# Introduction <style> h1{ color:#F9931A; } ul{ color: black; } a{ color:#F9931A; } a:hover{ color: #F9641A; text-decoration: underline; } </style> Tout comme les textes, les images se lisent et ont plusieurs niveaux de compréhension, mais nous avons davantage l’habitude de déchiffrer des textes que des images. La plus faible éducation à la lecture des images dans le milieu scolaire peut en être une cause. :::info *Nous traitons ici, et il en sera de même pour la suite de ce mémoire, des images fixes du quotidien comme celles de la publicité, des médias ou encore des réseaux sociaux. Il n’est pas question de tableaux d’art par exemple qui peuvent être sujets à une analyse consciente et délibérée.* ::: La lecture d’une image s’opère inconsciemment et le sens n’est délivré que plus ou moins partiellement selon la connaissance des codes. En effet, contrairement aux textes qui demandent la connaissance du code de l’alphabet pour être compris, les images ont un premier niveau de compréhension accessible sans prérequis. Un enfant pourrait donc percevoir et comprendre les éléments d’une image. Cependant, les autres niveaux de compréhension ne sont accessibles uniquement dans le cas où le spectateur possède les prérequis culturels nécessaires à la reconnaissance de certaines références par exemple. Quand l’enfant reconnaîtra un oiseau, une colombe, l’adulte cultivé y verra le symbole de la paix ou encore une référence à l’arche de Noé. De plus, les images sont douées d’une proximité naturelle avec le spectateur. La distanciation automatique, que l’on retrouve dans le langage par l’aspect symbolique des mots qui nous détache du fond, n’est pas présente avec les images. Celles-ci sont alors intégrées sans intermédiaire et sans travail intellectuel conscient. Leur absorption est instantanée et sans aucune médiation car les spectateurs ne sont généralement pas appelés à les analyser ou à les déconstruire comme c’est le cas quand il s’agit d’un message verbal. L’image est ainsi quasiment immédiate, elle est perçue dans son ensemble contrairement au texte qui demande le temps de la lecture du premier au dernier mot. Elle a aussi un caractère intrinsèquement plus véridique que le texte et on lui confère ainsi une confiance plus importante. > “Toute image nous fait courir le risque de la confondre avec la réalité. Pourtant (…) nous ne pouvons pas nous empêcher d’y adhérer, émotivement et corporellement comme à des vérités. Les images ne nous convainquent pas qu’elles reflètent le monde, mais elles savent le plus souvent nous en persuader” (TISSERON S. *Petites mythologies d’aujourd’hui*, Ed. Aubier, Paris 2000). Aussi, leur prolifération est devenue banale grâce à la technologie, aux médias de masse et aux réseaux sociaux, si bien que dès l’enfance, la forte exposition aux images est extrêmement courante. L’image est donc universelle et accessible. Le sens critique est en conséquence plus difficilement exercé et peut entraîner un manque de vigilance face à elles et leurs messages. Ce manque de méfiance face aux images font d’elles un support puissant, propice à l’influence ou à la manipulation. Ces volontés cachées dans les visuels ont plusieurs niveaux d’importance. Premièrement, certaines images peuvent viser la simple influence. Il peut s’agir d’une suggestion faite à l’esprit pour le faire penser à quelque chose en particulier. C’est ici que l’on peut retrouver des références par exemple, ou encore la mise en scène d’un produit visant à lui attribuer des caractéristiques particulières. Ces influences se décèlent par l’analyse sémiologique notamment. Ces images marquent un premier échelon dans l’expression d’un message visant à être communiqué à l'inconscient mais ne visent pas, chez le spectateur, la réalisation d’une action. Il s’agit de suggérer des choses, d’influer sur la perception. Un second niveau vise la manipulation par l’utilisation de [biais cognitifs](https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_cognitif#:~:text=Un%20biais%20cognitif%20est%20une,par%20rapport%20%C3%A0%20la%20r%C3%A9alit%C3%A9.). L’image vise ainsi la séduction ou la réalisation d’une tâche par le spectateur grâce à l’utilisation de procédés de manipulation qui tirent profit des biais cognitifs. Ces deux premiers niveaux peuvent être complémentaires, bien que le second a plus de puissance que le premier. Enfin, le dernier niveau identifié vise la manipulation par la tromperie. La manipulation est ici l’imposition de fausses vérités. On trouve donc dans ce niveau la mésinformation et la désinformation. L’utilisation de l’image peut ainsi être détournée de son contexte, mal légendée pour que le spectateur en ait une compréhension différente. En outre, elle peut même être déformée, recadrée pour faire croire à quelque chose de faux. Cette manipulation de l’image à dessein de manipuler par l’image constitue de nombreuses infox (fake news). Chacun de ces niveau comprend des facteurs de manipulation et d’influence aux mécanismes parfois bien différents qui vont être développés au fil de ce mémoire.