# I – L'organisation sanitaire des services documentaires <div style="text-align: justify"> L’État français a réagi en instaurant des mesures lorsque l’urgence sanitaire a été déclarée. En effet, ces  mesures gouvernementales ont été prises pour limiter la propagation du virus. Parmi les mesures concernant les centres de documentation, figurent notamment l’interdiction d’accueillir les usagers. ## A. La fermeture des centres de documentation au public Parmi les premières mesures prises par le gouvernement, figurent les dispositions relatives à la fermeture des établissements dit « non-essentiels ». En effet, les centres de documentation se sont vu interdire de recevoir du public suite à l’entrée en vigueur de l’arrêté du 14 mars 2020. Cet arrêté dispose : >“Afin de ralentir la propagation du virus covid-19, les établissements relevant des catégories mentionnées à l’article GN1 de l’arrêté du 25 juin 1980 susvisé figurant ci-après ne peuvent plus accueillir du public jusqu’au 15 avril 2020 : >\[…\] >\-   au titre de la catégorie S : Bibliothèques, centres de documentation ; >\[…\] >V.-Les dispositions du présent article sont applicables sur le territoire de la République.” Néanmoins, cet arrêté n’a pas mentionné l’arrêt des activités au sein des centres de documentation. En effet, durant les confinements, une majorité de professionnels ont continué leurs activités. Cependant, la manière de travailler des documentalistes a été influencée par la pandémie. Le 16 mars 2020, Emmanuel Macron a exprimé la nécessité pour les entreprises de faciliter le travail à distance pour leurs salariés et, lorsque ce n’est pas possible, d’adapter leur organisation afin de faire respecter les gestes barrières. Un communiqué de presse à été publié par le Ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. Ce communiqué reprend les propos exprimés par le Premier Ministre et le Président de la République Française. Il contient notamment plus de précision au sujet des règles de distanciation prévues pour les salariés dans l’incapacité de télétravailler : >“Les gestes barrière et les règles de distanciation au travail sont impératifs. >Les entreprises sont invitées à repenser leurs organisations pour :   - Limiter au strict nécessaire les réunions :   - la plupart peuvent être organisées à distance ;   - les autres doivent être organisées dans le respect des règles de distanciation ; - Limiter les regroupements de salariés dans des espaces réduits.   - Les déplacements non indispensables doivent être annulés ou reportés - L’organisation du travail doit être au maximum adaptée, par exemple la rotation d’équipes.” Ces règles ont permis d’éviter tout contact inutilement risqué entre salariés dans le but d’éviter une contamination. Elles ont participé à l’aménagement des espaces de travail des professionnels afin qu’ils puissent travailler en toute sécurité. Par ailleurs, ce même communiqué nous informe également des dispositions relatives aux parents d’enfants âgés de moins de 16 ans : >“le télétravail, lorsqu’il est possible, est la solution la plus adaptée ;   >si le télétravail n’est pas possible et que vous n’avez pas de solutions de garde pour vos enfants de moins de 16 ans, vous pouvez demander un arrêt de travail indemnisé, sans délai de carence, et valable le temps que durera la fermeture de la structure d’accueil de votre enfant.” En raison de la fermeture des établissements scolaires et universitaires, de nombreux professionnels ont été confinés en famille. Cet extrait, en plus d’informer les parents, soulève la possibilité que des professionnels soient dans l’incapacité de travailler durant le premier confinement. Une enquête au sujet de l’influence du COVID-19 sur les services documentaires a été menée au sein du réseau des documentalistes des Instituts Régionaux de Formation Sanitaire et Sociale (IRFSS) de la Croix-Rouge. Cette enquête, sous la forme d’un questionnaire, a été envoyée à une cinquantaine de documentalistes faisant partie du réseau CREADOC, le réseau des documentalistes des IRFSS de la Croix-Rouge. Sur environ 50 professionnels, 22 ont répondu anonymement au sondage. Ce questionnaire a permis d’obtenir des données chiffrées permettant d’appuyer ce propos : Avez-vous pu travailler durant le premier confinement ? <div style="text-align: center"> ![](https://i.imgur.com/aobc27z.png) </div> Tous les schémas ont été produits et appartiennent à l’auteur, Mouhime Fatima-Zohra. Parmi les 22 documentalistes ayant répondu au sondage, quatre d’entre eux (18,2%) n’ont pas pu travailler durant le premier confinement. Néanmoins, parmi les documentalistes ayant tout de même travaillé, il n’y a qu’un seul documentaliste ayant travaillé en présentiel. Deux autres ont travaillé en hybride : un rythme de travail mélangeant présentiel et distanciel. Le reste des répondants au sondage a travaillé en distanciel durant le premier confinement. Ces résultats confirment en premier lieu qu’une minorité de documentalistes n’ont pas pu télétravailler et en second lieu qu’un fragment appartenant à cette minorité n’a pas pu travailler durant le premier confinement. Les professionnels ayant pu exercer leur métier ont tout d’abord travaillé dans des conditions assez floues. Ce qui est compréhensible puisque les dispositions prises par le gouvernement manquaient de précision. C’est ce qui a poussé les professionnels à s’interroger sur la manière de travailler durant le premier confinement. Si bien que les échanges entre professionnels se sont multipliés sur les réseaux sociaux \[JOST (2020a)\]. Ces échanges ont porté sur divers sujets comme le télétravail, la situation sanitaire, les tâches effectuées ou encore l’organisation des établissements où travaillaient chacun. Par ailleurs, l’impossibilité de travailler a été exprimée par certains. Les raisons ont également été mentionnées dans les échanges. Parmi elles, figurent notamment le manque de moyens techniques ou encore l’impossibilité d’utiliser le logiciel métier à distance. Concernant les confinements suivants, 100% des documentalistes des IRFSS de la Croix-Rouge ayant été interrogés ont travaillé. Parmi eux, une majorité a opté pour le travail en hybride comme le montre ce graphique. Avez-vous travaillé en… <div style="text-align: center"> ![](https://i.imgur.com/x27lfdG.png) </div> On constate tout de même qu’une minorité, soit 4 documentalistes sur les 22 ayant répondu au sondage, est retournée à un rythme de travail en présentiel. Néanmoins, le travail en présentiel a nécessité un encadrement que le Ministère du Travail a pu instaurer grâce au protocole sanitaire en entreprise. Ce protocole a été maintes fois actualisé au cours de ces deux dernières années en fonction de la progression des connaissances sur le COVID-19 et son mode de propagation. Il contient des mesures concernant le port du masque au sein des locaux, les jauges de personnes occupant une pièce, l’aération régulière des pièces ou encore le lavage systématique des mains. Les règles sanitaires appliquées en entreprise ne diffèrent pas de celles appliquées au sein des services documentaires. ## B. La réouverture des centres de documentation Les centres de documentation ont rouvert progressivement au cours de ces deux dernières années. Tout d’abord, les espaces documentaires sont restés fermés au public lors du premier déconfinement. Cependant le législateur a permis aux usagers d’accéder aux centres de documentation afin de retirer et de déposer des ouvrages. En effet, l’article 1 du Décret n° 2020-604 du 20 mai 2020 dispose : >“« IV.-L’accueil des usagers dans les établissements d’enseignement supérieur mentionnés au livre VII du code de l’éducation et dans les autres organismes de formation militaire supérieure est autorisé aux seules fins de permettre l’accès :   >\[…\] >« 3° Aux services de prêt des bibliothèques et centres de documentation, aux seules fins de retrait ou de dépôt d’ouvrages ; >\[…\]” Cette unique directive a donné lieu à la création d’un système de “Click & Collect”. Ce système consiste, pour les documentalistes, à préparer une commande que l’usager a passé sur l’OPAC ou par courriel. Une fois prête, les documents sont récupérés par l’usager qui est brièvement accueilli dans ou à l’extérieur du centre de documentation. Ce système a notamment été utilisé par le Service Commun de Documentation du Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux. Ce n’est que quelques jours plus tard que les usagers se sont vu autoriser l’accès aux centres de documentation appartenant à l’enseignement supérieur. Le décret n° 2020-663 du 31 mai 2020, dans son article 34, dispose : >“L’accueil des usagers dans les établissements d’enseignement supérieur mentionnés au livre VII de la troisième partie du code de l’éducation et dans les autres organismes de formation militaire supérieure est autorisé aux seules fins de permettre l’accès :   >\[…\] >3° Aux bibliothèques et centres de documentation ;   >\[…\]” Cet article ne précise pas les modalités d’accueil au sein des centres de documentation de l’enseignement supérieur. Néanmoins, l’accueil des usagers a été encadré par les règles d’hygiène et de distanciation comme le mentionne l’article 36 du même décret \[Légifrance (2020a)\]. Le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020, jour précédent le deuxième confinement, réduit à nouveau les modalités d’accueil des usagers au sein des centres de documentation. Ses articles 34 et 45 disposent que l’accès aux services documentaires devra se faire sur rendez-vous \[Légifrance (2020b)\]. Or, ce même décret sera modifié par le décret du 27 novembre 2020 qui, dans son article 45, autorise désormais l’accueil des usagers sous le respect des règles sanitaires \[Légifrance (2020c)\]. Les usagers ont pu être accueillis au sein des centres de documentation à condition de porter le masque, d’occuper une place assise et de respecter les règles de distanciation. Cette même distanciation a donné lieu à la mise en place de jauges limitant le nombre d’usagers au sein des services documentaires. Certains centres de documentation ont vu leur capacité d’accueil diminuer de plus de 50 %. Par la suite, les horaires d’ouverture des services documentaires seront plus ou moins impactés par le décret du 14 décembre 2020. Les horaires devaient  être compris entre 6 heures et 20 heures, probablement car influencé par le couvre feu mis en place le 15 décembre 2020 \[Daudrix (2020)\]. Aussi, d’autres modalités concernant l’accueil des usagers ont été instaurées au sein de ces établissements comme la mise place d’un sens de circulation grâce à un marquage au sol, la mise en place d’une signalétique indiquant le nombre d’usagers maximal pouvant être accueillis, etc. La publication du décret du 2 avril 2021 a modifié encore une fois les modalités d’accueil des usagers au sein des services documentaires. Les usagers ont dû à nouveau prendre rendez-vous pour accéder aux centres de documentation. Le retrait et la restitution de documents sur réservation étaient à privilégier (Légifrance 2021). La mise en place du passe sanitaire, par le décret du 1er juin 2021, a modifié les modalités d’accueil des usagers dans les centres de documentation. A l’exception des usagers accédant à l’établissement pour des motifs professionnels ou à des fins de recherches, les usagers ont été soumis au contrôle du passe sanitaire. Cette exception a été illustrée par les résultats de l’enquête menée auprès des documentalistes des IRFSS de la Croix-Rouge. Avez-vous soumis vos usagers au contrôle du passe sanitaire/vaccinal ? <div style="text-align: center"> ![](https://i.imgur.com/lSKQkbq.png) </div> Puisque les espaces documentaires des IRFSS de la Croix-Rouge sont destinés à accueillir des étudiants et des professionnels, il est logique de voir qu’une majorité des espaces documentaire n’ont pas procédé au contrôle des passe sanitaires. Par ailleurs, les dispositions concernant le pass vaccinal dans les centres de documentation sont exactement les mêmes \[Légifrance (2022)\] Ces deux dernières années, la pandémie a influencé l’organisation sanitaire des services documentaires. Les modalités d’accueil des usagers ont été impactés par le règlement sanitaire ainsi que le passe sanitaire, puis le passe vaccinal. Les documentalistes ont vu leur conditions de travail changer avec les mesures instaurées par le gouvernement. Cependant, la pandémie a également impacté le quotidien des professionnels. </div>
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