# B. L'émergence d’une pluralité de genres musicaux grâce aux nouveaux outils technologiques <style> #doc { text-align: justify </style> ### 1. Le mélange interculturel des styles musicaux dans le rap Les technologies ont donc amené une certaine démocratisation du matériel et de l’équipement nécessaire à la production musicale. L’accès à ceux-ci est aujourd’hui beaucoup facile donc théoriquement, plus d’artistes ont l’opportunité de créer ainsi plus d’influences artistiques sont mélangées au rap. Le beatmaking, généralement effectué par ce que l’on appelle des producteurs, est la création d’une instrumentale avec des sons numériques généralement présentés en packs (packs de batteries, packs de basses, packs de claviers). Le beatmaking est la composition nécessaire à l’enregistrement d’un son dans le milieu rap c’est-à-dire qu’en majorité, tous les sons de rap possèdent une instrumentale (sauf cas “a cappella”). Aujourd’hui, un producteur peut mettre une heure pour composer un beat, comme une journée ou quelques semaines. L’avantage pour les artistes notamment dans le rap, c’est qu’en général ils composent les beats avec les producteurs ce qui leur permet d’écrire leur texte en même temps. La maquette d’un morceau peut donc sortir en quelques heures. De plus, selon les influences et les inspirations des artistes, il est aujourd’hui possible de mélanger des sons anciens avec des sons modernes numériques. Ce mélange de style permet de retravailler, redéfinir et de proposer à nouveau, des couleurs musicales. C’est pourquoi on peut désormais constater que le rap va au-delà des frontières en terme d’adaptation musicale. Le rappeur français Lomepal a voulu se tourner vers un style de rap avec des textes qui se rapprochent de la chanson française. À l’origine, adepte des multi-syllabiques (fait de répéter plusieurs syllabes dans une rime), des assonances et des allitérations, il a ensuite encré ses textes avec des métaphores, des allégories et s’est davantage servit de l’implicite pour raconter des histoires. Le choix de ses productions et de ses instrumentales rappellent un côté rock moderne, tels que les Strokes dans les années 2000. Un autre artiste français, moins connu, propose lui aussi une musique moderne voire futuriste, avec des instruments rappelant les années 80 avec quelques teintes rétro. Il s’agit de *Muddy Monk*. Dans son dernier EP de 5 titres ***Ultra Tape***, le français propose une musique digitale, avec des claviers aux sonorités célestes ainsi qu’une voix aïgue, chantée, accompagnant doucement le son des instruments. Le chant est aujourd’hui largement retrouvé dans le domaine du rap, ce qui explique notamment les nouvelles collaborations entre les rappeurs et les chanteurs. De même, certains rappeurs comme *Lomepal* souhaitent se tourner à l’avenir vers le chant. Cette évolution du numérique n’est pas à dissocier complètement de l’évolution du rap qui s’est effectué quasiment dans les mêmes temps. En France dans les années 1990, le rap était largement politisé, on appelait cela du rap conscient. Aujourd’hui, nombreux sont les rappeurs qui utilisent le rap comme moyen d’expression pour raconter une histoire sans même avoir de revendications personnelles à faire valoir. La poésie est aussi une forme d’expression naissante dans le rap. Même si *MC Solaar*, *Les Sages Poètes de la Rue* ou encore *Oxmo Puccino*, formaient le paysage poétique du rap dans les années 1990, aujourd’hui la différence se ressent notamment dans les instrumentales. Ainsi, on peut entendre aujourd’hui des sons de rap comportant des instrumentales funk, rock, r’nb, soul ou encore électro. Les outils technologiques nous permettent aujourd’hui de reproduire ou de créer rapidement le son que l’on souhaite obtenir pour ensuite le mixer d’une manière à rediriger la tournure du son. C’est ce qui explique le mélange des cultures musicales, historiques et sociales qui se retrouve dans cette culture urbaine qui est le rap. Cela existait déjà au début des années 2000 avec des artistes comme *Alicia Keys*, *Beyoncé* ou encore *Rihanna* puis dans les années 2010 avec *Daniel Caesar* ou *Frank Ocean*, qui sont tous liés de près ou de loin à la culture rap. Le **Global Culturals Network** et son partenaire **Shenzhen-Qianhai MAH Global Cultural Consulting Company** en charge de la promotion culturelle des dialogues et des échanges entre les continents et particulièrement entre les communautés en Chine, a étudié l’impact de la musique dans la culture, dans son article “La musique comme vecteur de dialogue entre les cultures”. Premièrement, il était soutenu que la musique est bien un facteur de promotion du dialogue interculturel car elle permet aux hommes de se rapprocher dans les situations de conflit ou de post-conflit et peut également jouer un rôle thérapeutique. Ensuite, la discussion s’est poursuivi sur la musique et le dialogue interculturel. Les présentations ont porté respectivement sur les langues véhiculaires musicales, l’harmonisation des différences et les systèmes socioculturels. La question a été débattue des musiques globalisées et du vide culturel qu’elles pourraient provoquer. Il est donc important de promouvoir les échanges accompagnés de séances d’explication sur le contexte dans lequel la musique est produite, tout en essayant d’esseuler les dénominateurs communs entre les traditions musicales et la nécessité de décanter les systèmes socioculturels pour la bonne compréhension de la musique par les autres cultures. ![](https://i.imgur.com/7x0ojzl.jpg) ### 2. Une utilisation diminuée des outils musicaux analogiques Certes les outils numériques ont apporté une réelle diversité dans les choix de création artistique des artistes mais cela au profit de l’abandon des outils organiques anciennement utilisés. Il existe trois étapes majeures pour la réalisation d’un morceau/bande sonore : l’enregistrement, le mixage et le mastering. Le mixage et mastering sont généralement réalisés par des ingénieurs du son compétents dans leur domaine car il s’agit de métiers aux compétences et techniques différentes. Un son considéré comme dans son “état naturel” tel un rire, un orage, une explosion, est considéré comme analogique. Il en va de même pour tous les instruments dits « classiques » tels que la guitare sèche, le piano, le violon etc. La différence entre un son analogique et un son numérique se distingue notamment lors de l’enregistrement. En théorie, pour un son analogique, le signal va être reproduit en suivant de la manière la plus fidèle possible les courbes de l’onde sonore originale. Pour le dire plus simplement, l’analogique va “recopier” l’onde sonore originale. Dans la pratique, le son analogique est obtenu via des appareils spécialisés tels que les magnétophones ou les enregistreurs multipistes. Tous les groupes des années 70 comme les *Beatles* ou les *Rolling Stones* ont eu recours à ce type d’enregistrement. Le son numérique est quant à lui obtenu par l’intermédiaire de l’informatique. En résumé, si un ordinateur intervient dans la chaîne de production d’un son, le son sera de nature numérique. Par exemple, si vous enregistrez votre guitare électrique sur votre ordinateur, ce sera du son numérique. Si vous composez directement un beat de batterie par l’intermédiaire de votre logiciel, ce sera la même chose. C’est également le cas pour les CD et les mp3 que vous écouterez sur votre ordinateur : tout sera au format numérique. Aujourd’hui avec l’omniprésence de l’ordinateur dans notre quotidien (et dans le processus de composition musicale), la majorité des sons entendus sont numériques. C’est pourquoi le numérique a pris la place de l’analogique qui est aujourd’hui rarement utilisé ou bien lorsque l’on a besoin de produire des morceaux acoustiques qui n’ont pas besoin de retouches. Cela est notable de part le rap qui n’a pas forcément besoin de guitares, basses et batteries pour l’élaboration d’un son et même pour le jouer sur scène. Cela se fait par des boîtes à rythme, des logiciels intégrés aux ordinateurs ou bien des claviers synthétiseurs.
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