:::info *Traduction par biyokea (📩 `@biyokea` sur discord) de l'association [Fransgenre](https://fransgenre.fr/), me contacter en cas d'erreur/imprécision ou pour toute suggestion* [Article complet :link:](https://www.jahonline.org/article/S1054-139X(21)00568-1/fulltext), CC-BY-NC-ND 4.0 (traduction autorisée pour usage privé uniquement, non pour distribution) ::: # Résumé ## But Il n'existe pas d'étude à grande échelle examinant la santé mentale chez les jeunes transgenres et non-binaires recevant un traitement hormonal de confirmation de genre (THCG). Le but de cette étude est d'examiner les liens entre l'accès à un THCG et les dépressions, pensées suicidaires et tentatives de suicides parmi un échantillon important de jeunes transgenres et non-binaires. ## Méthodes Les données furent collectées lors d'un questionnaire de 2020 portant sur une population de 34 759 jeunes lesbiennes, gays, bisexuel·les, transgenres, queer et en questionnement, âgé·es de 13 à 24 ans, comprenant 11 914 jeunes transgenres ou non-binaires. Une régression logistique ajustée évalua si l'obtention d'un THCG était associée à des niveaux moins élevés de dépressions, pensées suicidaires et tentatives de suicides parmi celleux qui voulaient accéder à un THCG. ## Résulats La moitié des jeunes transgenres et non-binaires déclarèrent ne pas utiliser de THCG mais en désirer un, 36% ne voulaient pas en utiliser un et 14% en utilisaient un. Le soutien des parents envers l'identité de genre de leur enfant avait une relation très forte avec l'accès à un THCG, avec près de 80% de celleux utilisant un THCG déclarant avoir au moins un parent soutenant leur identité de genre. L'usage d'un THCG était associé avec des chances moindres de dépression récente (rapport de cotes ajusté aOR = .73, _p_ < .001) et d'envisager sérieusement un suicide (aOR = .74, p<.001) comparées à celleux qui voulaient un THCG mais qui ne pouvaient en obtenir un. Pour les jeunes de moins de 18 ans, un THCG était associé avec des chances moindres de dépression récente (aOR = .61, _p_ < .01) et de tentative de suicides dans l'année écoulée (aOR = .62, _p_ < .05). ## Conclusions Les résultats soutiennent une relation entre l'accès à un THCG et des taux moindres de dépression et de suicidalité chez les jeunes transgenres et non-binaires. # Mots-clés Transgenre ; non-binaire ; soins de confirmation de genre ; suicide ; dépression ; LGBTQ # Implications et contribution Les jeunes transgenres et non-binaires ont des risques plus élevés de dépression et de suicide. Des soins de confirmation de genre sont associés à des risques moindres chez des populations adultes. Cette étude à grande échelle examine les THCG chez les jeunes transgenres et non-binaires. Les résultats démontrent que les THCG sont liées de façon significative à des taux moindres de dépression et de suicidalité chez les jeunes transgenres et non-binaires. # Article Les jeunes transgenres et non-binaires ont des risques élevés de dépressions, de pensées suicidaires et de tentatives de suicides comparé·es aux aux jeunes cisgenres et hétérosexuel·les, ainsi qu'aux personnes cisgenres de la communauté LGBTQ (lesbiennes, gays, bisexuel·les, transgenres, queer et en questionnement) [1, 2, 3]. Les disparités de santé mentale chez les jeunes transgenres et non-binaires proviennent d'un stress minoritaire *(modèle utilisé en recherche tentant d'expliciter les expériences vécues par des communautés opprimées et/ou minoritaires et le stress qu'elles engendrent, Ndt)* basé sur les traitements préjudiciables dont les jeunes transgenres et non-binaires font l'objet de la part des autres [4]. Les sensations de dysphorie de genre, l'incongruence entre ses traits et son identité de genre, sont aussi associés à des problématiques de santé mentale pour les jeunes transgenres et non-binaires [5]. Ainsi, et le traitement de la dysphorie de genre et la réduction du stress minoritaire offrent des façons de réduire les disparités en matière de dépression et suicidalité trouvées chez les jeunes transgenres et non-binaires. Le modèle de stress minoritaire détaille comment des évenements stressants chroniques, comme des stigmates liés à l'identité de genre ou le rejet sont à l'origines de processus proximaux comme une honte internalisée, ce qui entraine des prblèmes de santé mentale [6]. Bien que le stress minoritaire soit associé avec des risques majorés d'anxiété, de dépression et de suicidalité chez les personnes transgenres et non-binaires [2], [5], des soins de confirmations de genre ont été associés avec un risque minoré [7], [8]. Les soins médicaux de confirmation de genre sont un des composants du processus plus large de l'affirmation de genre, qui peut inclure des changements sociaux, légaux et médicaux. La transition sociale est la première et la plus courante composante de l'affirmation de genre pour les jeunes prépubères et implique les autoriser à se présenter de la façon ressentie comme la plus authentique pour elleux. Les soins d'affirmation médicale peuvent inclure des traitements qui retardent les changements physiques associés à la puberté, ainsi que des traitements menant à des changements qui affirmerait son identité de genre. Des analogues de la gonadolibérine, connus plus fréquemment en tant que "bloqueurs de puberté", sont utilisés pour retarder l'arrivée de la puberté, tandis que les traitements hormonaux de confirmation de genre (THCG) sont utilisés pour causer des changements physiques confirmant le genre. Les THCG permettent aux jeunes transgenres et non-binaires de développer des caractéristiques physiques qui s'alignent avec leur identité de genre et sont appropriés pour celleux ayant commencé leur puberté ou suivant l'utilisation de bloqueurs de puberté. L'accès à des THCG est particulièrement important durant l'adolescence car certains effets de la puberté ne sont pas facilement reversibles par un THCG à l'âge adulte (par exemple, les effets de la testostérone sur la voix) [9]. Des données qualitatives soulignent en quoi des personnes transgenres ont souffert de leur retard d'accès à un THCG, leur faisant vivre une puberté associée à leur sexe assigné à la naissance [10], [11]. L'accès aux THCG est un problème continu pour les jeunes transgenres et pour leurs familles, à la fois à cause d'un manque de professionnel·les de santé compétent·es dans de nombreuses communautés et à cause des recents efforts législatifs de criminalisation des profesionnel·les de santé et des parents procurant des THCG à des jeunes de moins de 18 ans [12], [13]. Les barrières d'accès aux soins sont souvent plus grandes pour les jeunes transgenres et non-binaires non-blancs qui sont sous-représenté·es dans les cliniques spécialisées dans les questions de genre et qui ont plus de difficultés à accéder à des soins de confirmation de genre comparés aux jeunes transgenres et non-binaires blanc [9]. Une étude récente basée sur le *US Transgender Survey* (Enquête transgenre américaine) de 2015 concluait que les adultes transgenres ayant reçu des bloqueurs de puberté à l'adolescence avaient des idées suicidaires significativement moindres, et ce tout au long de leur vie, comparé·es à celleux qui en désiraient mais n'en ont pas reçu [8]. Cependant, jusqu'à maintenant, il n'existe pas d'étude à grande échelle comparant la santé mentale et la suicidalité chez les jeunes transgenres et non-binaires désirant un THCG et l'ayant reçu et celleux en désirant un sans l'avoir reçu [14]. Trois petites études cliniques ont examiné les THCG en rapport avec la santé mentale et la suicidalité chez les jeunes transgenres et non-binaires. Cepedant, ces études cliniques ne purent ni porter sur un groupe randomizé de jeunes recevant un THCG ni inclure un groupe témoin. La première étude suivait 47 jeunes transgenres et concluait que les niveaux moyens de suicidalité baissaient de façon significative de 1.11 avant de commencer un THCG à 0.27 approximativement 1 an après avoir commencé un THCG [7]. La deuxième étude, portant sur 128 jeunes transgenres, concluait des améliorations faibles à moyennes dans les symtômes dépressifs auto-reportés (d = 0.44) [15]. La troisième étude examinait 50 jeunes transgenres à deux intervalles de 6 mois suivant le début d'un THCG et concluait par des baisses significatives de depréssion selon la mesure de la Center for Epidemiologic Studies Depression Scale *(Échelle de dépression du centre pour les études épidémiologiques)*[16]. Chacune de ses études note des limites liées au fait de n'avoir pas pu contrôlé le rôle du soutien parental, puisque chaque jeune avait au moins un parent soutenant la prise d'un THCG. La présente étude se base sur un échantillon important de jeunes transgenres et non-binaires âgé·es de 13 à 24 ans pour examiner les liens entre prise d'un THCG et dépression auto-déclarée, pensées suicidaires, tentatives de suicides. De plus, puisque de nombreuses préoccupations actuelles autour des THCG sont liées à leur utilisation chez les jeunes de moins de 18 ans, ces liens liens seront aussi examinés séparement pour celleux âgé·es de moins de 18 ans. # Méthodes ## Procédure Les données provenaient d'un échantillon non aléatoire en ligne récolté entre octobre et décembre 2020 de 34 759 jeunes, âgé·es de 13 à 24 ans, résidant aux États-Unis et s'identifiant comme LGBTQ. Les jeunes étaient recruté·es via des publicités ciblées sur Facebook, Instagram, Snapchat. Celleux ayant declaré vivre en dehors des États-Unis, être âgé·e de moins de 13 ans ou de plus de 24 ans, ou être hétérosexuel·le et cisgenre furent exclus de l'échantillon. Pour approcher un échantillon plus représentatif, le recrutement fut ciblé pour assurer des tailles d'échantillons adéquates en respectant la géographie et l'origine ethnique. Les répondant·es qualifié·es complétèrent un questionnaire sécurisé en ligne comprenant un maximum de 142 questions. Le questionnaire employait deux vérifications de validité. La première était un item requérant que le jeune choisisse une réponse spécifique dans une liste fournie. La seconde recherchait les jeunes répondant de façon inconsistante au même item placé à deux endroits distincts du questionnaire. Chaque question liée à la santé mentale et à la suicidalité était précédée d'un message lisant "Si à n'importe quel moment vous devez parler à quelqu'un de votre santé mentale ou pensées suicidaires, appellez le Trevor Project au 1-886-488-7386". Les jeunes pouvaient sélectionner "ne pas répondre" pour chaque question du questionnaire à laquelle iels ne voulaient pas répondre. Les répondant·es était éligibles à l'entrée dans un tirage pour une parmi 100 carte cadeaux d'une valeur de 50$ chacune en fournissant leur adresse mail après avoir été redirigé vers un questionnaire séparé. La proposition de recherce a été examinée et approuvée par un Conseil de révision institutionnel indépendant, Solutions IRB. La participation des jeunes était volontaire, et le consentement éclairé était obtenu. Nous avons obtenu une dispense de consentement parental pour les jeunes âgé·es entre 13 et 17 ans puisque la recherche présentait un risque minimal et aurait pu présenter un préjudice potentiel pour les jeunes n'étant pas *out* à leur parent par rapport à leur identité LGBTQ *(dont les parents n'étaient pas informé·es de leur identité LGBTQ, Ndt)*. Aucun noms ou détails pesonels n'étaient incus pour assurer la confidentialité et la vie privée. ## Mesures ### Utilisation d'un traitement hormonal de confirmation de genre On demandait aux jeunes indiquant qu'iels étaient transgenres ou non-binaires "Prenez-vous actuellement des hormones de confirmation de genre ?" ; les options de réponse incluaient : (1) "Non et je ne veux pas en prendre", (2) "Non mais j'aimerais en prendre", et (3) "Oui". Dans les analyses de régression logistiques, les réponses des jeunes étaient codées (0) "Non, mais j'aimerais en prendre" et (1) "Oui". ### Dépression Les niveaux de dépressions actuels furent mesurés en utilisant le *Patient Health Questionnaire-2* (Questionnaire de santé patient 2) [17]. Ce questionnaire fut conçu comme un dépistage en deux items pour les troubles dépressifs majeurs dans les dernières 2 semaines. Les scores furent dichotomisés à partir des recommandations afin d'indiquer un score total de trois ou plus comme identifiant une dépression. ### Comportements et pensées suicidaires On demandait d'abord aux jeunes s'iels avaient sérieusement pensé se suicider l'année passée. Puis, on demandait à celleux ayant répondu "oui" combien de fois iels avaient fait une tentative de suicide l'an passé, les réponses étant ensuite dichotomisées entre zéro et une tentative ou plus. Les deux items proviennent du Centers for Disease Control and Prevention's Youth Risk Behavior Survey *(Questionnaire comportementaux des Centres pour le contrôle des maladies et pour la prévention des risques des jeunes)* [18]. ### Covariables démographiques Les covariables socio-démographiques suivantes ont été examinées selon leurs potentiels liens avec la suicidialité et l'accès au THCG : âge, statut socioéconomiques (capable de remplir uniquement les besoins de base ou moins, capable de remplir plus que les besoins de base), race (natif·ve d'Alaska/amérindien·ne, Asiatique/natif·ve des Îles du Pacifique, noir·e/Afro-américain·e, latino·a, multiracial·e ou blanc·he) et région de recensement (Nord-Est, Sud, Midwest, Ouest). L'identité de genre était mesurée en utilisant une question à deux étapes, demandant d'abord "Quel sexe avez-vous été assigné·e à la naissance, sur votre certificat de naissance original", les options de réponses étant homme ou femme. La deuxième étape demandait "Parmi les options suivantes, quel terme définit le mieux votre identité de genre ? Nous comprenons qu'il y a de nombreuses façons différentes pour les jeunes de se définir, prière de choisir le terme qui vous correspond le mieux.", les options de réponses étant garçon/homme, fille/femme, et non-binaire/genderfluid/gender nonconforming *(personne dont le genre varie dans le temps/personne ne se conformant pas aux normes de genre ou les subvertissant, Ndt)*, ainsi que des optins indiquant que læ jeune ne comprenait pas la question ou n'était pas sûr·e de son identité de genre. Pour celleux ayant indiqué une identité de genre connue, les mesures furent combinées pour créer les catégories de fille/femme transgenre, garçon/homme transgenre et personne non-binaire. Un item unique fut utilisé pour mesurer l'orientation sexuelle, lisant : "Parmi les options suivantes, quel terme définit le mieux votre orientation sexuelle ? Nous comprenons qu'il y a de nombreuses identités sexuelles, prière de choisir le terme qui vous correspond le mieux.", avec comme options de réponse gay, lesbienne, bisexuel·le, pansexuel·le, queer, en questionnement ou hétérosexuel·le [19]. ### Covariables additionelles Quatre covariables additionnelles ont été prises en compte en raison de leur potentiels liens avec l'accès au THCG et avec le risque de dépression et de suicidalité chez les jeunes transgenres et non-binaires. Le soutien des parents envers l'identité de genre d'un·e jeune était estimé en demandant au jeune "Avez-vous auu moins un parent soutenant votre identité de genre ?", les réponses pouvant être (1) "Oui", (2) "Non" et (3) "Je ne suis pas out par rapport à mon identité de genre à mes parents" *(mes parents ne sont pas au courant de mon identité de genre, Ndt)*. Les agressions reportées liées à leur identité de genre par les jeunes fut estimé en demandant : "Vous-êtes vous déjà senti physiquement menacé·e ou avez-vous déjà été agressé physiquement à cause de votre identité de genre ?". Les options de réponses étaient (0) "Non" et (1) "Oui". L'utilisation de bloqueurs de puberté était mesurée par un item placé juste avant la question portant sur les THCG, demandant "Avez-vous pris un traitement dans l'optique d'empêcher ou de retarder la puberté (aussi connu sous le nom de bloqueurs de puberté) ?". Les options de réponses étaint (0) "Non" et (1) "Oui". L'exposition à des tentatives de thérapie de conversion portant sur l'identité de genre (TCIG) était mesurée en demandent " Avez-vous déjà reçu un traitement de la part de quequ'un ayant essayé de changer votre orientation sexuelle ou votre identité de genre (comme essayer de vous rendre cisgenre ou hétérosexuel·le) ?". Les jeunes n'ayant pas subi de tentative de thérapie de conversion ou ayant déclaré avoir subi des tentatives de thérapies de conversion liés à leur orientation sexuelle unquement furent codés comme (0) "Non", tandis que les jeunes déclarant avoir subides TCIG étaient codées comme (1) "Oui". ## Analyse des données La version 28 de SPSS fut utilisée pour conduire toutes les analyses [20]. Des test d'indépendance du Khi2 furent utilisés pour examiner la proportion de jeunes utilisant un THCG comparé·es à celleux désirant utiliser un THCG mais ne l'ayant pas reçu. Un test t fut utilisé pour examiner les différences moyennes d'âge. Après les ajustements pour les covariables susmentionnées, une régression logistique fut utilisée pour déterminer les chances de dépression, pensées suicidaires (l'an passé) et les tentatives de suicides (l'an pasé) parmi celleux ayant reçu un THCG par rapport à celleux ayant désiré un THCG mais ne l'ayant pas reçu. Pour aborder le manque de recherche concentrée sur les soins médicaux d'affirmation de genre chez les jeunes mineur·es transgenres et non-binaires, des analyses furent aussi conduites séparement chez les jeunes âgé·es de 13 à 17 ans. ## Participants Un total de 11,914 jeunes avec une adresse IP unique indiquèrent être transgenre ou non-binaire. Nos questions sur les THCG étant placées vers la fin du questionnaire, il manquait des données pour 2,895 jeunes. Des tests khi-deux d'indépendance furent utilisés pour comparer les 9,019 jeunes ayant des données liées aux THCG et les 2,895 n'en ayant pas. I n'y avait pas de différence significatives d'identité sexuelle, de statut socio-économique, de région de recensement, de soutien de l'identité de genre par les parents, d'agressions liées à l'identité de genre, ou de TCIG. La proportions d'hommes/de garçons transgenres et de jeunes non-binaires était comparable. Il y avait des taux légèrement plus élevés de femmes transgenre dans l'échantillon comprenant des données sur les THCG que dans l'échantillons ayant des données manquantes (8% vs. 6%, χ²(2) = 13.21, p = .001). L'échantillon avec des données sur les 8% vs. 6%, χ²(2) = 13.21, p = .001 avait des taux plus élevés de jeunes multiraciaux·les (21% vs 17%) et des taux moindres de jeunes blanc·hes (55% vs 60%) (χ²(5) = 34.32, p < .001). L'âge fut examiné en utilisant des analyses test t, avec l'âge moyen du sous-groupe des jeunes avec des données sur les THCG légèrement plus élevé (17.62) que celleux sans ces données (17.30), t(11,912 = 4.60), p < .001. # Résultats La majorité des jeunes étaient des personnes non-binaires (63%), suivi·es par des hommes/garçons transgenres (29%) et des femmes/filles transgenres (8%)/ L'âge moyen était de 17,62 (écart type : 3.21), et 27% déclarèrent être à peine capable, financièrement, de remplir leurs besoins de base ou avoir du mal à y arriver. La pluapart des jeunes résidaient dans le Sud (36%), suivi·es par par l'Ouest (27%), le Midwest (22%) et le Nord-Est (15%). Dans l'ensemble, 29% se déclarèrent bisexuel·le, 26% pansexuel·le, 20% gay ou lesbienne, 20% queer, 4% en questionnement et 2% hétérosexuel·le. La majorité de l'échantillon était blanche non hispanique (55%), puis multiraciale (21%), latina (12%), Asiatique/islandais du pacifique (5%), noire (4%) et améridienne/native d'alaska (2%). La moitié des répondant·es transgenres et non-binares déclarèrent ne pas utiliser de THCG mais en désirer, 36% ne pas en désirer et 14% en utiliser. Selon des analyses bivariées (Tableau 1), celleux recevant un THCG étaient en moyenne plus âgé·es, et une plus grande part d'entre eux déclarèrent être à peine capable, financièrement, de remplir leurs besoins de base ou avoir du mal à y arriver, qur celleux voulant un THCG sans en avoir un. Celleux vivant dans le Sud étaient sous-représenté·es parmi celleux recevant un THCG lorsqu'iels en désiraient un. Les femmes/filles transgenres et les hommes/garçons transgenres étaient en plus grandes proportions parmi celleux recevant un THCG, tandis qu'une plus grande proportion des personnes non-binaires déclarèrent vouloir un THCG sans en obtenir un. Les jeunes blanc·hes étaient la seule race/groupe ethnique représenté en plus grande proportion parmi celleux ayant reçu un THCG que parmi celleux en désirant un sans l'obtenir. Les jeunes transgenres et non-binaires se déclarant gay, lesbienne ou hétérosexuel étaient représenté·es en plus grandes proportions parmi celleux ayant reçu un THCG que parmi celleux en désirant un sans l'obtenir. Les jeunes pansexuel·les étaient sous-représenté·es parmi celleux désirant un THCG sans l'obtenir. le tableau 2 présente les charactéristiques des jeunes transgenres et non-binaires parmi le sous-échantillon âgé de 13 à 17 ans en fonction de s'iels purent obtenir le THCG désiré ou non [tableau 1] [tableau 2] Celleux recevant un soutien parental de leur identité de genre comptaient pour près de 80% des jeunes recevant un THCG. Parmi celleux désirant un THCG mais ne l'ayant pas reçu, 38% avaient un soutein parental (tableau 3). Parmi celleux recevant un THCG, 11% déclarèrent avoir utilisé des bloqueurs de puberté, comparé à seulement 1% de celleux désirant un THCG sans l'obtenir. Moins d'un 1% (0.6%) des jeunes déclarant ne pas vouloir recevoir de THCG avaient utilisé des bloqueurs de puberté. Un pourcentage plus important de jeunes ayant reçu un THCG avaient vécu des aggressions liées à leur identité de genre par rapport à celleux en désirant un sans l'obtenir. Selon une analyse bivariée, un pourcentage moins important de jeunes transgenres et non-binaires ayant reçu un THCG déclarèrent une dépression récente (61% contre 75%), avoir sérieusement envisagé un suicide l'an passé (44% contre 57%) et avoir fait une tentative de suicide (15% contre 23%) par rapport à celleux désirant un THCG mais ne l'ayant pas reçu. Des modèles similaires à l'échantillon complet se retrouvent chez les jeunes âgé·es de 13 à 17 ans (tableau 4) ; mais 94% de ces 13-17 ans ayant reçu un THCG avaient un soutien parental par rapport au 80% de l'échantillon complet. De plus, une plus grande proportion des 13-17 ans ayant reçu un THCG avaient utilisé des bloqueurs de pubertés (24%) par rapport à l'échantillon complet (11%) [tableau 3] [tableau 4] Dans des modèles ajustés de régression logistique (tableau 5), la réception d'un THCG était associé avec des chances moindres de dépression récente (rapport de cotes ajustés aOR = .73, _p_ < .001) et du fait d'envisager sérieusement un suicide l'an passé (aOR = .74, _p_ < .001). Le aOR pour les tentatives de suicides parmi l'échantillon global des jeunes transgenres et non-binaires âgé·es de 13 à 24 ans n'atteignit pas d'importance statistique (aOR = .84, _p_ = .16). Parmi celleux âgé·es de 13 à 17 ans, la réception d'un THCG était associé à des chances moindres de près de 40% de dépression récente (aOR = .61, _p_ < .01) et de tentatives de suicide (aOR = .62, _p_ < .05). Pour les jeunes de moins de 18 ans, le aOR du fait d'envisager sérieusement un suicide n'atteignit pas d'importance statistique (aOR = .74, _p_ = .08). [tableau 5] Ajusté pour l'âge, le statut socio-économique, la région de recensement, l'identité de genre, l'orientation sexuelle, la race/ethnie, le soutien parental envers l'identité de genre, les aggression liées à l'identité de genre, les tentatives de thérapie de conversion de l'identité de genre, et l'historique d'usage de bloqueurs de puberté. # Discussion Ces résultats développent des recherches tranversales conduites précédement auprès d'adultes transgenres et non-binaires et soutiennent la thèse d'un lien significatif entre l'accès à un THCG et des taux de dépression et une suicidalité moindre chez les jeunes transgenres et non-binaires. Dans l'échantillon complet et chez celleux âgé·es de moins de 18 ans, la réception d'un THCG était associé à des risques significativement moindre de ressentir des symptômes dépressifs (dans les 2 dernières semaines). Bien que notre étude ne soit pas capable de déterminer de motif temporel, il est peu probable que beaucoup de jeunes transgenres et non-binaires ait commencé un THCG à la suite de ces 2 semaines. Le modèle d'importance statistique pour les résultats liés à la suicidalité dans l'année passée était moins constant, ce qui pourrait indiquer des problématiques liées à la puissance statistique lorsqu'on examine des résulats relativement peu fréquents comme les pensées et comportements suicidaires, et ce particulièrement au sein de sous-groupes d'indidividus plus petits [21]. Cependant, de façon générale, nos résultats indiquent un lien significatif entre la réception d'un THCG et une suicidalité moindre chez les jeunes transgenres et non-binaires. Les résultats des analysés bivariées indiquent des disparités dans la réception des THCG parmi des sous-groupes de jeunes transgenres et non-binaires. En particulier, les jeunes transgenres et non-binaires vivant dans le Sud avaient des taux d'accès à un THCG (pour celleux en désirant un) moindre. C'est aussi dans cette région que la majorité des projets de loi visant à restreindre l'accès au soins d'affirmation de genre pour les jeunes transgenres et non-binaires ont étés introduites à la suite de la collecte de ces données [22]. Les jeunes ayant pu accéder à un THCG, globalement, déclaraient des taux pllus élevés de problèmes financiers ; cependant cela n'est pas vrai pour le sous-échantillon des jeunes âgé·es de 13 à 17 ans. Notre mesure du statut socio-économqie était basée sur les finances domestiques, qui sont souvent différentes pour les jeunes âgé·es de 18 et plus, qui peuvent ne plus pouvoir se reposer sur les ressources de leur famille. Comme nous nous y attendions, les gens de plus de 18 ans avaient des taux d'accès à un THCG (quand iels le désiraient) plus élevés. Parmi les jeunes transgenres et non-binaires, celleux ayant déclaré une identité principalement binaire (c'est-à-dire, les hommes ou les femmes transgenres) avaient des taux plus élevés d'accès à un THCG par rapport aux jeunes non-binaires. Les jeunes pansexuel·les étaient aussi sous-représentés parmi celleux suivant un THCG ; ce qui pourrait aussi être lié aux identités non-binaire, étant donné que la pansexualité était l'orientation sexuelle la plus rapportée chez les jeunes non-binaires. Il y avait aussi des disparités d'accès au THCG selon la race/ethnie. Les jeunes blanc·hes représentaient 68% de celleux ayant reçu un THCG, contre 56% de celleux l'ayant voulu sans avoir pu le recevoir ; les jeunes LGBTQ non-blanc·hes rapportant des taux d'obtention de THCG plus faibles. De plus, le soutien des parents envers l'identité de genre de leur enfant était fortement lié à la réception d'un THCG, avec près de 80% de celleux ayant reçu un THCG rapportant avoir au moins un parent soutenant leur identité de genre, dont 94% chez les 13-17 ans. Combinés, ces résultats indiquent que l'accès des jeunes à du soin de confirmation de genre est basé non seulement sur leurs préoccupations, mais aussi sur le niveau de soutien de leurs parents, leur situation géographique et leurs identités sociales, ce qui est en rapport avec les barrières d'accès au soin chez la population jeune de façon générale [23, 24, 25, 26]. Pour réduire les disparités d'accès au THCG chez les jeunes, il y a besoin se concentrer sur l'augmentation de la sensibilisation et de l'éducation autour des soins de confirmation de genre chez les parents ainsi que chez les profesionnels de santé et les personnes susceptibles de favoriser la santé et le bien-être des jeunes. Une partie des hésitations concernant les soins de confirmation de genre pour les jeunes transgenres et non-binaires pourrait être due à la mauvaise compréhension des causes des problèmes de santé mentale chez les personnes transgenres et non-binaire, comme un échec à reconnaître comment une incongruence entre les traits physiques et l'identité de genre d'une personne peut créer une détresse psychologique marquée par une dépression. Les forts taux de dépression, d'idéation suicidaire et de tentatives de suicides chez les jeunes transgenres sont parfois utilisés par les activites et politicien·nes anti-transgenre pour, à tort, suggérer qu'une identité transgenre est un problème de santé mentale qui peut être traité par des psychothérapies et des tentatives de thérapies de conversion [27]. Ces personnes ignorent les impacts de la dysphorie de genre et du stress minoritaire [28] et suggèrent qu'un THCG n'est pas nécéssaire si les jeunes transgenres peuvent être amené·es à accepter leur sexe assigné à la naissance via la psychothérapie. Les résultats de cette étude démontrent que les THCG pourraient être un méchanisme potentiel grâce auquel les disparités en terme de santé mentale et de suicide chez les jeunes transgenres et non-binaires pourraient commencer à diminuer. De plus, des preuves existantes suggèrent que le regret des soins de confirmation de genre est peu élevé, avec une étude menée sur 55 adultes transgenres ayant reçu des soins de confirmation de genre à l'adolescence n'en trouvant aucun vivant du regret [29]. Il reste un besoin critique de données sur les issues de santé mentale chez les jeunes transgenres et non-binaires recevant un THCG, y compris via des études longitudinales. La collecte de données d'études longitudinales de grande ampleur permettra de mieux élucider les risques et les bénéfices d'options de traitements individuelles afin que les jeunes et leurs familles puissent prendre des décisions de soin basées sur des preuves. ## Limites Cette étude peut se targuer d'un échantillon complet et divers de jeunes transgenres et non-binaires dans tous les États-Unis ; cependant, quelques limites doivent aussi être notées. Premièrement, on ne peut pas déduire de causation en raison de la transversalité de l'étude. Il est possible que les personnes ayant historiquement des taux plus élevés de dépression et de pensées et de comportements suiciddaires soient aussi moins capables de chercher ou d'obtenir un THCG. Cependant, associé avec la conception en mesures répétées d'autres études [7, 15], il semble probable que la réception d'un THCG puisse mener à des niveaux de dépression et de suicidalité réduits. Étant donné l'état actuel de la recherche, il est peu probable que des essais contrôlés randomisés sur des THCG pour jeunes soient convenables d'un point de vue éthique. Pour mieux comprendre la directionnalité, des études de conception prospective et longitudinale sont nécéssaires. Par ailleurs, notre échantillon non aléatoire auto-déclaré pourrait limiter la capacité de généralisation des résultats et suggérer le besoin d'inclure des mesures spécifiques à l'identité de genre dans des échantillion aléatoires importants. Finalement, notre étude n'incluait pas de variables déterminant à quel âge les jeunes ont reçu des bloqueurs de puberté ou un THCG ni la durée pour laquelle iels les avaient reçus. Puisque les jeunes transgenres et non-binaires les moins âgé·es de notre échantillon ont pu avoir droit à ou des bloqueurs de pubertés ou un THCG, il a pu y avoir des jeunes recevant actuellement des bloqueurs de pubertés et n'étant pas encore prêt·e à commencer un THCG. Cependant, il s'agit d'une petite partie de notre échantillon vu que seulement 20 jeunes âgé·es d'entre 13 et 14 ans ont indiqué avoir pris des bloqueurs de pubertés mais ne pas avoir accéder à un THCG qu'iels désiraient. Des données portant sur l'âge et la durée d'accession devraient être inclues dans des études futures pour mieux comprendre la relation entre THCG et santé mentale. Malheureusement, les efforts faits pour restreindre légalement les soins de confirmation de genre pour les jeunes transgenres et non-binaires pourraient impacter négativement leur santé mentale via deux voies distinctes mais liées. La première est en interdisant drectement les traitements dont beaucoup de ces jeunes dépendent pour réduire leurs sentiments de dysphorie de genre. La deuxième est en augmentant le stress minoritaire par une attention publique négative et des rhétoriques nuisibles débattant des droits des jeunes transgenres et non-binaires à vivre leurs vies authentiquement. De ce fait, les effforts faits pour s'occuper de la santé mentale des jeunes transgenres et non-binaires doivent aussi reconnaître et répondre au risque cumulatif que les déclarations politiques et efforts législatifs anti-transgenre peuvent avoir sur leur bien-être. À mesure que les preuves en faveur des soins de confirmation de genre prennent de l'importance, les institutions médicales et de santé mentales expriment de plus en plus leur soutien en faveur de ces soins. De nombreuses institutions médicales et de santé mentale majeures possèdent des recommandations pour le travail avec des personnes transgenres centrées sur le respect du ou de la patient·e et la prise de décision conjointe [30, 31], avec certaines institutions publiant des déclarations explicites condamnant tout effort fait pour prévenir l'accès aux soins de confirmation de genre [32, 33]. Étant donné les risques bien documentés de mauvaise santé mentale et de suicide chez les jeunes transgenres et non-binaires, il est nécéssaire que les personnes s'occupant de ces jeunes apportent des soins d'affirmation, centrés sur le ou la patient·e, et basés sur des preuves. # Sources de financement Cette recherche n'a reçu aucune dotation spécifique de la part d'agence de financement, que ce soit dans le domaine publique, commercial ou à but non lucratif # Références *(voir étude originale, Ndt)* ___ <br> <br> # Notes de traduction gender-affirming care → soins de confirmation de genre GAHT (gender affirming hormonal therapy) → THCG (traitement hormonal de confirmation de genre) suicidality → suicidalité (risque suicidaire en SHS) of color → non-blanc (pas racisé psk pas de sens, de couleur awkward) ## Recherches/notes Minority Stress Model → modèle de stress des minorités/modèle de stress minoritaire, concept d'Ian Meyer (2003) (modèle postulant qu'au sein de la structure sociale d'une culture ou d'une société particulière, certains groupes (opprimés) subissent des incidents plus importants de stress minoritaire (basé sur la race, la sexualité, le sexe, le handicap, etc.) sous forme de préjugés et de discrimination. À la suite de ces expériences, les membres des communautés opprimées connaissent des résultats de santé plus négatifs que les communautés majoritaires. Cela entraîne de grandes disparités en matière de santé.) [Source](https://fr.abeachreefmotel.com/understanding-minority-stress-model), [source](https://nairaquest.com/fr/topics/9223-ian-meyer-s-minority-stress-model-what-it-is-and-what-it-ex), [source](https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2072932/) repeated measures design : conception de mesures répétées (conception de recherche qui implique plusieurs mesures de la même variable prises sur les mêmes sujets ou sur des sujets appariés, soit dans des conditions différentes, soit sur deux périodes ou plus) directionality : directionnalité (étude du problème de directionnalité : deux variables, X et Y, peuvent être statistiquement liées parce que X cause Y ou parce que Y cause X, mais aussi parce qu'une troisième variable, Z, provoque à la fois X et Y ; une corrélation observée entre deux variables peut être due à la corrélation commune entre chacune des variables et une troisième variable plutôt qu'à une relation sous-jacente (au sens causal) des deux variables entre elles.)