# Intervention MsC Design de l'Anthropocène - Ecole Strate Design (Lyon) 20-21 mai 2021
*Sullivan Evrard et Salwa-Ludivine Amdouni-Boursier (RESILIERE)*
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* [Site Web du Msc ](https://www.strate.design/formation/formation/msc-strategy-design-anthropocene-english)
* [visioconf des réunions](https://meet.liiib.re/Resiliere)
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## Préalable à l'atelier (semaine 17 mai)
Envoi d'un dossier thématique / de presse en amont aux étudiants pour les aider à élaborer des scénarios lors des ateliers
- [Scénarios LGA](https://resiliencealimentaire.org/scenarios/)
- [Scénarios Afterres 2050](https://afterres2050.solagro.org/a-propos/le-projet-afterres-2050/)
- ["Limites planétaires : Comprendre (et éviter) les menaces environnementales de l'anthropocène"](https://www.millenaire3.com/ressources/Limites-planetaires) : étude commandée par la Métropole Lyon et diffusée sur le site de sa direction prospective ~~politiques publiques~~
## Documentation
La Myne, plusieurs contributeurices qui peuvent être en partie des intervenants de l'après-midi et étudiant. es
- Florence Le Nulzec
- Benjamin Chow-Petit
- Salwa-Ludivine et Sullivan
- Les étudiants ont également un [site](https://strategy-design-anthropocene.org/fr/actualities-publications)
## Déroulé


## Jeudi 20 mai
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[Support journée](https://cloud.lamyne.org/s/QTHpEccDzqjMCHa)
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### Matin (Ecole)
**9h-9h30** *(30 min)* Sullivan-Ludivine accueillent et introduisent les 2 jours d'intervention
**9h30-10h30** *(1h)* Présentation résilience alimentaire ([Stéphane Linou](https://www.stephanelinou.fr/))
**10h30-10h45** *(15 min)* échanges
Pause *(5mn) avant de se mettre en groupe*
**10h50-11h55** *(1h15)* Ateliers prospective risque de rupture alimentaire (SE, SLAB, SL + BCP & FloLN en soutien animation et/ou documentation)
Pause *(5mn) avant de se remettre en plénière*
**12h-12h30** *(30 min)* Plénière https://hackmd.io/4cjBkqheQSGWAxTkEeP6Aw?both#
`Quelqu'un prenant des notes sur un schéma et faisant des liens entre les thématiques`
#### Pause Déjeuner
### Après-midi (Ecole) (3h)
**14h** Présentation ateliers avec compétences collectivités locales dont spécificité Métropole de Lyon + compétence alimentaire *(10min)*
* D'abord leur faire dire ce qu'ils savent des différentes compétences de collectivités territoriales
`Quelqu'un prenant des notes sur un tableau/paper et faisant des liens entre les compétences/collectivité`
* Ensuite leur partager les répartitions :

* L'alimentation n'est pas un compétence en soit, elle est **au croisement de plusieurs compétences** :
* urbanisme (foncier, planification, construction),
* écomonie (agriculture, artisanat, restauration, etc.),
* transports routiers (distribution)
* solidarités (publics fragiles : âgés, désargentés, etc.)
* collègues (restauration collective)
* déchets (ménages, établissements/bâtiments qu'ils ont en gestion)
* eau (pollutions induites par l'alimentation)
**14h10-15h** Atelier Design de politiques publiques (SEvrard, SLAB, BCP, FloLN) *(1h)*
En regard des trajectoires identifiées le matin, répondre à la question : "une bonne idée d'une politique publique de l'alimentation c'est ?" (45min-1h)
Questions pour guider la réflexion/construction de leur proposition :
* Quels objectifs à ces politiques publiques ?
* Quelles formes et manifestations ?
* Quelles cibles ?
* Quels acteurs ?
* Quel périmètre doivent elles couvrir ?
* Quels processus de décision et d'inclusion ?
* Quels freins et leviers ?
* Quels critères et indicateurs de suivi et réussite ?
**15h-15h30** Plénière - restitution en groupes
**15h30-16h** Pause (ajustement possible)
**16h-17h** Temps d'échange à partir d'expérimentations hybrides *(1h)*
- **Présentation PATLy et Ripostes Alimentaires** ? (Florence Le Nulzec)
Une illustration de dynamique hybridant / confrontant politiques publiques / dynamique citoyenne autour de la résilience alimentaire. Présentation succincte de la démarche PATLy menée par la Métropole de Lyon (et d'autres collectivités locales : agglomération, départements, etc.), mise en regard de l'initiative de Riposte Alimentaire comme espace de partage sincère et ouvert d'initiatives, de documentation, etc., comme « commun d’information » pouvant dores et déjà contribuer à une Résilience Alimentaire.
- **Présentation AFPA TiLieux formation emploi** (Benjamin Chow-Petit)
Un exemple parti d'une volonte de transformation d'une institution (l'AFPA), et qui évolue vers un projet réellement coopéré et diversifé dans ses approches de partenariats multiples. L'expérience TiLiOS qui est venu nourrir la démarche en cours de route vise à apporter une pratique originale des politiques coopérées entre secteur public, organisations privées et citoye.ne.s.
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## Vendredi 21 mai (Ecole)
### Matin (Ecole)
**9h-10h15** Présentation RESILIERE, actions, réflexions sur la résilience territoriale : une approche des politiques publiques par les risques
**10h15-10h30** Echanges
**10h30-10h45** Pause
**10h45-12h** Retours d'expériences d'accompagnement de collectif.vités
### Après-midi (Ecole)
Atelier enquêtes risques localisés (zones géographiques résidence / travail étudiant.es) à partir d'une fiche de questions
Plénière, échanges entre étudiant. es
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## Prise de notes Jeudi 20 mai
*Benjamin CP & Flo LN*
### Intervention de Stéphane Linou
Le plus vieux sujet du monde. J'ai dépoussiéré le plus vieux sujet du monde - le lien entre alimentation et sécurité.
Je suis conseiller en développement local, depuis 20 ans et pompier volontaire pendant 19 ans (en disponibilité actuellement). je suis aussi élu départemental et élu municipal à Castelnaudary. Je fais à présent de la formation pour élu.e.s.
J'amène ces sujets car ce sujet, croisement entre alimentation et sécurité, dont on pourrait penser qu'il est traité, ne l'est pas.
Ce plus vieux sujet du monde n'est pas traité. Il a fallu que j'aille démontrer le lien entre alimentation et sécurité.
Notre espèce, sapiens, a commencé par courir après la nourriture. Quand le climat s'est réchauffé (-10-12 milliers d'années), on s'est mis à l'agriculture. On a commencé à transformer l'espace en territoire --> aménagement de l'espace, politique.
Quand il fallait courrir après la nourriture, elle pousseait autour de nous. C'était donc sécurisé socialement car elle arrive toute seule sans qu'on se pose la question de comment.
Si on se pose la question de la légitimité politique des ancêtres des maires, les consuls, on trouve 4 sécurités :
- Sécurité extérieure (les remparts)
- Sécurité sanitaire (hygiène)
- Sécurité intérieure (tranquilité publique)
- Sécurité alimentaire (ex : police des grains, police de la viande, stocks)
C'étaient des sociétés de pénurie, l'abondance était l'exception. Donc la société était organisée autour de la pénurie : mesures de prévention, de protection. Quand on regarde les archives de Narbonne, on retrouve des informations sur les révoltes frumentaires. Par exemple : sur certaines parcelles, il était interdit de planter de la vigne, il fallait du grain. Pourquoi ? Parce que il y avait des souvenirs de disettes.
La hantise des édiles de l'époque : les révoltes de la faim. Donc : stockage, connaissance des circuits d'approvisionnement, etc.
Cette conscience et responsabilisation collective et individuelle (chacun avait son bout de jardin) n'anticipait pas les famines, mais au moins, on sauvait les meubles.
Vers 1800, Napoléon est arrivé : les maires sont des contrepoids, donc à partir de maintenant, c'est moi qui les nomme. Tout s'est centralisé vers le préfet. Jusqu'en 1983, les lois de décentralisation arrivent qui donnent plus de puvoir sur l'urbanisme aux élus locaux. Or les élu.e.s sont le reflet de la société. Beaucoup plus de pouvoir donné sur l'urbanisme, mais ce n'est pas pour autant que ce sujet a été repris au bras le corps localement. Les élu.e.s de 1983 n'ont pas connu les périodes de disette et de rationnement. On sortait des 30 glorieuses. Donc les élus se disent "je vais plutôt faire des choses liés à la taxe professionnelle". Or les activités agricoles sont perçus comme moins intéressantes que du commerce.
Autonomie alimentaire : 2 % à Castelnaudary (etude d'Utopie il y a quelques années). Economie basée sur les "énergies faciles" denses et bon marché (charbon, pétrole). Cette énergie magique a contracté l'espace et le temps.
La grande théorie des avantages comparatifs de Ricardeau : à partir du moment où le transport ne coûte rien, je me focalise sur ce que je fais le mieux et laisse tomber ce que je fais moins bien. Du coup, on se concentre sur des grandes monocultures, des territoires qui font juste quelques produits et des produits transportés sur des grandes distances.
Pour exporter, il faut beaucoup de transport, mais aussi pour importer. Nos territoires se sont transformés en grands EHPAD => nos territoires se sont désautonomisés et se sont transformés en espace monocultures, avec des perfusions en entrée et en sortie, d'où une extrème vulnérabilité des terriroire sur l'alimentation.
J'ai lancé le mouvement locavore en France, mot qui existait déjà aux USA. Je n'ai mangé que des produits venus de moins de 150 km de mon assiette pendant un an. Se nourrir localement : une question publique.
Depuis les années 1950-1960, on est en état d'ébriété énergétique. Pour faire passer le message, il faut combiner le faire et le dire, c'est plus crédible. En 2008, pendant 1 an, je fais cette expérience-là. Et quand on me demandait pourquoi je le faisais, je répondais "imaginez une épidémie grippale qui bloque les transports, il se passerait quoi ?"
Je rentre d'abord dans la question de la production alimentaire quand je commence à faire du conseil aux collectivités. Et un an après je rentre chez les pompiers volontaires, donc la question du risque.
J'observe très vite que nos infrastructures nourricière ont fondues : les zones de production sont trop spécialisées, il n'y a pas de stocks.
Et donc, je pose la question "combien de temps tiendrait-on si il y avait une dégradation brutale de la résilience alimentaire ?"
Je suis alors aussi entré dans le mode associatif, où les alternatives sont très portées, mais pas les questions de la gestion des risques sur la approvisionnement alimentaire qui déboucheraient sur des révoltes.
Je rentre ensuite dans le monde de la gouvernance : conseiller aux élu.e.s, démarches participatives. Au départ, on se moquait un peu de moi, de ma démarche, des mes questionnements sécuritaires.
En 2008, on me posait des questions :
- Est-ce que ça te coûte cher ?
- Est-ce que tu as maigri ?
Au final, non, vu que je cuisinais. J'ai aussi fait appel à une conseillière en économie sociale et familiale qui a démontré que cela ne m'avait pas coûté plus cher. On agit sur la santé économique du territoire, la santé de son porte-monnaie, sa santé biologique.
J'ai répondu par l'absurde, j'ai fait un bilan sanguin avant, pendant et après. La première analyse de sang m'a coûté un bras (4-500 euros). Les conclusions étaient là : j'ai pu continué ma vie de sapeur-pompier. J'ai aussi passé autant de temps à dire ce que je faisais (TV, conférences, etc.) qu'à le faire.
On me demandait le comment : comment tu fais pour ne pas consommer de café ou de chocolat ? Est-ce que ça te coûte plus cher ? Est-ce que c'est pratique ? Ben oui. Et j'ai monté les premières AMAP de mon département.
Et ça me permettait d'aborder le pourquoi.
"Tu vas être asocial et faire chier"? J'ai demandé a être suivi par une sociologue. Conclusion : "non", au contraire, je n'ai jamais autant socialisé, vu le nombre de demandes que je recevais et auxquelles je répondais.
Je parlais de sécurité préventive, et on me questionnait sur complètement autre chose : est-ce que tu vas tomber malade, etc.
Quand je me suis retrouvé élu, ils étaient contre les cicuits locaux. C'était une pensée exotique. Tout le monde avait oublié la sécurité alimentaire.
Le fait d'acheter à l'avance une production (modèle AMAP), c'est bien pour l'économie (achat au bon prix, stabilité, sur le territoire), l'écologie (critère de bio ou en devenir de bio), le lien social, donc on répond au tryptique du "développement durable". Ce modèle permet aux agriculteurs d'envisager une transition, en (se) donnant un cap, des moyens, le temps de se retourner. Cela redonne un temps long, là où les collectivités sont prisonnières du temps court. J'ajouterais bien un 4ème pilier : la sécurité. Les AMAP créent des espaces de sécurité alimentaire autour d'eux.
A l'heure où nous sommes vulnérables et où les populations sont devenues intolérantes à la frustration, y a t-il des blancs, des travaux sur ce sujet croisé ? Et bien non, donc j'en fait un sujet de recherche et je me fais encadrer par un ancien militaire spécialiste de stratégie (en fait ancien responsable de la sécurité approvisionnement de Paris) et un géographe.
J'ai eu plus de 53 % de retours écrits. Je leur avait demandé de lire, avant de répondre au questionnaire, un article "Qui veille au grain ?" dans une revue spécialisée de risques/sécurité.
J'avais pris la pyramide de Maslow et pris les 3 premiers étages physiologiques en termes de mise en place collective :
- Boire : circuit d'eau
- Chauffer : réseau énergétique
- Respirer : politique de l'air
- Dormir : urbanisme et habitat
- Se reproduire : allocs familiales, politiques natalistes
J'ai fait la même analyse sur le 2e étage de la pyramide :
- Morale et psychologique : Etat de droit
- Santé : Sécurité sociale, politique sanitaire
- Toit : politique du logement
- Sécurité physique : police, armée
- Morale, familiale, affective : Code civil et état civile
J'ai fait la même analyse sur le 3e étage de la pyramide :
- Maillage territorial
- Invention du roman national
- Hymnes
- Devises
Tous ces besoins ont été pris en charge collectivement et on a mis en place des infrastructures organisées par l'Etat et ses bras armés locaux, avec maillage territorial à toutes les échelles.
Par contre, il n'y a aucune infrastructure sur l'alimentation. Parfois il y a une sécurité globale, mais pas de résilience territoriale. On ne s'est pas préoccupé des la robustesse de cette sécurité à l'échelle locale.
*@Flo : Impensé généralisé de la question croisée de la sécurité alimentaire*
Aucun stock nul part, et tout est concentré en monoproduction.
Titre exact de son [mémoire](https://docplayer.fr/176361599-Memoire-de-mastere-specialise-en-gestion-des-risques-sur-les-territoires.html) **"Ordre public et non territorialisation de la production de la consommation alimentaire : une non prise en compte de ce sujet pouvant aggraver les conséquences du processus d’effondrement de notre civilisation thermo‐industrielle ?"**, edité ensuite en livre sous le titre ["RÉSILIENCE ALIMENTAIRE ET SÉCURITÉ NATIONALE - Oser le sujet et le lier à celui de l'effondrement"](https://www.thebookedition.com/fr/resilience-alimentaire-et-securite-nationale-p-367243.html).
La sénatrice Laborde avait posé ce sujet au Sénat, après avoir parlé avec Stéphane Linou : ce sujet personne n'y pense, je vais poser la question au ministre. Réponse de ce dernier : "On est vulnérables". Question de Stéphane : "Est-ce que votre ministère a des plans ?" En mai 2019, il a dit la vérité : "la probabilité est faible mais le risque majeur. On a un plan, le plan ORSEC, c'est ce plan qui sera déployé". Mais ce n'est qu'un dispositif ponctuel. Mais si le problème est systémique, on serait complètement dépassé.
Du coup il y a eu un projet de résolution au Sénat : "Résilience alimentaire et sécurité nationale". L'idée est d'enrichir la loi de programmation militaire. Le foncier, les semences par exemple ne sont pas protégés. Il y aussi l'idée qu toute personne serait responsable de la sécurité collective et doit faire sa part. Si c'est dans un DDRM (Dossier Départemental sur les Risques Majeurs), les plans communaux de sauvegarde doivent prendre cela en compte. Or, l'alimentation n'est pas dans les DDRM.
L'aspect prévention alimentaire, on y travaille pas en tant que pompier. Il y a des communes qui comprennent cependant.
Je forme les élu.e.s aux plans communaux de sauvegarde, aux risques majeurs et à l'effondrement. Je zoome sur l'alimentation, car on peut, par ce fil, comprendre tout le reste : l'eau, la santé, le pouvoir d'achat, le lien social, etc. Si on n'incarne pas les textes de loi internationaux par du concret, les deux seront détachés.
Une commune a mis l'alimentaire dans son plan de sauvegarde : [Biriatou](https://fr.wikipedia.org/wiki/Biriatou) dans le pays basque.
Pourquoi d'autres pays, la Chine, la Russie, font-ils leurs stocks avec notre blé ? "Parce qu'ils nous tiennent par les couilles". On a un sentiment de fausse sécurité, c'est pire que si l'on partait de rien.
Le continuum sécurité-défense entre le vigile de supermarché, la police municipale, la police nationale, la gendarmerie, l'armée et le sous-marin nucléaire serait affaiblie en cascade en cas de crise systémique alimentaire.
Dans ce cas de figure, 2 des 3 piliers régaliens seraient impactés : sécurité intérieure, sécurité nationale. A force de déréguler, d'externaliser, on a généré de la fragilité.
Quelle différence entre l'alimentation et le reste des activités économiqes, industrielles, etc. ?
Comment expliquer qu'on a mis ce sujet de côté, contrairement aux autres comme l'énergie ?
Pour moi la résilience est girondine, c'est-à-dire par territoire. C'est par la mesure locale qu'on sécurise le national. La PAC ne va pas trop dans ce sens, LOL.
Il ne faut pas opposer fondamentalement circuits courts et circuits longs. C'est aussi stratégique d'importer et d'exporter, des pays en dépendent, mais on est allé trop loin dans ce curseur.
Tout le volet préventif de la sécurité est vital : le permis de conduire, les formations, la sensibilisation, les normes... L'aspect répressif arrive en bout de chaîne. La santé, ce n'est pas que les médicaments et les hôpitaux.
Pour l'alimentation, re-territorialiser, stocker, transformer localement, tout ça c'est du préventif. Il s'agit de mettre en place des "modes sans échec" (comme Windows) sur les territoires.
En 2020, on a failli transformer nos militaires en caissières de supermarché.
Il existe beaucoup d'écoles : la re-territorialisation, les approches high tech, low tech, citoyennes, etc.
Mais si John Deere peut éteindre un tracteur dans la Bausse à distance est-ce que nous sommes vraiment résiliant ? Et l'accès aux pièces détachées ?
On perd du foncier par étalement urbain, salinisation, érosion, etc.
Une question intéressante : comment fait-on si tout est sous 150 km, 50 km ?
expérimentation d'un repas de fête locavore : moins de 51 km, moins de 9.5 € par personne. C'est un stress test sur un repas. Quand il y a de l'émotion, on est plus perméable à l'information. Quand les journalistes viennent manger, ils demandent le comment, et là je les attrappe sur le pourquoi.
Quand c'est sytémique, on ne peut l'aborder de manière frontale, on passe par autre chose : l'assiette. Ca parle aux ventres de droite, aux ventres de gauche, c'est ludique...
C'est le trio Energie-Espace-Temps.
On pourrait faire un Koh Lanta alimentaire. Stéphane travaille dessus.
Que faire concrètement ?
- On en est à un stade d'acculturation.
- On peut tenter d'agir sur le pilotage.
- On peut agir à titre individuel, collectif, collectivités, entreprises...
Si on a du rationnement, ce serait presque bien : ça voudrait dire qu'on a une organisation collective. Le rationnement a permis aux pauvres de mieux manger pendant le Blitz à Londres.
Il y a un enjeu à s'organiser pendant que tout va bien, ça permet d'éviter les troubles.
Si dans votre plan de sauvegarde communal, vous avez inscrit ces sujets, vous avez des coudées franches pour agir sur les PLU-H, les PAT, etc.
Les collectivités locales n'ont pas encore la compétence alimentaire.
Les intérêts corporatistes ont toujours existé, il s'agit de les embringuer là-dedans, car tous les acteurs ont leur part à faire. Il s'agit de les attirer par la force citoyenne, politique, des entreprises impliquées. Il s'agit également de forcer certains acteurs à opérer leur transition. Rester avec ses quelques amis producteurs bio, c'est limitant. Les gros enjeux, c'est d'attirer les plus gros producteurs vers le mieux. Mais pour cela, il faut une demande organisée et solvable.
Les limites de la solidarité ? On peut être surpris pendant les simulations. Exemple : compétition entre urbains et ruraux. Exemple : appel d'offre d'une métropole, réponse de territoire rural --> le territoire rural voit sa production partir vers la ville. Est-ce un signal faible de demande supérieure à l'offre ? L'argent ne suffirait plus, car si le produit n'existe pas, on ne peut pas l'inventer.
### Atelier prospectif
### Consigne 1 :
cyberattaque sur la chaine logistique de l'apporvisionnement alimentaire. On apprend par les média que cela va mettre 10/15 pour rétablir la chaine. Que se passe-t-il dans votre commune dans l'heure qui suit l'annonce ?
#### Premier groupe
Paniqués, peur de manquer, certains quittent leur travail ou désignent des personnes pour aller faire des stocks, provisions.
Supermarchés : plein de monde et vides de stock
Exode estudiantin.
Panique sur les réseaux sociaux. Certains parleraient de 100 jours, le blocus...
Messages gouvernementaux assez rapidement pour appeler au calme et rassurer les gens sur les durées du blocage (que quelques jours) -> ne pas inciter les gens à faire des stocks trop importants de manière individualiste
Police municipale potentiellement réquisitionnée pour assurer une circulation routière vers les supermarchés.
#### Second groupe

*Emplettes au supermarché : le samedi soir, c'est le cauchemard*
Sécurité, réseaux sociaux : ampleur en une heure, puis déformé et la situation paraîtrait + grave sur les réseaux sociaux avec des répercussions + fortes par la suite, violences en supermarché.
Cellules de crise pour les communes qui se réuniraient
Magasins en 1 heure : prise de décision sur la fermeture ou non des portes
Lyon-Paris c'est dur, dans les petites communes, ça pourrait être plus facile. Le papier toilette, l'hygiène en ruralité ; l'alimentation, on peut tenir une semaine avec ce qu'il y a dans les placards.
Réponses différentielles selon les communes (question de distances, tailles, existence de circuits courts...) -> activation de réseaux de connaissances et de proximité. Possibilité de mutualiser les courses à faire, créer des stocks communs dans les villages. Très différent en ville!
SL : réflexes qui diffèrent selon les tailles des communes
Florence le Nulzec : au croisement de l'urbain et des réseau, impliquée à Lyon et dans les réseaux d'alimentation alternative et circuits courts -> info serait très vite disponible sur les denrées accessibles -> réseaux et réseaux de réseaux pour ré-orienter localement ce qui n'est plus distribué dans les "réseaux classiques" -> habitudes et réflexes. 4% d'autonomie alimentaire sur le grand lyonnais.
#### Groupe en ligne
Les gens vont chercher à s'informer, ruée dans les magasins alimentaires, il y a ceux qui ne sont pas au courant comme les personnes isolées sans accès aux médias, aller voir ses voisins âgés
### Consigne 2 :
Conseil municipal vous propose de les aider dans une cellule de crise improvisée par le ou la maire pour mettre en place des démarches et actions dès maintenant.
#### Groupe 1
Fermer tous les points de distribution alimentaire et de première nécessité pour inventaire complet des stocks et production locale éventuelle.Organiser la répartition de ces stocks -> collecter et distribuer. Communication auprès de la population très rapidement : par les réseaux sociaux, radios locales "on prend en charge la situation"
Les échelles? Remonter à l'échelle de la comcom (significatif) pour organiser les réseaux distribution, professionnels, production notamment vivrière.
SL : toutes les communes se posent la même question mais cette échelle collective est intéressante
Relayer le plan au département et à la Région, à des cellules de crise.
On plante des radis pour la suite sur tout le foncier disponible. En se rapprochant des producteurs, coopération avec les producteurs locaux.
Benjamin C-P : histoire de Parmentier : introduction pomme de terre : mal reçue par les paysans. Le Roi a fait planter des pdt et mis des gardes en donnant l'instruction aux gardes de laisser passer les paysans qui s'introduiraient pour voler des plants -> c'est comme cela que la pdt a été introduite et la présence de garde ne garantit par la production. :P
#### Groupe 2

Appeler les magasins d'alimentation pour leur demander de s'auto-rationner et les in
viter à une réunion pour se coordonner avec les élus concernant la gestion des stocks : inventaire, liste des chaînes d'approvisionnement, celles en circuit-court qui peuvent être maintenues.
Identification des populations fragiles, gymnase, collecte et distribution de repas.
Paniers-repas standardisés (pour certains biens).
Hôpitaux, écoles dépendent de nourriture industrielle (1 cuisine centrale à Lyon ! et collèges en + à Lyon) -> comment sécuriser l'approvisionnement pour ces endroits là en priorité.
#### Groupe en ligne
Police autour des lieux de ditribution pour une présence et non une intimidation.
S'appuyer sur les assos.
Transactions : dans quelle mesure les transactions monétaires fonctionnement? (distributeurs, aides d'urgence sans contrepartie, devise acceptable?...)
Tabac : gens en manque : rationner.
### Consigne 3
Maire convoque conseil municipal + vous pour dans 2 semaines
Actions à court, moyen et long terme pour limiter les effets du prochain coup à l'échelle de votre commune.
#### Groupe 4 (en ligne)
On s'est posé la question de la solidarité sociale, points de vigilance sur le tissu urbain où on peut avoir du banditisme, des quartiers favorisés. On avait des réponses communales de coopération, d'inspiration Grain de Sel.
Ca peut être plus communal ou plus coopératif, mais ça change la position de l'emploi : tout le monde participe un peu.
Court terme : Stocks
Moyen terme : Groupes participatifs locaux de design des instances
Long terme : Création / réaffectation d'emplois dans la permaculture
Avoir une partie dénumérisée des systèmes alimentaires de 1ère nécessité.
Réseau de CB ; impliquer les étudiants et radios amateurs.
Faire des stress tests. Rechercher les synergies et complémentarités avec les autres territoires.
#### Groupe 2
Une évaluation des stocks stratégiques (ou stats ?).
Informer sur les AMAP et co.
Créer un Service Civique Agricole, car il existe déjà un Service Civique Citoyen, un Service Civique en Entreprise).
Augmenter les productions locales insuffisantes.
Avoir des Régies Publiques de l'Alimentation.
Faciliter l'accès à la terre pour ceux qui veulent être agriculteurs.
#### Retour de Stéphane
La question du foncier est très vaste : il peut être très coûteux d'identifier les propriétaires d'une bande de terrain et de prendre en compte tout l'administratif.
Retours sur le Zoom :
- CRB ex-situ
- Loi Letchimy a simplifié le problème des indivisions
- Etc...
Il a existé des outils banaux : four banal, moulin, etc...
Ce sont des Communs.
#### Groupe 1
A moyen terme
* Inciter les gens à faire des potager et à des conserves
* Avoir des plantes résistantes, poussant vite, adaptées
* Inciter à produire plus de fruits/légumes
* Réduire la part de l'élevage, par exemple en garantissant aux éleveurs qui ont peu de résultat des aides à la transition.
* Service Civique Rural
* Politique de reconversion de jeunes vers l'agriculture, en les aidants avec des espaces test
* Plan Local d'Alimentation de la comm comm : développer des relations commerciales entre producteurs et distributeurs du territoire,
* Retravailler sur le PLU pour l'accès au foncier orienté vers l'agriculture, la transformation et la distribution locale
* Changer les pratiques alimentaires
**Remarques**
Florence: Reprise en main nécessaire de la structuration des politiques publiques.
La Myne a les moyens de proposer les travaux réalisés et les reflexions menées lors des ateliers
Toutes les fonctions du département sont aujourd'hui gérées par la communauté d'Agglo
Transformer la législation : dépend de la façon des les élu. es et citoyens s'en saisissent.
Expérimenter en droit du travail? Souvent on fait d'abord (la société) et après le gouvernement arrive et se pose la question législative après. Dépend donc beaucoup aussi de la dynamique territoriale et de l'interaction avec les "technocrates"
#### Temps "Une bonne politique publique de l'alimentation c'est...?"
Consignes FLorence: Piste à creuser
Groupe 1: Reflexion sur un système d'accompagnement à destination des populations urbaines en campagne pour produire des denrées agricoles.
Jeunes dynamiques BS job: par pole emploi pour les prendre dans les moments ou ils sont "perdus". S'insiper de À chomeur longue durée, parti d'une association qui après relai auprès d'un député a permis l'experimentation locale sur 5ans avec ONG, associations etc...
Revitaliser les lycées agricoles (comme les ZEP) ainsi qu'utiliser l'expropriation en la justifiant pour les projets inutiles.
Frederic: pour assurer la régéneration des ecoystèmes, en zone natura 2°°°, LA RÉGION se porte en acquéreur ( hors héritage direct) elle préempte. Ca concerne beaucoup de secteurs tant que cela concerne la polyculture.
FLo: est ce à utiliser dans la proposition du collègue? OUi. COmment ça se manifesterait. Faciliter l'intallation d'acteurs tant qu'ils régénèrent les terrains. HYbrider avec les savoir et favoriser la transmission de connaissances, intégrer la problématique du handicap dans la collaboration.
Trésor du lieu via une conserverie, avec ratio versé pour la mobilisation de stocks en cas d'urgence.
Ben: Lamyne approchée par la DR de pole emploi.
Éème groupe: éviter de transformer les friches en terres agricoles mais revoncertir l'agriculture expansive pour qu'ils aillent vers les marchés publics. Réunion et diagnostic avec 80 acteurs en fonction des représentations et amendements suite aux retours. Point fondamental: mettre autour de la table toutes les parties prenantes.
Pourquoi elle dit ça? SUr la question de l'alimentation, qui nous concerne tous, on a de moins en moins de maitrise et se pose la question de comment se prend en main cette problématique. Comment on peut tester?
Est-ce qu'on essaye d'embarquer tout le monde ou on commence avec certains publics? Risque d'entre-soi ?
Les gens peuvent avoir des choses à proposer mais pas les dispositifs en face, ou d'écoute -> relation de confiance
Risque de projets minoritaires mais documenter est important aussi pour ca
Exemple donné par BCP : politique d'ouverture des données : origine = petits écosystèmes militants et mission ministériel et interministérielle. Co-rédaction quasiment de ce qui deviendra des textes de lois.
Donc documenter l'expérience mais aussi le chemin, les embûches pour inspirer d'autres territoires (s'inspirer !)
Ca peut être écrit, oral (...) mais contextualisé
Des briques réutilisables
Comment inviter les acteursà documenter pendant l'exercice?
Acculturer d'autres ecosystèmes dès qu'on le peut au cours d'événements etc (montrer l'exemple du pad collaboratif par ex)
Interopérabilité, nouveaux formats (notamment audios)
Lieux d'expérimentation : Thinkerview Gilles Raveau sur la propriété : les maisons des anciennes générations ne sont plus accessibles aujourd'hui à leurs enfants. Pertinence d'acheter des terres agricoles. Terrains immenses qui coûtent au final peu cher. Aller expérimenter collectivement et avoir + de temps long. Exemple de Tiers-Lieux qui sont éphèmères alors que là on peut aller sur du temps long. Exemple de SCIC pour accéder à des terres collectivement.
Génération actuelle : besoins + frugaux et des impossibilités donc des initiatives telles que Tiny House, Hameaux Légers (...) -> sujets complexes car difficultés pas forcément économique mais humaines, politiques et juridiques. Logiques nomades également.
Question de posture : ouverture et partager ce que tu vis permet aussi des transformations
Mais des initiatives de type expérimental ne modifient pas le système?
Mais BPC : c'est dans les interconnexions entre les différentes personnes que cela peut fonctionner (coexistence et diversité des approches inside/outside)
Les expérimentations comptent pour l'imaginaire culturel et les schémas mentaux
Expérimentations :
* alimentation : travail équipe PATLy. Formats pour hacker les politiques publiques. Mixer approches personnes conventionnelles et non conventionnelles. Problématique face aux structures.
* Exemple des Riposte Territoriales, et Ripostes Alimentaires qui viennent compléter le travail instiutionnel démarré.
-> Espace commun documenté, comme un "commun", sous réserve de respecter les licences CC et de reverser à la communauté. Complémentaires de la démarche institutionnelle.
* Partir des personnes que l'on connaît et tester sur le terrain de hacker des politiques publiques, européennes...Liberté d'expérimentation, soutiens....
#### Tour de clôture :
* bosser les collectivités territoriales
* pas de ventre de droite ni de gauche
* pour populariser l'écologie, passer par l'alimentation
* esclaves du temps court
* la France est un EPHAD géant
* difficultés d'accorder les différentes temporalités institutionnelles
* médiation choses complexes par des sujets simples
* quand la dimension internationale migrants et clivages irréconciliables sur des visions d'habiter le monde
* histoire alimentaire et les pénuries (alors qu'on n'est plus habitués)
* ce qui a pu être oublié entre la 2nde GM et aujourd'hui !
* Manque de traçabilité sur le foncier laissé en friche
* Quand émotion = + perméable à l'intégration de l'information
* Personne sur la responsabilité de la sécurité alimentaire
* Scénario rupture alimentaire crédible
* Besoins individuels pris en charge collectivement mais pas d'organisation alimentaire du territoire
* Parcours de Stéphane Linou jjusqu'au Sénat
* En attente de voir Stéphane à la télé à 20h
* Compétences des collectivités : on pense ne pas savoir et au final on sait tous.
FLorence: parcours d'accompagnante des politiques publiques. Permet de travailler ensemble et avec des complémentarités (au dela de entreprise/entreprise colllectivité/collectivité: des hybrides).
Difficile de faire bouger les lignes dans la politique publique. EX sur l'habitat durable de CF;
## Prise de notes Vendredi 21 mai (Ecole)
Voir prise de notes des étudiant.es
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