###### tags: `note` # Morceau de pensées griffonnées 04 ### Monde de Merde ... Trop d'infos qui tournent en boucle, qui tournent en rond, qui affirment que rien ne va et que tout va mal. Des news, des posts, des discours déprimants, alarmants. A quoi ça sert? Prendre conscience des enjeux, des problèmes, des combats, du pessimisme ou de 'la réalité' me rétorquera-t-on. Pourquoi ? Tout ça immobilise, terrifie, sidère, éloigne d'un engagement utile. Le monde tourne sans moi, ailleurs, au-delà de moi. Quelle importance de connaître en surface les atrocités d'un monde sans rien comprendre en profondeur. Discussions de comptoir, pétitions, comportements irrationnels, clivages inutiles. Pourquoi ? Une déconnexion_ Mais non, toujours cette obligation, ce devoir d'être informé, d'être conscient, d'être 'politisé', d'être 'éveillé'. Connaître sans comprendre, et ne jamais plonger en profondeur. Jamais actif, toujours passif assailli de toute part de combats, de valeurs, d'idées qui ne me concernent pas. Revendiquer. Un grand mot, trop grand pour moi, absolu, intangible, illégitime, inutile. Où est l'action ? Non pas crier à l'inaction, mais agir soi-même. Je ne suis qu'un grain de sable dans le sable mouvant qu'est le monde, qui s'enfonce inévitablement. Aucun impact, aucune importance, comment essayer? Non pas d'arrêter ce sable mouvant, c'est impossible, parce qu'en fait je ne le vois même pas devant moi, je ne vois que d'autres grains de sable qui bougent parfois. Peut-être que je pourrais créer un mouvement, juste de grain de sable à grain de sable, à l'échelle ultra-locale. Aller rencontrer des locaux, aller rencontrer le local, et plonger pour comprendre, pour initier, pour aider, pour faire connaître, pour planter une graine d'action. Sortir de ce nuage absolu de supposés événements qui m'impacteraient, par le bas, pour simplement saisir et comprendre ce qui est juste devant moi, ce qui bouge devant moi, ce qui me fait bouger, moi. Ignorer ce qui ne m'affecte pas, ce qui ne m'impacte pas, pour me concentrer sur le reste, le tangible, le saisissable, le vivant. Un éveil, une conscience oui, mais de mon monde à moi, de mon environnement... <br> <br> ... L'impression d'écrire pour quelqu'un d'autre, de projeter une image plate et superficielle d'une silhouette qui n'est pas moi. Une silhouette qui me ferait peur. Et d'écrire pour elle, et d'écrire en elle. C'est comme une projection d'une perception des gens que je fabule. Sans vraie réalité. Est-ce ma silhouette? Un peu sans doute, à certains moments, souvent des moments passés, moins maintenant. Parce que je 'fais' avant 'd'écrire', puis j'écris après, en retard. Étrange... Est-ce un rappel à moi-même ? Une sorte de moi-fantôme pour me faire avancer? Ou bien est-ce une image volontairement dépréciée, pour flatter mon ego qui semble s'être élevé? Pourquoi écrire ? L'impression d'avoir posé des mots sur des actions qui dépassent déjà ces mots. Un retour en arrière. Ecrire pour inscrire quelque part tous ces mots qui sont déjà en moi et qui créent déjà un mouvement. Ecrire pourquoi ? Ecrire pour qui ?...