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# Chapitre 1 : L'entreprenariat dans le monde équestre
Les métiers équestres existent depuis que les premières cavaleries ont été formées, pendant l’antiquité. Ils sont aujourd’hui devenus indispensables pour la bonne santé des chevaux, animaux domestiqués depuis 3 500 av. J.-C selon la première preuve archéologique.
Ces métiers sont divisés en plusieurs sous catégories. Parmi elles on retrouve les métiers liés aux activités sportives (moniteurs, cavaliers professionnels, jockeys…) à l'élevage (éleveurs, veilleurs de nuit, inséminateurs…), les loisirs (accompagnateurs de tourisme équestre, loueurs d’équidés), les soins (maréchal ferrant, vétérinaire, ostéopathe, dentiste…) ou encore la fabrique du matériel équestre, catégorie dans laquelle on retrouve la sellerie [Free Horses Creations](https://www.freehorsescreations.com/) (sellier-harnacheurs, fabricants de produits de soin, bottiers, selleries physiques ou en ligne…). Chacun d'eux nécessite une formation bien spécifique.
Les premières professions liées à l’équitation apparaissent dès lors que l’humain a domestiqué le cheval, durant l’antiquité. Ces derniers n’étaient alors pas déclarés sous formes d’entreprises et n’étaient pas complètement similaires à ce qu’ils sont devenus aujourd’hui mais on retrouve le même principe dans leur application actuelle. Par exemple, le palefrenier soigneur, qui a pour rôle de s’occuper de tous les aspects de la vie quotidienne des chevaux : nourrir les animaux, effectuer les soins corporels, surveiller les chevaux et donner l’alerte, seller et desseller les chevaux, les sortir en longe, assister les différents professionnels, comme le vétérinaire, le maréchal-ferrant, nettoyer les boxes, nettoyer le matériel, réparer des clôtures, etc, existait déjà durant l’antiquité. A cette époque, c'était les esclaves qui s’occupaient de toutes ces tâches, certains étaient spécifiquement formés aux soins des chevaux. Ils étaient employés dans les écuries de courses, dans les Légions romaines ou encore dans les grands domaines agricoles, où les chevaux étaient très présents.
A cette même époque, on constate également que les premiers enseignants d’équitation existaient déjà. En effet, vers 400 avant JC, Xénophon (historien, philosophe et chef militaire de la Grèce antique) avait déjà rédigé un manuel intitulé *De l'équitation* dans lequel il traitait de l’acquisition, du dressage et de l’entretien d’un cheval. Pour apprendre aux plus jeunes à monter à cheval, de nombreux professeurs se sont succédé depuis cette époque jusqu’à aujourd’hui. En 2017, l'Institut Français du cheval et de l'équitation (IFCE) comptait plus de 17000 enseignats déclarés.
Le maréchal ferrant fait partie des exemples de métiers équestres les plus anciens. Il s’occupe par définition de ferrer et parer les pieds des chevaux mais aussi de corriger leurs éventuels problèmes orthopédiques comme de mauvais aplombs. Le mot “maréchal” provient de "Marhskalk" en ancien français. Ce terme est lui-même issu du germanique commun, “markhaz”. “Markh” en celtique désignait le cheval et “skalkaz” signifiait le serviteur en germanique. Le mot Maréchal ferrant veut donc littéralement dire “serviteur chargé du soin des chevaux”. En effet, le métier de maréchal est très physique et se sont les esclaves qui se chargeaient de ce travail. Même si les premiers fers tels qu’on les connaît aujourd’hui remontent au 9ème siècle, Homère et Appien font déjà mention d’un fer à cheval au 7ème siècle av. J-C. Homère dans le 151e vers du second livre de *l’ Iliade*, et Appien dans son livre *bello mithridatico*.
Les premiers fers semblaient cependant s’attacher avec une partie en cuir lacée sur le sabot contrairement aux fers actuels qui se fixent avec des clous.
Le métier a donc beaucoup évolué, mais le principe reste le même: aider le cheval à se sentir bien dans ses sabots.
Devenir maréchal est aujourd’hui possible grâce à de courtes études (CAP Agricole Maréchal Ferrant qui peut être complété par un BTM Maréchal Ferrant) mais nombreuses qualités spécifiques sont requises. La première est essentielle puisqu’il s’agit de la connaissance anatomique très approfondie du cheval et surtout de ses membres et sabots ainsi que les défauts d’aplomb et les différentes causes de boiteries. Le maréchal ferrant doit également savoir forger, même si c’est plus rare aujourd’hui car de nombreuses tailles de fer standards existent, certaines pathologies nécessitent des fers très spéciaux introuvables sur le marché. Il est également important pour la bonne pratique de ce métier, de savoir être patient et attentif avec les chevaux pour pouvoir les manipuler sans soucis. Certains animaux sont plus réticents que d’autres et peuvent donner du fil à retordre à un maréchal incompétent sur ce point. Enfin, la pratique de ce métier demande une forme physique irréprochable pour pouvoir tenir les sabots et travailler courbé des heures durant.
Pour ce qui est du métier de sellier harnacheur, pour faire référence à la sellerie Free Horses Creations il semble également exister depuis l’antiquité. Le sellier harnacheur travaille le cuir afin de réaliser des pièces de harnachement pour les chevaux et leurs cavaliers. Il est capable de réaliser des harnachements pour les différents types de monte à cheval ou d'attelage. A partir du moment où les chevaux ont été domestiqués et que l’homme à commencé à les utiliser pour le travail dans les champs, se déplacer… Il a fallu former des personnes pour fabriquer les différentes pièces de cuir qui forment les harnais. Ce métier a ensuite évolué notamment au moyen age, la période historique phare en ce qui concerne le développement de l’artisanat mais aussi des confréries. À cette époque, les selliers étaient chargés du feutrage, du rembourrage mais également de la couverture de la selle, qui pouvait être faite en tissu au Moyen-Age. C’est lors de la Renaissance que pour obtenir le statut de sellier, l’artisan qui travaille le cuir doit connaître chaque partie d’un attelage, des pièces du carrosse au système d’attache du cheval. Des années de compagnonnage allant de 4 à 5 ans de formation deviennent donc obligatoires pour exercer, on passe d’un savoir-faire large à une profession très spécialisée, technique et pointue.
Aujourd'hui ce métier est accessible grâce au CAP sellier harnacheur qui permet d’être reconnu comme artisan d’art par la chambre des métiers.
[Bridon bredy réalisé par Charlotte Bongibault pour l'entreprise Free Horses Creations et photographié par Lise Godefroy. ](https://drive.google.com/file/d/1CULVGnsFxOx6nXcdeCNcYT-voypsAcio/view?usp=sharing)
De nombreux autres métiers sont, de la même manière, en place depuis des siècles (vétérinaire…). Les premières entreprises équestres ont donc été mises en place quand l'entreprenariat s’est développé dans le monde entier. Le terme "entreprise" provient du français et se définit comme “le regroupement durable et la mise en œuvre organisée de moyens en capitaux, en hommes, en techniques, pour produire des biens et des services destinés à un marché solvable.”. Dès le 14ème siècle, le cercle des échanges augmente progressivement en Europe et les activités entrepreneuriales commencent à émerger. Au 15ème siècle, un brevet similaire à celui qui est en place actuellement voit le jour au Pays Bas. Enfin, les premières entreprises “modernes” qui se rapprochent de celles qui existent aujourd’hui, sont apparues au 16ème siècle. Quand toutes les professions ont commencé à ouvrir leur société, les entreprises équestres ont fait de même. C'est ainsi que l'entreprenariat dans le monde du cheval est né.
Dans les années 60, alors que l’équitation était jusque-là un monde réservé aux hommes et que le matériel équestre était vendu par les entreprises uniquement pour un aspect pratique, l’équitation s’étend à un public plus large, incluant la gente féminine et les clubs s’ouvrent à de nouvelles disciplines. Le monde du commerce et de la mode s’empare alors de ce sport et des nouveaux besoins exprimés par les pratiquants et un essor des commerce de produits équins voit le jour. De nombreux secteurs dynamiques se différencient : sellier, sellerie – revendeur de matériel, bottier, revue, tourisme équestre, équipement, produits de soin, casques, etc. Les notoriété des marques et leur positionnement sont très variables allant du haut de gamme ([Forestier sellier](https://forestier.com/), [bottier Joël Albert - Bottier de Saumur](https://www.joelalbert.com/), [GPA Sport](https://gpa-sport.com/fr/)…) à des gammes plus moyennes ([Cheval Shop](https://www.cheval-), [Padd](https://www.padd.fr/)…). Au milieu de ces grandes enseignes, de nombreux petits artisans ou petites marques émergent et tentent de se faire une place sur le marché. Appartenant davantage à des catégories sociales aisées, les acheteurs du monde équestre se tournent de plus en plus vers les produits de qualité, fabriqués à la main en France. L'entreprise Free Horses Creation mise par exemple sur ces valeurs pour se faire connaître et se forger un réseau.
On constate à ce jour que pour répondre aux besoins des 900 000 équidés et des 689 044 cavaliers licenciés à la Fédération Française d’Equitation en 2014, neuf secteurs se sont développés dans les entreprises équestres : sellerie et selliers, transports, infrastructures, alimentation, santé, maréchalerie, conseils et services strictement spécialisés dans la filière équine, arts et médias et agences de tourisme équestre. Prenant conscience de ces besoins, de grandes enseignes sportives comme Décathlon ou encore Go sport se sont emparées du marché pour produire des produits plus accessibles financièrement aux classes moins aisées. Les produits équestre ne sont plus devenus un simple besoin mais également des produits de mode (notamment au niveau du textile : habits du cavalier, tapis, licols, etc.) et les cavaliers ont ressenti le besoin de se démarquer les uns des autres.
Les entreprises équestres sont donc aujourd’hui un pilier pour ce sport et ne cessent d’évoluer. Elles n’ont plus rien à voir avec les premiers métiers présents durant l’antiquité. L'équitation et ses métiers ont su évoluer avec leur temps et proposer aux cavaliers des services qui correspondent à leurs besoins au fil du temps.
[Lien vers le chapitre 2](/l_ZVbCG0SFCxhIJ1GQStiA)
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