###### tags: `note` # Morceau de pensées griffonnées 02 ### Décalage-_ ... une journée décalée, lunaire, qui commence par un chemin parallèle, qui n'est qu'un retour nostalgique, un chemin d'avant. Puis la recherche d'un lieu autre, décalé aussi, pour être seul ; j'échappe aux autres, dans le coin d'un canapé, au dos d'un poteau. Puis revenir se confronter aux devoirs. Une posture déjà là et sans doute projeter des attentes ; et être décalé encore face à la réponse qui tourne en rond, qui ne va nulle part. Ma faute aussi, je n'amène à rien non plus. Une triste logique en fait, une fatalité inéluctable, un décalage entre mon écrit et mon envie, entre mes valeurs et mes productions. Un objectif toujours plus flou toujours plus loin, une sorte de bloc d'idéal que je taille pour le trouver mais que je taille à la hache, en enlevant des morceaux immenses. Il ne reste plus rien. Un décalage avec la formation alors? Avec les professeurs? Un décalage automatique du designer? Un décalage qui pose question. Qui fait design alors! -Cynisme- Ce n'est pas vraiment constructif, destructif peut-être même. Une posture de rejet face à une réalité désincarnée. Un décalage, une ambition décalée. Et puis cet autre moment décalé, lunaire même, sur un autre astre. Un discours mou, superficiel, a une violence latente ; des reconnaissances à demi-mots, sans proposition. Décalé. Une équipe inutile, ailleurs, légère, qui se contente d'un merci, d'un vu, d'un noté, d'un acquiescement silencieux à des doutes abyssaux, un appel à l'aide criant? En décalage Des murs devant les tentatives de pont. Un décalage souhaité? Lunaire. Qui s'oppose au solaire, au rayonnant. Une lassitude, une colère, un deuil pas si consommé en fait. Une clarté? Pas sûr mais peut-être, un révélateur, des mots à multiples sens, pour pousser les métaphores. Décalé. Rester en décalage. Le mauvais moment : pas avant pour prévenir, pas pendant faute de temps, pas après pour 'nous laisser réfléchir' et se 'saisir nous-même' Un abysse. Cynisme. Un décalage. Comment rebondir? L'assumer pour faire à côté, en parallèle, en décalé, en espérant retomber quelque part à un moment? Ou tenter de faire le lien, de se réancrer, de revenir, de se raccorder, de se réconcilier, de se comprendre. Ou partir. Trop lunaire, trop décalé, trop loin incapable de se parler. A quoi bon? Décaler-_ ... <br> <br> ...Il y a quelque chose qui a déconné sans doute. Je ne me sens plus ++vivant++. Pourquoi? Depuis quand? Qu'est-ce qu'il me manque? qu'est-ce qu'il me faut? Sentir, ressentir, l'imprévu : envie de changer, de voir autre chose, de me surprendre. L'envie d'être pertinent ou impertinent mais de construire quand même. Vide, vidé, naze, improductif, inefficace. J'ai déjà été vivant? Être entraîné et rebondir. Se sentir vivant pour servir les gens, transmettre cette vie de ressentir le moment. Momentanesque. Il reste une étincelle, une pulsion qui ne s'incarne pas, qui ne vibre pas vraiment à l'instant, qui ne frétille plus, mais que je sens. Qui me dit quoi? Qui sent quoi? Qui va où? Qui ne fait rien pour l'instant. Mais une envie de créer quand même. Quoi? Pourquoi? quand? Maintenant. Dormir?... <br> <br> ... Le vent m'appelle. Il toque à ma fenêtre, il souffle dans mon rêve et siffle à mon oreille. Je le rejoins. Il me traverse, il me porte, il me transporte. Il fait voler les feuilles, danser les arbres, et chanter la ville. Il est dense, immense, partout, insaisissable, libre. Il est vivant. Une force douce qui m'attire ... <br> <br> ...La vacuité de l'existence c'est cette errance permanente, lasse, triste, une constance implacable, une fatalité qui revient dès qu'on commence à ne pas la chercher. C'est cette léthargie qui empêche de se lever, achevant les rares motivations qui essaient d'éclore les matins. C'est se savoir inutile et se sentir inexistant. C'est ressasser, projeter, conceptualiser, envisager, scénariser, légitimer, c'est tenter de rendre immuable ce flot de vie qui coule à travers nos doigts à chaque instant C'est vivre à côté sans se sentir vivant, ne pas être traversé, ne pas être disponible au moment, c'est être dissocié de soi, des autres, de ses sentiments, de son milieu. C'est être a-vivant a-mobile a-sensible. C'est un état vide et si plein, qui prend, qui remplit, qui pousse à côté de soi. C'est voir sans regarder, entendre sans écouter, faire sans jouer, être sans être là. La vacuité de l'existence c'est ces moments de rencontres sans connexion, sans rien, sans partage, ces mots vides, ces phrases bateau, qui ne disent rien et ne renvoient nulle part. Pour sortir de cette vacuité de l'existence je veux me laisser vivre, me rendre disponible à ce mouvement traversant, à cette spontanéité momentanesque, je veux être là, être vivant...