller à ne pas oublier cet aspect dans la construction des problèmes que nous tentons de faire.Quel que soit notre objet de travail.
La pandémie est un puissant révélateur de ce phénomène. Nous "saute aux yeux", et ce à tous.. l'importance vitale des" invisibles derniers de cordée" en même temps que l'aveuglement construit par les pouvoirs quant à la valeur,la pertinence,la légitimité ... conférées aux premiers de cordée.
Les rapports et PROJETS sociétaux qui se constituent selon les modes d'appropriation de ces OUTILS ( PAR QUI , COMMENT , POUR QUOI FAIRE ...etc liens avec dispositifs et agencements d'énonciations chez Foucault ...> domination) me semblent devoir être pris en compte dans ce que nous explorons.On aura sans doute l'occasion de creuser cela si nous abordons les conjonctions entre "société de contrôle" (la capture générale de données personnelles) >> métadonnées, big data et algorithmes >> gouvernances.(Voir "Algorithmes/ la bombe à retardement" de Cathy O'Neil Ed Les Arènes).
Dans notre association FLF nous cherchons s'il est possible d'inventer des hybridations entre bénévolat et rémunération d'adhérents. Ceci est vécu comme un chantier stratégique car il concerne notre vision des modalités de SURVIE, transformation de notre microsociété ouverte. Il concerne nos rapports aux ressources, à l'implication de la personne, à la coconstruction du faire et du penser de la communauté et à la grande question de l'ECHANGE juste ? équitable ? bref l'éthique du projet associaitf. Cela nous amène à aborder l'"associativité" de Roges SUE et l'économie quaternaire (capitaux relationnels, informationnels, cognitifs, heuristiques de chacun, du collectif). Le patrimoine culturel immatériel ... la dématérialisation X rematérialisation ... et notre acculturation numérique !
Pierre Alain : la période 80/90, c'est la où l'on a vu la transformation des plus grandes innovations sociales qui ont été institutionnalisée et manipulées par l'État. Notamment dans les quartiers populaires, tout le champs de l'insertion sociale. Tout le champ de l'auto-organisation dans les quartiers (Michel ???). Tout ceci est issu des années 60/70 qui les ont mis en pratique, qui les ont fait valider... C'est pourquoi je suis tellement intéressé par ce trésor de guerre de la revue. POURQUOI ça a échoué ? On le sait... mais sauf qu'on ne le critique pas, on ne le rend pas assez visible. Il y a un autre champ qui m'intéresse, j'ai vu l'évolution après la decentralisation a été en fait une centralisation locale, on en a fait des petits jacobins... Il y a pas eu de bilan par rapport à la de-centralisation. Je suis marsaillais... donc je ne veux pas être trop critique. Le travail socio-historique peut-être vraiment intéressant à faire. Notamment par rapport à la prosposition d'Hugues. Il y a une nouvelle bataille culturelle à livrer... La digitilisation a commencé dans les années 80 mais elle a vraiment changé nos rapports sociaux à partir des années 2000. Ce sujet me paraît super important.
Dominique : aujourd'hui il y a des expérimentations économiques très intéressantes de relocalisations. Travail avec le biffin, instituer d'autres façons d'accèder à la nourriture. Il y a déjà des façons de poser les questions autrement (voir monnaies locales, etc). Ce qui s'est passé dans les années 80, la force du capitalisme est sa capacité à récuperer la critique (Boltanski et Cappiello). Arrêter de penser que les économistes sont les bons personnes pour répondre à nos questions. DIFFICULTÉ : Comment on fait pour poser la question de ce qui est nécessaire et nous est commun pour répondre à nos besoins vitaux, sans les prendre pour des marchandises commes les autres ? Comment ramener ces biens dans l'économie réelle ? L'économie réelle on la voit à l'oeuvre aujourd'hui, ceux qui travaillent pour que les autres 80% puissent vivre. Les accords commerciaux à l'échelle de la planète régissent les choses les plus importantes de nos vies. Qu'est-ce que cela ferait si la nourriture n'était pas régie par ses accords ? Comment REPRENDRE LA MAIN à des échelles locales ? Attention : ceux qui mettent en place de l'autonomie personnelle en refusant de le partager avec les autres ! (je le vois là où j'habite) Comment traduire ces questions à l'échele de nos territoires de vie ?
Hélène : problème de bande passante. Je voulais réagir à la proposition de Victoria. De mon point de vue sur les questions culturelles et artistiques. Ce qui s'est passé dans les années 50 (dans les Maisons de la Culture nouvelle, projet par Vitez, terreau de choses très intéressantes). Ca m'intéresse parce que sur la construction d'un lieu à Toulouse on se pose des questions sur le sujet, et l'éducation populaire. La question de la de-centralisation, l'illectronisme. Échanges récents dans le Gers. Pérenniser des actions d'écriture. Plein de gens qui sont déconnectés. Le confinement amène les gens (complèmement déconnectés) d'aller vers le numérique et je trouve que c'est bien aussi. Aussi très intéréssée par ce qui a dit Pierre Alain sur Marseille et la décentralisation, il y a des choses très intéressantes à puisser là dedans.
Christine : Sur les deux perspectives. L'historique nous permet de voir les continuités et les ruptures et avoir une analyse qui s'appuie là-dessus. Mais c'est quand-même la question des mises en application de vraies alternatives au niveau local et la construction de communs. Je n'ai pas vraiment beaucoup de temps pour écrire. Je voudrais reprendre plutôt le mode d'écrire d'itinérance, notamment de repartir de ce que j'ai vécu dans mes voyages, aussi mon expérience actuelle. Relation dans le developpement individuel et spiritualité. Je le rencontre dans mon coaching d'entreprise. La personne avec qui je travaille amène les gens à travailler fortmenet sur eux-mêmes; à dépasser les clivages idéologiques; d'intégrer sur ce chemin de transformation le social, le commun. Idée d'energie de lumière, de retour à l'humain, au vivant. Ces mouvements refelechissent également avec les mouvements alternatifs. Il y a des ponts entre écologie intérieure et transformations sociales, collectives. Faire en sorte que les personnes dépassent leurs peurs et osent se mettre debout et aider les autres. On ne peut pas faire abstraction de ce mouvement de fond qui est très présent dans notre société aujourd'hui. Tendance qui touche beaucoup de monde. Et tout ceci nourri la façon dont je construit les projets, et je pense le dépassement des obstacles, etc.
Dominique : je suis pas très à l'aise avec des interventions avec celle que tu vient de faire Christine. Je comprends le lien entre la réflexivité si on a pas ce travail de developpement personnel dont tu parles. Les forces du capitalisme est de resurgir via le "collibrisme rampant". Le capitalisme se ressource, se refait à partir de là... Regarde l'exemple de Pierre Rhabi, qui empèche de poser des questions fondamentales. Dans la crise actuelle, on voit ressurgir une romantisation de la crise, de reconnexion avec la nature venant de personnes qui ne sont pas franches du collier. Les alternatives qu'on essaie de mettre en place sont aussi récupérées par le capitalisme à toute allure. Je ne suis pas à l'aise si on ne ramène pas la question des rapports de force, la façon dont l'argent circule, on peut se retrouver à trouver ses propres réponses alors que le village d'à côté peut être en train de crever.
Hugues : remarques transversales. 1/ Comment la situation actuelle, à la fois de déprise, dans le sens d'écroulement de monde établi. Et à la fois un resserrement carcéral. Cela provoque un effet grossissant et demultipliant des années 70/80
Puis il y a des personnages comme Rhabi, et d'autres qui prônent naturalisme sans poser les questions politiques, ça a existait avant. La crise va grossir les fractures, les inégalités sociales.
Action, Walter Bejamin et autres qui ont travaillé sur la révolution française et comment on a écrit les moments historiques. C'est les dominants qui écrivent l'histoire. Quel rôle dans l'écriture pour les populaires ? Comment participer au renouvellement des formes des rapports sociaux. Ceux qui doivent écrire l'histoire ce sont eux qui sont mis en première ligne, beaucoup de profession féminines. Or probablèment ce ne sont pas elles qui vont le faire. Cela fait 40 qu'on est confinés dans les QPV ! (dit une femme travailleur social). Comment replacer ceux qui sont les premières lignes, ceux qui font l'histoire et qui reste la partie invisible de nos sociétés. Deux angles communs à nos écriture : réfléxion sur les conditions même de l'écriture et...
Christine : personnellement je suis quelqu'un de laïc et je considère qu'il y a quelque chose qui est de l'ordre du privé. La question du rapport des forces ne peut pas être pensé à partir de là ? Est-ce qu'il faut évacuer toutes les initiatives qui auraient une composante spirituelle ? Là où je vais sur le terrain je le rencontre. Est-ce qu'il faut pas le penser ? Quand ce sont les peuples premiers qui parlent c'est un point de vue bien à part, qui n'est pas celle du capitalisme il me semble.Ou laisser venir cette question de la spiritualité de façon insidieuse, complotiste ?
Pierre-Alain: par rapport à la spiritualité. Je partage la réponse de Dominique sur le fond. Le risque de ce mouvement massif c'est le risque de dépolitisation. Donc c'est un vrai danger. Comment rester en connexion, comment rester en lien avec des personnes qui se questionnent légitimement et trouvent des premières réponses sur leur capacité d'agir sur eux-mêmes. C'est un premier pas indispensable mais qui peut être aussi une limite si elle nourrit uniquement son monde sans lien avec les Autres. Ils peuvent à leur échelle transformer LEUR monde, sans faire levier, et sans transformer LE monde.Je partage des espaces avec bcp de personnes qui sont là-dedans et il ne faut pas évacuer ces questions. C'est peut-être dangereux si ces personnes restent là-dessus et de fait, restent des allliés d'un système en place. Je me suis beaucoup questionné sur cet enjeu car longtemps j'ai été sur des postures de conviction "vers", "descendantes" voire "condescendantes" et plus en dialogue donc en écoute.
Comment alors aujourd'hui voir ce phénomène et animer une relation avec des personnes pour ensemble passer du je au nous, pas dans le discours ou l'intention, mais dans le FAIRE ensemble, c'est à dire aussi le mettre en travail ensemble, le poser, le triturer, le voir en face avec tous les risques de manipulation très bien décrits par Dominique et dont nous percevons aujourd'hui encore les discours...mais aussi les petites choses qui sont aussi liées à nos contradictions.
Et repérer ensemble les limites et les solutions toutes faites...celles qui laisseraient le politique de côté, les questions de rapports sociaux, les enjeux des inégalités, des reproductions sociales,
Le Tiers espace doit permettre de chercher des espaces de conflits CRÉATEURS. Je le vois autour de moi, c'est tellement plus facile de suivre un mouvement comme ça... On a une reponsabilité avec notre fonction de "marginal sécant", une tension entre éveiller et écouter, pas facile des fois avec des personnes qui refusent de penser et de se creuser un peu la tête. Mais avec des personnes qui ont commencé par le développement personnel, c'est peut être plus simple.
J'ai aussi été inspiré dans ma démarche par le collectif TP/TS, transformaton personnelle, transformation sociale qui a posé ces questions. Peut être qu'ils ne sont pas allés aussi loin, je ne l'ai pas connu perso, j'ai lu des contributions et rencontrés des personnes qui ont participé à leurs initiatives. Là encore, ce n'est pas nouveau, cela a semé des graines, mais comment poursuivre et faire levier de transformation.
Christine : pourquoi ce ne serait pas penser les rapports sociaux et la question politique ?
Georges : Pierre Alain attire notre attention sur le risque que nous courons à tenter de transformer *le monde, sans faire levier, sans transformer LE MONDE*". Pour illustrer ce risque une anecdote récente.J'ai été sollicité pour signer une pétition mise en circulation par L214
"*Pour que la Commission européenne interdise d'urgence les longs transports d'animaux au vu des souffrances accrues et des risques sanitaires engendrés par la pandémie de coronavirus*" https://www.l214.com/petitions-protection-animale
Bien que sensible à la cause et à l'argumentaire présentés je n'ai pas signé. En effet il se trouve qu'avec l'association VBR (Vivre Bio en Roannais) sont organisées des ESTIVALES BIO.En 2016 avait été invitée une chercheuse de l'INRAE, Jocelyne PORCHER https://jocelyneporcher.fr/.
pour animer une table ronde sur le thème "Des hommes et des bêtes".
Au cours de cette table ronde elle a établi des interrogations, des liens entre le déploiement des actions spectaculaires de L214 et les projets stratégiques del'industrie chimique / biotechnologique mondiale pour l'installation des produits alimentaires synthétiques (le steack haché synthétique existe,les levers de capitaux et créations de start up sont conséquents ) . Le capital ne veut plus être tributaire des aléas climatiques et réduire ceux liés aux producteurs agricoles.
L'ingénierie communicationnelle des EMOTIONS liées à la maltraitance animale est un des outils stratégiques à moyen, long terme de ces industries.
Relater cette anecdote à propos de "changer le monde -avec / sans - levier " est se poser la question de nos représentations des problèmes "mis en vue" (par qui ?), "sous nos yeux"(avec nos aveuglements /ignorances). Et la question des échelles espace-temps pertinentes dans lesquelles nous relions une "partie" à un "tout" (le rapport homme-animal et le devenir de l'alimentation mondiale compte tenu de l'essor démographique )
Si levier à construire est envisagé, quelles précautions prenons-nous pour qu'il soit "à la hauteur", pertinent compte tenu de ce qui se joue plus ou moins loin de nos yeux?Comment échapper au sentimalisme agité pour des fins qui vont à l'encontre de nos aspirations?
Hélène : les anti-spécistes, ceux qui veulent supprimer la viande de la nourriture, partie émergé de l'iceberg du bussinness de la nourriture synthétique. Par rapport à ce que dit Christine. Pour moi c'est une question de méthodologique. Il n'y a pas de recherche-action sans reflexivité. Et dans les labos universitaires on n'a jamais le fric pour le faire. Réflexivité. Penser ce que je suis en train de faire à l'aûne de la personne que je suis. Position de marginale-sécante là où je travail. Pour moi la question n'est pas d'évacuer la question de la spiritualité et du developpement personnel. Je ne sépare pas l'action de la réflexion. La réflexivité se construit à la fois individuellement et collectivement. Période 80 : on a vécu des expériences de réflexivité très forte. La question de la place de femme dans cette période là, même si elle a permis la construction d'une autre vague féministe a été très peu traité. Mais c'est une période où les femmes ont largement accepté le statuo quo.
Georges :Je partage le point de vue de Dominique sur l'importance "stratégique" de la réflexivité.Les difficultés que nous rencontrons dans FLF pour faire vivre cette réflexivité m'amène à vous proposer éventuellement que nous groupions nos témoignages sur comment chacun là où nous sommes nous essayons de construire la réflexivité. Qu'en-est-il de la construction du réfléxif en continu, l'écologie du réfléxif dans l'écologie globale de nos actions?
Hugues : l'intérêt est d'adhérer à la logique du tiers espace, c'est de sortir des pensées binaires. Le tiers est ce qui nous permet d'introduire de la complexité. C'est à la fois un outil axiologique et méthodologique. C'est pas seulement la question du local et le global, il faut un aller retour entre les deux, et pour cela il faut de l'espace et du temps.
Georges : je suggère de témoigner comment faire vivre dans l'écosystème de nos actions/implications? Comment on a fait jusqu'à présent ce va et bien entre le faire et le penser. Nous ça fait 8 ans qu'on essaie de construire ça et c'est pas de la tarte. On a une forme d'acharnement à essayer de les faire vivre en permanence en sachant que c'est vécu comme du "en plus " de travail, que penser et prendre en compte la RETROACTION n'est pas dans notre culture. Ca fait partie de nos changements personnels ainsi que de nos méthodologies à tenter de réaliser.
Hélène : c'est intéressant comme piste. Je connais la perséverance d'Hugues pour continuer et faire exister cette question ! Pour moi cet atelier est symptomathique d'un échec. On voit bien qu'avec ceux avec qui on peut faire un bout de chemin sur la réflexivité ont beaucoup de mal à se l'approprier. On voit bien que l'effort d'écriture il n'est pas partagé. On a offert la possibilité de publier dans la revue Articulations et on a eu aucune réponse. C'est aussi cette dimension de travail qui est difficile à partager.
Hugues : je suis d'accord avec toi, je le vis plutôt comme un reflet. Dans le Limousin on a essayé aussi, il a fallu deux ans pour avoir deux ou trois associations qui jouent le gens. Il y a un travail de labourage de terrain. Mobiliser les outils de Desroches (autobiographie raisonnée). Il faut que les acteurs de l'éduc pop se reapproprient l'écriture. Le LISRA c'est une histoire de 15 ans avec des hauts et des bas derrière et des gens qui sont plus ou moins impliqués.