

Depuis le début d’année, chacun de nous avons pu constater ce manque de budget au sein des établissements : de nombreuses assises au sein des amphithéâtres se retrouvent inutilisables, une étudiante s’est vu en faire les frais lors d’un cours où la chaise s’est effondrée. Un autre constat, le chauffage, ou devrions nous plutôt dire le manque de chauffage. En effet, certaines pièces sont propices au laissez passer de l’air frais, mais dans le cas où cette installation fonctionne dans les salles de TD, l’isolation n'existe aucunement. Ces mauvaises conditions d'isolation peuvent être alliés au combat des écologistes. En effet, nous pouvons justement parler d’établissements énergivores gonflant le budget afin de permettre aux étudiants d’étudier dans une pièce “chauffée”, seulement toute cette énergie se retrouve libérée dans l’atmosphère.Par soucis d’isolation dans les amphithéâtres, de nombreux étudiants ont renoncé à assister aux cours étant difficile de se concentrer dans de telles conditions, surtout lors de la période hivernale. Des enseignants ont dû changer de salle afin de mener à bien leurs enseignements.
Un autre ennui, le wifi. Dans les bâtiments, certains étages, en inférieur notamment, les amphithéâtres en sont peu dotés, mettant un frein à l’enseignement puisque certains cours se basent sur des vidéos. Il faut alors anticiper. Parfois, le matériel n’aide en rien non plus, l’infonctionalité des micros, parfois additionné à celui des rétro-projecteurs. De nombreuses choses défectueuses rendent inconfortables l’enseignement des professeurs, mais aussi celui des étudiants.
La question que tout le monde se pose concerne celle du budget accordé aux établissements universitaires : où se trouve-t-il lorsque l’on voit le manque d’entretien, l’état et les conditions des établissements supérieurs ? Serait-ce en partie impacté par une mauvaise répartition de ce budget ? Un exemple serait la refonte du logo et du site de l'université. Plusieurs dizaines de milliers d'euros, pour quelque chose de purement symbolique. Un autre serait celui de la disparité des investissements. On retrouve dans certaines des bibliothèques du mobilier haut de gamme quand dans d'autres salles les chaises se cassent régulièrement. Pour finir les plus absurdes serait les boîtiers HDMi présent dans les boxs de la bibliothèque michelet, sans fil permettant d'afficher à distance l'écran d'un pc , coûtant plus de 150 euros et plus complexe d'utilisation qu'un simple câble hdmi coutant lui 20 euros. Si on fait le calcul, pour six box à cent-cinquante euros revient à un coût total de neuf cents euros.


Des rapports concernant l’immobilier universitaire sont élaborés chaque année, notamment par la Cour des comptes. Tous ces établissements se comptent au nombre 18 millions de m² de locaux universitaires "dont 78% sont consacrés aux activités d’enseignement ou sportives". En octobre dernier, cette Cour des comptes déclare estimer qu’un tiers des locaux de l’enseignement supérieur se trouvent en mauvais état. Lorsque l’on observe l’évolution des budgets, nous pouvons voir qu’il stagne depuis environ dix ans, alors que le nombre d’étudiants ne cesse lui d’évoluer. Seulement, ce poste budgétaire des universités n’est pas suffisant et ne répond guère à leur obligation d’entretien en vu du financement de l’immobilier universitaire (selon le rapport de la Cour des comptes) : "Le ministère chargé de l’Enseignement supérieur estime à 7 Md€ le coût de réhabilitations du patrimoine universitaire, dont 75% serait en lien avec la transition énergétique et environnementale. France Universités, pour sa part, porte cette estimation à 15 Md€".
De nombreuses preuves des difficultés d’entretien liées à cette défaillance budgétaire sont partagées par les étudiants au sein de la plateforme numérique qu’est Internet. Le mouvement «Sciences en marche» met en lumière ces conditions au sein d’un blog constitué de photo, Tumblr. Ce blog intitulé «Ruines d’Universités» montre par exemple des plafonds rongés par l'humidité, des fils dénudés, des mobilier délabrés sans parler du manque de chauffage.
Lien Rapport : https://www.ccomptes.fr/fr/publications/limmobilier-universitaire
Lien Blog : https://universiteenruines.tumblr.com/

**Première étape : préparation et planification**
Afin de pouvoir réaliser cette campagne, il faut d’abord monter une équipe motivée qui se dirigera de manière auto-gérée. Cette auto-gestion permettra de mieux protéger le collectif face à de possibles pressions que pourrait amener cette campagne. Cette équipe aura pour rôle de commencer les mobilisations. À terme, l’objectif sera de remplacer les actions groupées et organiser par des actions individuelles réalisées par ceux séduit par la campagne. Une deuxième valeur sera celle de l’anonymat, les primo-actions ne seront pas revendiqués par des individus, mais par le collectif. Cela rendra plus difficile une éventuelle recherche des personnes impliquées dans la réalisation des actions.
Un plan « d’attaque » ou feuille de route sera ensuite développer et établit afin tout d’abord de déterminer les endroits où frapper et de garder un suivi des primo-actions réalisés et de faciliter leurs revendications. Ce plan sera réalisé en consultation d'un avocat où d'un juriste afin d’avoir connaissance des implications des diverses actions possibles.
L’écriture de nos revendications : nous demandons un plan de rénovation et d’amélioration des infrastructures de l’université de Lille. Cela passe donc par une augmentation et une meilleure utilisation du budget de l’université.
Les outils de communication physique et numérique seront ensuite créés et développer : tracte papier, compte sur les réseaux sociaux, préparation des pochoir et écriture des phrases à tager. Directement liés : l’achat et la préparation du matériel nécessaire s’effectuera au même moment et tout au long du projet : bombe de peinture, sharpie, pochoir etc.
Enfin, si possible, recruter du personnel de la faculté permettrait d’obtenir des informations provenant de l’intérieur et donc d’optimiser le déroulement des actions une fois ces dernières commencées.
**Deuxième étape : Les primo-actions.**
La logique les primo-actions est la suivante : dans un monde ultra-connecté où il existe des milliers de causes sur laquelle l’intention d’une personne lambda peut se focaliser, nous devons tirer notre épingle du jeu. Il est donc important d’être vu et entendu. Pour cela, nos primo-actions se doivent d’être choquante et dramatique afin d’agréger le plus d’attention. Le but primaire est d’obtenir l’intention des étudiants, mais aussi de personnalités politiques et médias nationaux.
Le taux de transfert entre assister à une action aussi juste soit-elle et vouloir y participer est toujours très faible, il faut donc monopoliser les conversations des étudiants et si possible faire entendre notre cause à heure de grande écoute.
En ce qui concerne les personnalités et médias nationaux, une première stratégie mise en place sera de contacter des personnes et média susceptible de s’intéresser à ce genre d’événement. En parallèle, il faudra aussi contacter des médias et personnalités « polémiste » d’extrême droite afin de créer de la division. Des actions comme celle listées ci-dessous seront qualifiées par les plus extrêmes de « terrorisme estudiantin » où autre terme vide de sens. Le but étant de faire parler de nous, de créer du débat afin de réaliser un effet boule de neige pouvant aussi atteindre les médias conventionnels.
Afin de faciliter la captation de l’attention des médias polémiste et de faciliter cet effet boule de neige la tromperie (ultérieurement révélée), sera utilisée. : des faux témoignages seront envoyés à ces médias par des étudiants déclarant ne plus pouvoir étudier dans ces conditions de « terreur ». De multiples comptes créés de toute pièce sur les réseaux sociaux multiplieront les postes et interaction liée à ces actions dans le but de séduire l’algorithme et de les mettre en avant et donc de gagner en visibilité.
Si cela ne suffit pas, une fausse agression physique d’un élève tentant d’empêcher un tag (ou une autre action) sera réalisée. Un autre membre du collectif contactera alors un média lui transmettant cette information munie d’une courte vidéo mal tourné et donc indébunkable typique des altercations courtes.
* **Concernant les primo-actions qui seront réalisés**
Des fenêtres déjà endommagées seront brisées : celle fendue, celle déjà partiellement casser où celle ne fermant plus totalement. Des tags seront réalisés à côté de ces fenêtres avec des phrases de type : « L’état abandonne ces étudiants, alors on ne vous laisse pas le choix d’isoler maintenant. » « Avec ou sans fenêtre, ce n'est pas isoler ». Le logo de notre collectif sera apposé par pochoir en plus d’un QR Code reliant nos réseaux sociaux et revendications. Le nombre de fenêtres brisé sera extrêmement limité. 3/4 tout au plus.
Des éléments déjà en piteux état seront dégrader. Dans une logique du « Si ça pend, tu tires dessus ».
- Les lieux insalubres seront tagués du logo, du QR code et de phrases humoristiques.
- Les serrures des bureaux des « VIP » de la fac seront sabotées. (cure-dents et colle forte). Si possible les portes seront-elles aussi tagués du logo et du QR code.
- Des oeufs pourris seront dissimulés dans les faux plafonds de l’administration.
- Des insectes seront relâchés dans ces mêmes locaux.
- Le mobilier de l’administration sera déplacé.
Le but sera de contrôler l’utilisation de ces actions en fonction des réactions de l’administration est des médias. De plus la rapidité avec laquelle les éléments endommagés dans les locaux de l’administration seront remplacés permettra de mettre en équivalence l’hypocrisie budgétaire.
Cette étape déterminera la suite de notre campagne de communication, soit nous aurons réussi à capter l’attention voulu et nécessaire, soit nous serons face à un pétard mouillé où en garde à vue.
**Troisième étape : pacifier le dialogue.**
La troisième des étapes des actions consiste à pacifier cette campagne. Les actions répréhensibles par la loi doivent majoritairement stopper. Notre registre d’action « choc » se déportera vers des actions plus pacifistes à nuisance réduite. Cet agenda pacifiste permettra de montrer notre ouverture au dialogue et permettra d'ouvrir le mouvement à tous les étudiants de la faculté. De plus, il est fort probable que l’administration cherchera à faire des exemples et mettra en place une sécurité renforcée : des fouilles aux entrées seront mises en place et les caméras de surveillance religieusement scrutées. L’anonymat n’est pas sans faille, continuer de réaliser des primo-actions à fort pouvoir de nuisance deviendra exponentiellement complexe et dangereux juridiquement parlant. Il faut donc les stopper avant de se faire stopper.
* **Le registre d’actions évoluera donc :**
Une tentative de mobilisation des étudiants aura lieu : des ressources seront fournies via les différents réseaux : les patrons des pochoirs des tags seront fournis. (Logo et QR Code). Une carte interactive sera créer afin de recenser les différents lieux insalubres de la faculté. Cette carte pourra donc être utilisée par l’administration si cette dernière cherche à faire changer les choses.

Une communication de masse aura lieu en physique via des tracts et sur nos réseaux : ressource factuelle sur l’état des infrastructures, témoignages, revendications d’action. Le but sera que les étudiants se concernent pour cette cause qui affecte leur quotidien. Pour faciliter la communication, des memes seront créer et utiliser.

Sur les réseaux le #UnivLilleNotIvyLeague sera créer en référence aux facultés de l’ivy league des États-Unis. Des photos des endroits insalubres seront partagées et les étudiants seront eux aussi invités à le faire.
Un tutoriel sera créé sur comment tager de manière discrète et sans risque ces endroits insalubre et sur comment les référencer. Si des fouilles ont lieu, le sharpie sera par exemple conseillé à la place de la bombe de peinture. Il sera aussi possible de récupérer directement le logo en format à imprimer. Permettant aux plus craintif de simplement coller une feuille de papier à l’endroit de cette dégradation.
Une action artistique à but communicationnelle sera créée : L’université de Lille souhaitant par sa fusion et ses éléments de langages ressembler au méga-fac américaine, une fausse cérémonie de remise des diplômes façons états-uniennes sera filmé dans l’enceinte de la faculté. Cette cérémonie embrassera l’impécuniosité des étudiants et faculté publique française. Un amphithéâtre du théâtre des passerelles sera choisi car rarement fermé à clé et de par ses qualités : tache d’humidité au plafond, fenêtre fendue, table dégradée. Les élèves seront représentés mal vêtit, frigorifier, munit de leur propre couvre chef. Le tapis sera fait de vieux rideaux troués. Le micro sera grésillant, tout comme la TV Cathodique affichant le nom des élèves appelés.
Enfin, sur les réseaux et en tract, le manifeste et nos revendications devront être continués d’être partagé.
**Quatrième étape : pérenniser.**
Pour atteindre nos revendications, le mouvement devra conserver le plus longtemps son momentum. Cette étape est la plus difficile à atteindre, mais aussi à réaliser.
Pour cela, un maintien du répertoire d’action similaire à l’étape 3 sera maintenue : Tag, carte interactive, communication sur les réseaux.
Un suivi des suites donné par la faculté sera organisé. Une tentative d’alliance avec les syndicats présents sur la faculté aura lieu afin de pouvoir profiter de leur ressource et main d’oeuvre.
Enfin, l’étape finale sera d’essayer de faire se reproduire ce mouvement dans d’autres facultés de France à l’aide des syndicats, des réseaux et possiblement par effet boule de neige.
