# communiqué écriture inclusive Pour nos amis les M2 qui découvrent ce site: c'est un peu comme Google Docs, c'est participatif et ça utilise le markdown qui est très simple à éditer. On a pour l'instant - Un résumé des faits, à compléter pour vous - Une première proposition de message faite par Lucía - Une section de suggestions que chacun.e peut utiliser pour donner son avis, et à partir desquelles on peut proposer un deuxième texte. ## Petit résumé participatif de la situation : En M1, en suivi de projet avec Sylvain Pattieu : En réaction au texte d'Ella Hamonic, qui use de l'écriture inclusive, (notamment du Ielles) Sylvain Pattieu s'est opposé directement à son emploi. L'argument avancé est que l'écriture inclusive n'a pas de conséquences pour la résolution des problématiques féministes, qu'elle est globalement inopérante. Il invoque une linguiste qu'il dit féministe et parle d'un article à elle mettant en lumière le fait que dans des langues plus neutres (genre l'anglais) l'oppression restait la même. Il affirme qu'il utilise l'écriture inclusive dans ses mails mais que celle-ci n'a pas sa place en littérature. En face, nous avons rappelé l'importance en terme de réparation, de Pierre Bayard, pratiquant l'inclusivité et une transformation de la règle du pluriel, usant du féminin dès lors qu'il y a majorité. Cet argument a été balayé au nom d'une inefficacité, et surtout, de la prééminence de la langue littéraire sur l'inclusion de questions politiques en son sein. En M2, avec Olivia Rosenthal (remplir) ## Texte énervée de clémentine Cher.e.s Professeur.se.s, Voici une lettre que nous vous envoyons de façon collective suite à plusieurs remarques qui nous ont été faite concernant l’écriture inclusive. Il était avancé que l’écriture inclusive est inopérante pour s’attaquer aux problématiques féministes, et que les langues plus inclusives (comme l’anglais) ne résultent pas en des sociétés moins sexistes, et que celle-ci est acceptable dans des mails ou quand la langue est un simple outil de communication, mais pas quand il est question de «littérature». Nous avons intégré ce master avec l’impression qu’il ne serait pas question de sacraliser la littérature, ni de conformer notre langue aux normes établies et aux violences symboliques arbitraires et sexistes qui faisaient force de loi aux siècles derniers. Nous pensons et nous demandons que ce master soit un lieu d’expérimentation sur la langue, de liberté créatrice, et d’expression protégée y compris pour celleux qui veulent lutter contre l’ordre établi et ses modes d’oppressions. Nous refusons d’accepter des remarques sur nos textes au sujet de l’écriture inclusive. Nous ne les considèrerons plus comme des commentaires, mais comme la violence symbolique qu’elles sont. Nous espérons que vous comprendrez et agirez en conséquence, mais continuerons quoi qu’il en soit. Les étudiant.e.s ## Texte proposé par Lucía Cher.e.s Professeur.se.s, Voici une lettre que nous vous envoyons de facon collective à propos de plusieurs remarques venant de différent.e.s d'entre vous concernant l'écriture inclusive.  Nous refusons d'accepter ces remarques par rapport à nos textes à ce sujet. On ne les considèrera plus comme des commentaires, mais comme de la violence. On espère que vous comprendrez et agirez en conséquence.  Cordialement, Étudiant.e.s du M1 et M2 ## Texte proposé par Clémentine Cher·e·s enseignant·e·s Nous croyons nécessaire de vous adresser ce communiqué : Nous, étudiant·e·s du master de création littéraire croyons que l'écriture est une culture vivante. Nous croyons que les mots ont du pouvoir. Nous nous opposons à une image sacralisée de l'écriture littéraire qui ne consisterait qu'à se conformer aux normes édictées par ceux qui sont venus avant nous, quelles soient esthétiques, politiques ou sociales. Nous voulons que ce master soit un lieu d'expérimentation, de liberté et d'expression, qui nous permette de porter un renouveau de la création. Nous croyons que nous avons le droit d'exprimer nos singularités et nos convictions dans le fond comme dans la forme de nos textes. Nous voulons que chacun·e d'entre nous puisse forger un projet de qualité, qui porte ce que nous avons à dire. Nous croyons qu'imposer le respect de conventions grammaticales sexistes est une violence symbolique. Par conséquent nous voulons affirmer ici notre droit à utiliser l'écriture inclusive dans nos textes. Nous espérons sincèrement que vous entendrez notre position. Dans tous les cas, nous ne laisserons pas celleux d'entre nous qui font le choix de l'écriture inclusive isolé·e·s dans leur revendication. Bien cordialement ## Suggestions ### Thomas Je suggère d'être précis.e.s sur la nature des remarques mentionnées dans le message (reprendre le résumé fait par Mathilde plus haut me paraît bien pour ça). Les profs en question auront beau jeu de dire que notre position est totalitaire car refusant toute remarque, ils pourront même prétendre qu'ils ont voulu lancer le débat et que nous le refusons par avance. J'aurai bien aimé par ailleurs dire quelque chose utilisant leurs propres armes: "Nous passons de nombreuses heures en cours à étudier toutes les transgressions possibles en littérature, et nous considérons par conséquent que la frontière qui semble soudain se dresser face à l'écriture inclusive relève d'une violence symbolique arbitraire, érigée en raisons de préjugés d'origine sociologique (la prééminence naturalisée du masculin dans la langue comme dans la société) et non littéraire. Ceci est d'autant plus regrettable que la liberté de création est par ailleurs volontiers invoquée lors de nos diverses activités d'écriture lorsque des narrateurs ou personnages expriment des attitudes sexistes et/ou racistes. Pourquoi ne pas laisser libre cours à l'exploration d'autres manières d'écrire le genre dans ce master qui se veut pionnier et expérimental? Il ne s'agit pas d'imposer à quiconque l'utilisation du langage inclusif: libre à chacun.e d'y trouver ou non son propre goût littéraire." Et ensuite: "Pour toutes ces raisons, nous considérerons à l'avenir des remarques refusant *a priori* l'utilisation de l'écriture inclusive comme de la violence et n'en tiendrons pas compte dans la rédaction de nos textes. Nous espérons que vous comprendrez notre point de vue et y répondrez de manière appropriée."