# Partie 3: La documentation au service du journalisme de demain ## Le service documentation du **Monde**: un exemple Le service de la documentation du journal **le Monde** existe depuis 1945 et perdure dans le temps. Pour ce faire, les documentalistes travaillent uniquement sur des tâches à valeur ajoutée. Tous les journalistes de la rédaction ont été formé à l’utilisation et à la recherche parmis les ressources numériques et savent donc le travail que cela demande. Cela amène par conséquent une valorisation du travail du documentaliste de presse, son savoir faire et sa valeur ajoutée. Néanmoins, comme le rappel très justement **Sébastien Carganico**, chef de service depuis onze ans, le service documentation doit sans cesse prouver son utilité car “un centre de documentation meurt quand il n’est vu que comme une source de coûts.”. Le service a donc dû se réinventer et sortir maintes fois de sa zone de confort. Une documentaliste du service déclarait même “*Je travaille ici depuis seize ans et j’ai l’impression d’avoir changé quatre ou cinq fois de métier*”. >"Je travaille ici depuis seize ans et j’ai l’impression d’avoir changé quatre ou cinq fois de métier" > D’abord envisagé comme un mode survie, le service documentation du journal le Monde a préféré le voir comme un mode projet. Si il faut prouver l’utilité du service, il faut le faire vivre et montrer sa production de manière explicite. Pour cela, le service dispose d’un patrimoine riche qu’il ne se prive pas d’utiliser, pour produire son propre contenu mais également pour alimenter les besoins de l’hebdomadaire M, le magazine du Monde ou de ses autres publications, hors-séries et ouvrages. Ces collaborations permettent la reconnaissance des autres services de la rédaction mais également une mise en lumière du travail du service aux yeux du grand public. En plus de cette valorisation patrimoniale, les documentalistes participent fréquemment à la rédaction de nécrologies, de chronologies mais également de bibliographies en complément des articles de la rédaction. En plus de cela, cela fait maintenant trois ans que les documentalistes de l’équipe ont tous été formés à l’écriture web. Cela fait d’eux les principaux publicateurs sur le site web, et en plus cet outil leur permet la concrétisation de nouveaux projets, comme “**Mémorable**”, une application de culture générale et d’entraînement cérébral, présentée l’année dernière à l’occasion du festival internationale de journalisme de Couthures-sur-Garonne. Au delà d’un simple succès pour le service, c’est la preuve d’une confiance qui s’installe entre les responsables et la documentation. Cette confiance donne lieu à une véritable reconnaissance avec notamment une véritable collaboration et un respect entre documentaliste de presse et journaliste. Sébastien Carganico, chef du service soulignait même: “*Il arrive souvent que les journalistes eux-mêmes demandent aux documentalistes qui ont collaboré à des enquêtes de les cosigner"[...]"c’est une vraie reconnaissance. La rédaction est à la fois en demande et un véritable soutien sur ces projets"*. >"c’est une vraie reconnaissance. La rédaction est à la fois en demande et un véritable soutien sur ces projets" > Le service documentation pour exister dans cette jungle journalistique dispose donc de clés de réussites: * Prouver son utilité * Être attentif aux besoins de ses utilisateurs * Être force de proposition * Être ouvert au changement * Se former régulièrement * Innover et faire évoluer ses outils ## Pourquoi la documentation fait elle forcément partie du futur du journalisme en France? “Nous vivons tous dans le Nouveau Monde de l’économie de l’abonnement” déclarait **Philippe Van Hove** dans les colonnes des **Echos**. Cette nouvelle réalité explicité précédemment dans ce mémoire, demande désormais aux journaux une prise en compte plus personnalisée du lecteur. Pour cela, il faut maîtriser les codes de l’ère numérique et de la publication sur le net. L’édition en ligne suppose des compétences spécifiques notamment en matière de référencement, mais aussi de community management. Les documentalistes, du fait d’avoir été les premiers à avoir eu un accès à ce nouvel outil, occupent une place privilégiée dans l’accompagnement aux changements apportés par le numérique. De ce fait ils sont les principaux en France à avoir augmenté leur contribution rédactionnelle en ligne, et diffère donc de la version papier et apportent une plus value à l’abonnement en ligne. De plus, comme évoqué ultérieurement, le journalisme français reste majoritairement figé dans un journalisme “journalisme d’expression et de commentaire”, néanmoins comme le commente le directeur éditorial du Financial Time “Nous n’essayons pas d’être en concurrence avec les agences de presse”, car désormais, certaines agences ont des robots qui publient des articles sur les résultats des entreprises automatiquement de manière purement factuel. Il ajoute ensuite “*Nous devons offrir plus de valeur que ça. Les gens nous lisent pour être informés, mais aussi pour comprendre*.” La clé du journal du futur, c’est la valeur ajoutée, pour convaincre le lecteur de s’abonner. Or la valeur ajoutée, la documentation est capable d’en apporter comme nous l’avons vu précédemment avec le service du Monde. Exploiter son patrimoine, unique et propre à chaque journal, pour attirer le lecteur est la clé de ce futur journalisme. Désormais, les journalistes et documentalistes de presses sont pris dans la même toile qu’est Internet. Un simple journalisme de commentaire ne pourra pas convaincre le lecteur de s’abonner, il faut désormais un travail de fond qui est possible grâce à toutes les ressources dont disposent les documentalistes de presse. Cette collaboration donnera une reconnaissance sans précédent aux documentalistes et confortera leur place indispensable dans le journalisme de demain. Grâce à la documentation, le journal peut créer du contenu exclusif avec un contenu qui différera forcément des autres journaux. De part leur connaissance et leur adaptabilité, les documentalistes se présentent comme une force majeur du journalisme Français.
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