# REUNION 1
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**LIEU DU RDV JEUDI 26 MARS 2020 14h en ligne**
[le chat/visio est ici](http://meet.jit.si/lisra)

Présent.e.s : Hugues Bazin, Julien Bellanger de Ping à Nantes, Denis Meunier des Usines à Ligugé, Victoria, Georges (Loire), Mmadi Ibrahima travaille avec Pierre-Alain (Marseille) et Christophe (Nice) de la Manufabrik à Marseille, Mélissa Gentile de la Coopérative Tiers-Lieux des Usines à Ligugé, Christophe Giroguy de Nice, Victoria de Nantes - animatrice d'une pépinière jeunesse dans un QPV - travaille avec Julien en lien avec [Ping](http://ressources.pingbase.net), Dominique Paturel de Montpellier, Hélène Mathon de la Langue écarlate (préfiguration d'un tiers-lieu à côté de Toulouse), Yassir Yebba de Territoire alimentaire (Poitou Charente), Christian (Alliers)
Confinement = moment de rupture
Ecritures plurielles :
- Chacun demande aux gens d'écrire, REX sur ce que produit la période
- Problèmatiques de travail commun > groupes de travail
- On peut aussi transmettre via une chaîne youtube avec un apport thématique dont la fréquence n'est pas déterminée
Victoria : Actualisation de l'écriture d'il y a 2 ans ?Peut-on préciser une ligne, un fil à travailler ensemble ?
Hugues : dans la suite de ce [dossier d'écriture réflexive](https://www.cairn.info/revue-cahiers-de-l-action-2018-2.htm), accueil de d'autres écritures + la crise actuelle est un révélateur, analyseur du fonctionnement social [récits d'expériences](https://blogs.mediapart.fr/jeanne-guien/blog/240320/affronter-le-covid19-quand-vit-de-la-recuperation-des-dechets?fbclid=IwAR0ASLwGqz2NOgyRgWVDDdg00fb_dg1UfvuRvPRGFwf0liqVsTo3X3Aa03o), problèmatiques communes
Dominique : initiatives de solidarité partout sur le périurbain au nord de Montpellier (pas en ville, une sacrée différence sur la façon dont on arrive à rester en relation ou pas), partie prenante d'un rond point de gilet jaunes qui a permis de concrétiser ce que veut dire solidarité ; a envie de participer à une écriture de ces expérimentations.
Georges : aucun de nos outils n'est à la hauteur ; comment exploiter cette situation pour voir ce qu'il en est des mobilisations actives participatives on mette en forme la nécessité révélée par la pandémie et sur les expérimentations en cours ; envisager de poser la question de la pertinence du système de productions de connaissances actuel, la coupure rechercher et terrain est obsolète, penser le faire partager acteur-chercheurs, une nouvelle division du travail en matière de production de la connaissance.
Mélissa : La Coopérative Tiers-Lieux est en activité partielle, cela peut être le moment de contribuer au sein du Lisra en lien avec les Usines près de Poitiers http://lesusines.fr/decouvrir/. Nous sommes assez motivé.e.s. pour documenter ce qu'on développe sur notre axe recherche et création (rapport artistes et tiers-espaces) + Denis complète >
Denis complète à Ligugé : en quoi cette situation est en mesure de requestionner le tiers-espace dans sa capacité à répondre ? Le tiers espace est complétement fermé, on se trouve démuni. Concept qui évolue avec la Coopérative Tiers-Lieux sur une des facettes qui pourrait venir compléter : le volet nourricier, la situation convoque aussi cette question là. Comment on les requestionne ? Comment on observe ? Comment on décortique ? Comment on tire des leçons pour la suite ?
Hélène : pas dans les problèmatiques de lieu parce qu'il n'existe pas encore, elle travaille sur l'oralité et les récits. Ce qui l'intéresserait ça serait de recueillir des récits oraux en rapport avec ce qui se produit en journaux de confinement => travailler sur un territoire qui serait celui-là et qu'on souhaiterait développer dans le lieu en périphérie de Toulouse.
Julien : j'ai pris le temps de lire ce qui s'était passé à Montpellier, envie de commenter le texte produit, essayer d'y mettre des exemples (illustrations).
[Document "recherches participatives"](https://station.pingbase.net/index.php/s/mxABaGBNY8775X7)
Hugues : effectivement on peut aussi rassembler des textes qu'on a envie de partager, sur lesquels travailler, le manifeste du LISRA n'est pas un texte figé, il peut aussi être approfondi et mis en discussion collective
* Annoter le manifeste du LISRA ici ? (proposition de julien, hugues et nicolas) : https://hackmd.io/Hcg397z3Smq9FalxRE-Ltg?view ?
Pierre-Alain : une implantation historique à Nice, Pierre-Alain sur Marseille. Solidarités très importantes qui sont en train de se construire. Sur Marseille, centre-ville pour tous (mal-logement) investit sur les QPV notamment pour les "délogés", c'est compliqué de s'organiser mais il y a des logiques de solidarités qui se contruisent mais c'est très compliqué d'en avoir une lecture et une écriture dans le chaud, en train de régler les questions d'urgences (organisation et mobilisation) ; dans un deuxième temps à recueillir. Ce temps de confinement a interrogé ma disponibilité, après ce temps de réorganisation en famille il y a du temps à la lecture et "j'ai plein d'envies de partager", la question du savoir qui agit pas qu'académique et qui fait levier de transformation. "J'ai plus de questions que de réponses, à quand on se revoit physiquement pour travailler ensemble ?" Actuellement en DEIS sur la question du savoir et de la capitalisation, lit pleins d'auteurs qu'il aimerait partager. [Jack Mezirow, Le savoir notamment l'apprentissage transformateur](https://www.payot.ch/Detail/penser_son_experience_developper_lautoformation-mezirow_jack-9782850084072)
Dominique : Revue Articulations, a proposé de publier les écrits dans leur revue (travail social radical qui requestionne les missions, la place de gestionnaire de la pauvreté qu'ont les travailleurs sociaux aujourd'hui), elle est issue d'une forme de lutte pour s'inscrire sur le portail numérique de la MSH de Montpellier, le projet de la revue n'est pas seulement de publier des articles de recherches au sens académique. C'était important d'y être pour ne pas être isolés, mettre à disposition cette connaissance multiple. Pour l'instant pas de restriction, cette revue est essentiellement portée par des femmes, peut être parce que les questions sont peut être davantages liées à des pratiques de travail social assumées aujourd'hui par des femmes mais cela n'est pas enfermant, n'hésitez pas à faire vos propositions bien au contraire !
Victoria : comment le faire nous ammène à ces questions ? Est-ce qu'on pourrait tous noter nos questions ?
Georges : dans le faire écrire les questions nous amène à faire des récits et à la genèse de ces questions, un matériaux très riche, montre les processus de chacun.e
[Yassir Yebba](https://www.lanouvellerepublique.fr/niort/yassir-yebba-en-roue-libre) : partir des questions de chacun.e pour développer une problèmatique d'écriture collective. Problématiques alimentation : où sont les choix ? Les acteurs ?
Dominique : comment faire pour que ce ne soit pas que des témoignages les uns à côté des autres ? ah ! bah si on écrit au même endroit on pourra croiser :) oui :)
Georges : suggestion à partir de la formulation par chacun.e mises en commun faire une séance de regroupement thèmes processus etc éléments convergents >>>>
Hugues : une cartographie des problèmatiques qui émergent à partir des différentes contributions, enjeux éthiques, en quoi cela nous engage ? A partir de cette notion de tiers-espace, la particularité c'est qu'ils se construisent déjà dans des lieux d'effondrement, ils créent leurs propres normes. Faut-il enfoncer le clou ? Une cartographie pour voir comment les tiers-espaces instaurent des alternatives : biens communes, ressources...
Julien : écrire à plusieurs sur un même espace, sans confondre l'outils et la production.
Georges : saisir l'occasion pour enfoncer le clou, oser proposer le cadre, le mode de productiond e la connaissance à partir des faire et du savoir qu'il s'en dégage, montrer comment il est vital que ce mode d'interaction faire - formalisation est radicalement différent ce qu'on a réussi à faire jusqu'ici ? Jusqu'à présent les chercheurs qui agissent en recherche-action sont toujours en surplomb, comment changer de rôles ? Comment cette situation de surplomb est rompue à partir du faire ?
Christophe : sur Nice on a commencé à travailler il y a un moment, plusieurs pistes d'écritures : culture vecteur d'émancipation (avec une compagnie de Théâtre Forum amateur), la ville la nuit (marche urbaine exploration de nuit), paroles de jeunes sur les discriminations croisées, des récits à mettre en commun dans un texte pour montrer l'évolution et l'histoire d'un quartier. Accueillir le LISRA avec la MSH de Nice pour un ou deux jours de rencontre inter-régionale sur Nice enpartenariat avec le Labo TETRIS de Grasse.
Denis : tiers-espaces pour une autre forme de travail collaboratif dans une relation au système de faire avec et pas d'opposition mais quand le système se casse la gueule et que le tiers-lieu est en lien avec, est-ce que le tiers-lieu suit ou est-il suffisamment capable d'être résilient ? L'épreuve du feu !
Hugues : écritures plurielles, pas uniquement l'écrit. Est-ce que ces tiers-espaces sont des micro processus ? Simple additions d'expériences ne permet pas de poser un enjeu stratégique. Au contraire, non ce ne sont pas simplement des micro ruptures, il y a bien des reliances qui se construisent on peut poser des généralités et construire des référentiels. Un rapport au travail encore plus aliéné. Un rapport au territoire avec une contrôle encore plus accru en terme sécuritaire.
Victoria : D'abord partage des cheminent puis construction cadre puis regroupements non ? C'est ce que j'ai compris... et vous ?
Georges : Dans mon coin on n'a pas de lieu arrêté mais on pourrait dire qu'on évolue dans des tiers espaces de coconstruction d'actions territorialisées. Fondamentalement je crois qu'il s'agit d'une sorte d'écosystème de tiers processus émergents à partir de besoins sociaux révélés
Hélène : sidération, un avant et un après dont on essaie de prendre acte et de voir dans quelle mesure cela nous met en mouvement et comment. Question sur son travail, ne sait pas dans quelle mesure, est-ce que je continue ou je prends acte de ce qui se passe et cela modifie de manière considérable ce que j'entreprends. Une possibilité de se rencontrer. Créer du commun avec vous tous.
Pierre-Alain : on est riche d'expériences, le risque c'est que cela juste de l'addition qui ne fait pas levier, l'enjeu c'est que cela nous a nourri nous mais cela ne suffit pas à changer la société. De cette matière qu'on peut encore capitaliser et rendre visible, mais avec quelles perspectives ? quelles stratégies ? Qui/quoi cible-t-on ? Le mode d'institution en place ? Tout notre travail sera au service de quoi ? Cartographier nos alliés ! Les communs, le municipalisme... des milieux que l'on peut croiser. Quelles stratégies vis-à-vis d'autres réseaux, acteurs ? Beaucoup se posent les même questions que nous. Il faut se voir aussi... en juin, cet été, à l'automne ?
Julien : après un échange avec Hugues, on ne voulait pas transformer cela en ligne parce qu'on voulait se voir en vrai, cuisiner ensemble, montrer nos outils, faire la fête.
Georges : les conditions de commande de la recherche autant de situations qui éloignent ces personnes de ce à quoi nous aspirons + rapport aux algo dans la gouvernance et la vérité scientifique. Une autre façon de produire la connaissance, un horizon et une visée stratégique pertinente.
Hugues : Maxime de Rennes va faire un retour autour de Coop'Eskeem et l'Hôtel Pasteur, autour d'un tiers-espace de la recherche autonome.
Dominique : partage la question des alliances et des adversaires, pas aussi dichotomiques vis-à-vis des chercheurs. En tant que chercheuse en sciences sociales, voit beaucoup de réseaux qui cherchent à produire du savoir dans des rapports de force, dans une hiérarchisation du savoir. Ce qui importe c'est plutôt d'essayer de voir comment on se dégage d'une vision académique. Cela nécessite de rendre visible les cadres à partir desquels on pense.
Denis : la notion d'adversaire et d'alliances je l'entends mais j'ai peur d'une logique binaire à un moment où j'ai l'impression que c'est déjà soi-même qu'il faut venir bousculer au regard de ses propres convictions devant lesquelles chacun se trouve, attention de ne pas désigner un coupable avant soi-même, avant de s'être posé les bonnes questions.
Hugues : le propre du tiers-espace est de sortir du binaire, le vivant, la complexité. Ce que permet le tiers-espace c'est de faire aller/retour entre des formes. Les corps intermédiaires n'ont pas pu aménager ce tiers espace, les GJ ont aménagé un tiers-espace mais n'ont pas trouvé les corps intermédiaires, ils ont été incapables de saisir. Il y a des blocages, une zone de résistance, un manque de fluidité.
Georges : sur un autre champs, le rapport élus / agents territoriaux / acteurs de la société civile, on allait vers les élus / agents mais pendant 4-5 ans cela a été rejeté, mais on a fini par invité les élus / agents, maintenant on commence à avoir des situations où la méfiance est atténuée voire effondrée. C'est dans le faire proposer, construire ensemble la scène entre demande du terrain et chercheurs.
Hugues : compléter le pad, cartographier les problèmatiques transversales, formes d'écritures
Mehdi : Bonjour, voici les questions qui me traversent, grattées cette nuit -
