<style> .markdown-body { text-align: justify } </style> ###### tags: `partie 2` # Entre combat contre la nudité et indignation ## Censure sur les réseaux sociaux Afin d’éviter des abus, les réseaux sociaux ont instauré des règles permettant la censure de certains contenus comme les *nudes* publiés en post, c’est-à-dire à travers non pas des messages privés, mais à travers des publications accessibles à tout le monde. Chaque réseau social impose ses propres conditions d’utilisation. Tout d’abord, ceux-ci refusent d’utiliser le terme de censure dans leurs conditions d’utilisation, afin que les internautes ne se sentent pas limités dans l’utilisation du réseau social en question. L'invisibilisation du terme permet ainsi de maintenir une bonne réputation de ces derniers même si, comme nous le verrons plus tard, les actes ne suivent pas forcément la liberté d’expression promise dans les conditions d’utilisation que chaque internaute accepte avant de s’inscrire. Tous les réseaux sociaux souhaitent que les détenteurs d’un compte ne ventent pas la pornographie ou toute autre forme d’abus (alcool, tabac…). L’arrivée du *revenge porn* sur les réseaux sociaux a provoqué l’intervention des Etats afin de faire valoir le respect de la vie privée sur ceux-ci. Effectivement, aux Etats-Unis [l’intervention](https://o.nouvelobs.com/high-tech/20120216.OBS1625/reseaux-sociaux-qui-censure-quoi.html#)^27^ de l’agence indépendante de la Federal Trade Commission (FTD) oblige désormais Facebook à des audits qui seront réalisés régulièrement pour éviter tout débordement de la part du réseau social. De plus, l’Union Européenne compte également renforcer ces lois sur le respect de la vie privée pour éviter les cas de *revenge porn*. Au cas par cas, nous pouvons voir que Facebook et Instagram fonctionnent de la même façon. Ces deux réseaux sociaux ont créé un algorithme détectant le pourcentage de peau qui apparaît sur la photographie postée, permettant alors, ou non, sa publication. L’algorithme vient donc analyser la photographie lorsqu’elle est publiée et si celle-ci dépasse un trop grand pourcentage de peau apparaîssant, la publication est immédiatement supprimée du compte de la personne l’ayant publiée. En plus de cela, un signalement est créé à propos du compte en question ; ainsi, en cas de récidives trop nombreuses de la part de cette personne, son compte est automatiquement signalé et supprimé. Les [méthodes de censure](https://www.lemonde.fr/blog/lunettesrouges/2019/11/01/controverses-censures-et-le-politiquement-correct/)^28^ sont pourtant la cause d'inégalités sur les réseaux sociaux, et interrogent quant à la légitimité d'un certain type de corps sur ces réseaux. En Février 2020 Instagram et Facebook ont encore [censuré](https://www.francetvinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/facebook/facebook-et-instagram-critiques-pour-avoir-censure-la-une-du-magazine-telerama-sur-la-grossophobie_3817809.html)^29^ une image dénonçant la grossophobie, il s’agissait de la couverture d’un numéro de Télérama présentant un *nude* de Leslie Barbara Butch qu'Instagram a censuré. La limite de leur algorithme est donc ici bien représentée, car une personne considérée comme « grosse », ayant donc une corpulence plus développée, expose dans ses photos plus de peau. Bien que la photo soit donc tout à fait acceptable en termes de publication, celle-ci sera censurée en raison d'un trop grand pourcentage de peau détecté et considérée comme étant du contenu pornographique et donc contraire aux conditions d’utilisation. Les réseaux sociaux sont donc [accusés](http://www.francesoir.fr/lifestyle-bien-etre/instagram-censure-t-il-les-personnes-en-surpoids)^30^ d'être grossophobes. Même si, suite aux nombreuses contestations de cette censure, la publication fut rétablie, elle montre également les limites des algorithmes des réseaux sociaux censés éviter les débordements. ![](https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/styles/simplecrop1000/public/teld3656_001_v1.jpg?itok=6UbhWvVB&sc=47d4b1864b8df36cbdd9f2c99bc208c6) Facebook va encore [plus loin](https://www.blogdumoderateur.com/facebook-process-moderation-censure/)^31^ dans la censure puisqu’il va même jusqu’à s’introduire dans les messages privés et empêcher l’envoi de certains contenus tels que des *nudes* pour [éviter le harcèlement](https://o.nouvelobs.com/high-tech/20120216.OBS1625/reseaux-sociaux-qui-censure-quoi.html#)^27^ qui peut surgir comme nous avons pu le voir précédemment. En effet, il arrive que certaines personnes reçoivent des contenus censurés contre leur gré, notamment des messages évoquant de la drogue, du téléchargement illégal avec par exemple The Pirate Bay ou encore des arnaques. Lorsqu’un abus est commis de la part d'un usager sur Facebook, il est enregistré sur une liste noire. Afin de rendre les choses [plus claires](https://korii.slate.fr/et-caetera/facebook-regles-nudite-histoire-reseau-polemiques)^32^ pour ses utilisateurs, il est indiqué : > "La confidentialité de nos utilisateurs est de la plus haute importance pour nous. Nous travaillons avec les autorités dans la mesure requise par la loi [...] Nous ne divulguons le contenu d'un compte (messages, publications sur le mur, photos, etc.) qu'en réponse à une citation à comparaître ou une ordonnance de tribunal." Dans un autre communiqué, quelques explications sont ajoutées sur les contenus que le réseau social estime être à tendance pornographique : > "Si la publication d’éléments contenant de la nudité va à l’encontre des conditions d’utilisation de Facebook, il est parfois difficile de faire la distinction entre ce qui relève de l’art et de la pornographie". Afin d’éviter toute polémique concernant certaines suppressions de *nudes*, il explique son fonctionnement > "Nos équipes vérifient des millions de signalements par jour et notre système est l’un des plus efficaces du web. Malheureusement, il arrive parfois que nos équipes retirent du contenu par erreur […] Dans ce genre de cas, nous permettons aux utilisateurs de faire appel de la décision et si nos équipes se sont trompées, elles rétablissent le contenu supprimé dans les plus brefs délais." Facebook a donc constitué des équipes spécialisées dans certains types de publications, dont les *nudes*, afin d'éviter le *revenge porn* mais aussi pour éviter une censure abusive et ainsi évoluer avec le temps. Quant à Instagram, rien n’indique qu’il ne s’immisce pas dans les messages privés mais il est expliqué que le réseau s'accorde le droit de fermer le compte d'un utilisateur dont les propos ou contenus seraient considérés comme inadéquats avec les conditions d'utilisation du réseau social, et indiquent clairement dans ces conditions : >"Nous nous réservons le droit de refuser le service pour n’importe quelle raison, à n’importe quel moment." Tout comme Facebook, Instagram n'échappe pas à la polémique, à cause notamment de [son algorithme](https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/instagram-discrimine-t-il-les-personnes-corpulentes-lorsqu-il-y-a-nudite-7800548977)^33^, à cause duquel [la publication d’œuvre d’art](https://www.huffingtonpost.fr/2013/05/20/journee-nu-facebook-censure-art_n_3305610.html?utm_hp_ref=fr-censure-facebook)^34^ est même impossible dès lors qu'apparaissent des tétons ou organes féminins, comme sur le tableau *L’origine du monde* de Gustave Courbet. Cependant, lorsqu’une publication est censurée et supprimée, Instagram envoie le message suivant : « Votre publication ne respecte pas les standards de la communauté », se pose donc la question de quels sont les standards de la communauté et si la censure ne va pas à l’encontre de l’évolution de la société. Twitter, lui non plus, n’utilise en aucun cas le terme de « censure » mais celui de « retenue ». Il est indiqué dans un communiqué que le réseau s'accorde désormais le droit de supprimer et bloquer des tweets considérés comme non convenables. Mais cette censure peut changer en fonction du pays, de ses standards et de ses lois. En effet, les lois imposées par les Etats obligent la plupart du temps aux réseaux sociaux de [collaborer](https://o.nouvelobs.com/high-tech/20120216.OBS1625/reseaux-sociaux-qui-censure-quoi.html#)^27^ pour des raisons de sécurité, notamment afin de lutter contre le *revenge porn* ou l’abus de l’exposition du corps qui n’est pas toujours autorisée dans certains pays. Twitter l’écrit dans ses conditions d’utilisation : « Twitter se réserve le droit d'accéder, de lire, de conserver et de divulguer toute information jugée nécessaire pour respecter les lois ou exigences gouvernementales » Tumblr, lui, a été un des seuls réseaux sociaux à ne pas censurer les contenus considérés comme des étant *nudes* par certains, et comme des contenus pornographiques par d’autres. Cependant, il a été décidé en 2018 de [changer](https://www.numerama.com/tech/449480-des-membres-de-tumblr-ne-peuvent-plus-voir-leur-propre-site-a-cause-du-blocage-anti-nudite.html)^35^ les conditions d’utilisation et le réseau social prévient que si un compte est signalé comme étant à l'origine de publications de contenu à caractère pornographique, ce dernier sera suspendu. Pour prévenir l’utilisateur lorsque son compte est suspendu, Tumblr fait parvenir le message suivant « Ce Tumblr peut comporter des contenus de nature délicate. » Alors que tous les réseaux sociaux se mettent à changer leurs conditions d’utilisation afin de limiter des contenus trop dénudés et parfois abusifs, Snapchat, lui, [explique](https://www.ladn.eu/archives/more-than-just-apps/fleek-snapchat-sans-censure-mais-avec-derives/)^36^ que sa plateforme étant une plateforme de messages majoritairement privés, il est difficile de s'immiscer dans la vie privée des utilisateurs et ainsi d'appliquer une quelconque censure. Ce choix est expliqué dans un communiqué : > « Si une photo gênante est publiée, il est compliqué de se retourner contre son auteur, puisqu’il n’est pas possible de savoir qui c’est ». Bien que les réseaux sociaux et les lois jouent un rôle essentiel dans la censure, les internautes ont également un rôle très important à jouer, puisque ce sont leurs signalements qui permettent également aux équipes de supprimer du contenu qu’ils peuvent trouver inapproprié. En effet, une option est incluse sur les publications depuis plusieurs années désormais afin que chacun puisse signaler du contenu pour différentes raisons. Cependant, il est utile de se questionner quant à ce que les internautes et les réseaux sociaux considèrent comme étant du contenu indésirable, notamment en ce qui concerne la nudité, et si cette censure est légitime et ne mérite pas parfois d'être remise en question. ## Combat contre la censure Afin de lutter contre les contenus à tendance pornographique sur les réseaux sociaux, ces derniers ont mis en place des restrictions, mais celles-ci peuvent souvent s’avérer excessives. Afin de combattre ces excès, plusieurs mouvements ont été créés sur les médias sociaux pour faire avancer la société et sa vision de la nudité. La plupart de ces mouvements sont féministes car bien souvent, cette censure concerne des photos de femmes qui se montrent le torse nu, alors qu'une même photo avec un homme ne fera pas l'objet d'une restriction. Tout d’abord, il y a eu le mouvement [#FreeTheNipples](https://www.instagram.com/explore/tags/freethenipple/) traduit en français par "Libérons les mamelons" (le mamelon est une partie du sein chez la femme et une partie sur les pectoraux de l’homme). Ce mouvement avait pour but de banaliser les tétons des femmes au même titre que ceux des hommes, et de faire en sorte que les réseaux sociaux arrêtent de les censurer sur des photographies qui n’ont rien de pornographique. Cette censure a scandalisé la toile d’Instagram, car le géant américain ne censure pas les mamelons des hommes mais uniquement ceux des femmes. Il y a ici une hypersexualisation du corps féminin car les mamelons sont les mêmes chez les hommes et les femmes, mais la poitrine d’une femme a toujours été considérée comme un tabou et comme un objet intime à cacher. Selon [Télérama](https://www.telerama.fr/medias/grossophobie-contre-la-censure-des-reseaux-sociaux,-postez-la-une-de-telerama,n6601971.php)^37^ >« Les algorithmes de Facebook, Instagram et consorts n'aiment pas la nudité, même quand elle n'a rien de pornographique […] ne montre ni sexe ni téton, évidemment, mais beaucoup de peau. Trop, apparemment, pour les réseaux sociaux ». Télérama parle ici de l’hypersexualisation qui est faite du corps des femmes sur les réseaux sociaux, par ailleurs du corps en général même si celui des femmes est plus souvent visé. Effectivement, Instagram regorge de photographies d’hommes torse nu qui ne sont jamais censurées, en revanche les seins des femmes, eux, le sont. De ce fait est né le hashtag #FreeTheNipples qui se bat contre l’érotisation de la poitrine de la femme. [Ce mouvement](https://fr.wikipedia.org/wiki/Free_the_Nipple)^38^ existe depuis 2012 mais il est apparu sur les réseaux sociaux en 2014. Lorsque le mouvement apparaît ce sont des photos des femmes du monde entier qui postent des photos seins nus. Ce mouvement prend encore plus d’ampleur lorsque des célébrités, d’abord américaines, puis du monde entier, se joignent au mouvement. Des stars telles que Lena Dunham, Chelsea Handler, Rihanna ou encore Chrissy Teigen ont posté sur les réseaux sociaux des photos avec pour légende le hashtag en question. Le mouvement a duré quelques mois puis s’est peu à peu estompé mais Miley Cyrus a donné un nouvel élan à celui-ci, puisqu’elle se met également à poster une photo avec le hashtag afin de [relancer](https://www.cosmopolitan.fr/,freethenipple-miley-cyrus-rejoint-le-front-de-liberation-des-tetons-sur-instagram,1911299.asp)^39^ le mouvement. <i> <p style="text-align:center";> <img src= https://pbs.twimg.com/media/B56nT6qCAAEhxtP.jpg> </p> </i> *Figure 7 - Nude tiré du compte Instagram de Miley Cyrus réalisé pour le mouvement #FreeTheNipple © Instagram Miley Cyrus* D'autres stars très influentes telles que Madonna [continuent](https://www.huffingtonpost.fr/entry/madonna-insta-choc_fr_5ecb887cc5b6f1b45bb09857)^40^ de mettre les réseaux sociaux à l'épreuve en dévoilant les tétons féminins. <blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/CAicUpKBwTt/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="12" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);"><div style="padding:16px;"> <a href="https://www.instagram.com/p/CAicUpKBwTt/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" background:#FFFFFF; line-height:0; padding:0 0; text-align:center; text-decoration:none; width:100%;" target="_blank"> <div style=" display: flex; flex-direction: row; align-items: center;"> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 40px; margin-right: 14px; width: 40px;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; margin-bottom: 6px; width: 100px;"></div> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; width: 60px;"></div></div></div><div style="padding: 19% 0;"></div> <div style="display:block; height:50px; margin:0 auto 12px; width:50px;"><svg width="50px" height="50px" viewBox="0 0 60 60" version="1.1" xmlns="https://www.w3.org/2000/svg" xmlns:xlink="https://www.w3.org/1999/xlink"><g stroke="none" stroke-width="1" fill="none" fill-rule="evenodd"><g transform="translate(-511.000000, -20.000000)" fill="#000000"><g><path d="M556.869,30.41 C554.814,30.41 553.148,32.076 553.148,34.131 C553.148,36.186 554.814,37.852 556.869,37.852 C558.924,37.852 560.59,36.186 560.59,34.131 C560.59,32.076 558.924,30.41 556.869,30.41 M541,60.657 C535.114,60.657 530.342,55.887 530.342,50 C530.342,44.114 535.114,39.342 541,39.342 C546.887,39.342 551.658,44.114 551.658,50 C551.658,55.887 546.887,60.657 541,60.657 M541,33.886 C532.1,33.886 524.886,41.1 524.886,50 C524.886,58.899 532.1,66.113 541,66.113 C549.9,66.113 557.115,58.899 557.115,50 C557.115,41.1 549.9,33.886 541,33.886 M565.378,62.101 C565.244,65.022 564.756,66.606 564.346,67.663 C563.803,69.06 563.154,70.057 562.106,71.106 C561.058,72.155 560.06,72.803 558.662,73.347 C557.607,73.757 556.021,74.244 553.102,74.378 C549.944,74.521 548.997,74.552 541,74.552 C533.003,74.552 532.056,74.521 528.898,74.378 C525.979,74.244 524.393,73.757 523.338,73.347 C521.94,72.803 520.942,72.155 519.894,71.106 C518.846,70.057 518.197,69.06 517.654,67.663 C517.244,66.606 516.755,65.022 516.623,62.101 C516.479,58.943 516.448,57.996 516.448,50 C516.448,42.003 516.479,41.056 516.623,37.899 C516.755,34.978 517.244,33.391 517.654,32.338 C518.197,30.938 518.846,29.942 519.894,28.894 C520.942,27.846 521.94,27.196 523.338,26.654 C524.393,26.244 525.979,25.756 528.898,25.623 C532.057,25.479 533.004,25.448 541,25.448 C548.997,25.448 549.943,25.479 553.102,25.623 C556.021,25.756 557.607,26.244 558.662,26.654 C560.06,27.196 561.058,27.846 562.106,28.894 C563.154,29.942 563.803,30.938 564.346,32.338 C564.756,33.391 565.244,34.978 565.378,37.899 C565.522,41.056 565.552,42.003 565.552,50 C565.552,57.996 565.522,58.943 565.378,62.101 M570.82,37.631 C570.674,34.438 570.167,32.258 569.425,30.349 C568.659,28.377 567.633,26.702 565.965,25.035 C564.297,23.368 562.623,22.342 560.652,21.575 C558.743,20.834 556.562,20.326 553.369,20.18 C550.169,20.033 549.148,20 541,20 C532.853,20 531.831,20.033 528.631,20.18 C525.438,20.326 523.257,20.834 521.349,21.575 C519.376,22.342 517.703,23.368 516.035,25.035 C514.368,26.702 513.342,28.377 512.574,30.349 C511.834,32.258 511.326,34.438 511.181,37.631 C511.035,40.831 511,41.851 511,50 C511,58.147 511.035,59.17 511.181,62.369 C511.326,65.562 511.834,67.743 512.574,69.651 C513.342,71.625 514.368,73.296 516.035,74.965 C517.703,76.634 519.376,77.658 521.349,78.425 C523.257,79.167 525.438,79.673 528.631,79.82 C531.831,79.965 532.853,80.001 541,80.001 C549.148,80.001 550.169,79.965 553.369,79.82 C556.562,79.673 558.743,79.167 560.652,78.425 C562.623,77.658 564.297,76.634 565.965,74.965 C567.633,73.296 568.659,71.625 569.425,69.651 C570.167,67.743 570.674,65.562 570.82,62.369 C570.966,59.17 571,58.147 571,50 C571,41.851 570.966,40.831 570.82,37.631"></path></g></g></g></svg></div><div style="padding-top: 8px;"> <div style=" color:#3897f0; font-family:Arial,sans-serif; font-size:14px; font-style:normal; font-weight:550; line-height:18px;"> Voir cette publication sur Instagram</div></div><div style="padding: 12.5% 0;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: row; margin-bottom: 14px; align-items: center;"><div> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; height: 12.5px; width: 12.5px; transform: translateX(0px) translateY(7px);"></div> <div style="background-color: #F4F4F4; height: 12.5px; transform: rotate(-45deg) translateX(3px) translateY(1px); width: 12.5px; flex-grow: 0; margin-right: 14px; margin-left: 2px;"></div> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; height: 12.5px; width: 12.5px; transform: translateX(9px) translateY(-18px);"></div></div><div style="margin-left: 8px;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 20px; width: 20px;"></div> <div style=" width: 0; height: 0; border-top: 2px solid transparent; border-left: 6px solid #f4f4f4; border-bottom: 2px solid transparent; transform: translateX(16px) translateY(-4px) rotate(30deg)"></div></div><div style="margin-left: auto;"> <div style=" width: 0px; border-top: 8px solid #F4F4F4; border-right: 8px solid transparent; transform: translateY(16px);"></div> <div style=" background-color: #F4F4F4; flex-grow: 0; height: 12px; width: 16px; transform: translateY(-4px);"></div> <div style=" width: 0; height: 0; border-top: 8px solid #F4F4F4; border-left: 8px solid transparent; transform: translateY(-4px) translateX(8px);"></div></div></div></a> <p style=" margin:8px 0 0 0; padding:0 4px;"> <a href="https://www.instagram.com/p/CAicUpKBwTt/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" color:#000; font-family:Arial,sans-serif; font-size:14px; font-style:normal; font-weight:normal; line-height:17px; text-decoration:none; word-wrap:break-word;" target="_blank">Current Wardrobe Sitch..................And for those of you who are offended in any way by this photo then I want to let you know that I have successfully graduated from the University of Zero F*^ks Given. Thanks for coming to my Graduation Ceremony! 🎓 Class of 2020! 🎉🎉🎉 @stevenkleinstudio</a></p> <p style=" color:#c9c8cd; font-family:Arial,sans-serif; font-size:14px; line-height:17px; margin-bottom:0; margin-top:8px; overflow:hidden; padding:8px 0 7px; text-align:center; text-overflow:ellipsis; white-space:nowrap;">Une publication partagée par <a href="https://www.instagram.com/madonna/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" color:#c9c8cd; font-family:Arial,sans-serif; font-size:14px; font-style:normal; font-weight:normal; line-height:17px;" target="_blank"> Madonna</a> (@madonna) le <time style=" font-family:Arial,sans-serif; font-size:14px; line-height:17px;" datetime="2020-05-23T17:07:08+00:00">23 Mai 2020 à 10 :07 PDT</time></p></div></blockquote><script async src="//www.instagram.com/embed.js"></script> Sur les réseaux sociaux, une réelle solidarité s’est mise en place à la suite du lancement de ce hashtag. Lorsqu'Adda Þóreyjardóttir Smáradóttir, qui se trouve être la présidente de l'association The Feminist society, [souhaite](https://www.konbini.com/fr/tendances-2/soko-mouvement-free-nipple-populaire/)^41^ mettre en place une journée mondiale pour la libération du corps féminin s’inspirant des mouvements qui avaient précédemment eu lieu, elle subit un déferlement de haine de la part de comptes sexistes. Cependant, cette haine a également engendré un élan de soutien envers cette femme et plus largement envers le mouvement, énormément de femmes ont alors posté des photos avec le hashtag #freethenipples. Mais ce mouvement met également en lumière [l’absurdité du fonctionnement](https://www.20minutes.fr/high-tech/2615435-20190928-instagram-censure-jeunes-garcons-torse-nu-cheveux-longs-croyant-agit-filles-topless)^42^ d'Instagram, car lorsqu’une mère poste une photographie de son petit garçon torse nu mais avec les cheveux long, la photographie est immédiatement supprimée par le géant américain. Suite à cela, pour souligner cette absurdité, l'artiste Micol Hebron [publie](https://www.huffingtonpost.fr/2015/07/10/censure-instagram-tetons-masculins-pour-poster-art-ancien_n_7767908.html?utm_hp_ref=fr-censure-instagram)^43^ des images de femmes nues dont la poitrine est remplacée par des tétons d’hommes et ces photos ne furent pas censurées. Face à cette action révélatrice des tabous de notre société, Instagram ne pouvait plus se cacher derrière les algorithmes car le pourcentage de nudité est le même qu'il s'agisse d'un corps d'homme ou de femme. Afin de se justifier, l’enseigne américaine a donc [déclaré](https://www.konbini.com/fr/tendances-2/instagram-free-the-nipple-censure-explication/)^44^ ne pas vouloir de contenu érotique sur sa plateforme. Aujourd’hui le combat continue même si Instagram a dû s’adapter aux nouveaux combats en acceptant la publication des *nudes* de femmes.Ce combat pour la nudité sur les réseaux sociaux est donc également un combat pour l'égalité des sexes, pour le droit pour une femme à exposer son corps librement comme tout homme est libre de le faire. Ce mouvement en a inspiré un autre, c’est le [#FreeAllBodies](https://www.instagram.com/explore/tags/freeallbodies/) traduit littéralement en français par "Libérons tous les corps". [Ce mouvement](https://www.fisheyemagazine.fr/decouvertes/actu/freeallbodies-un-hashtag-pour-lutter-contre-la-censure-des-corps/)^45^ fait suite à la censure des corps qui pourraient s’avérer être en dehors de la norme, acte souvent associé à de la grossophobie comme nous avons pu le voir avec la une de Télérama. Cette censure a encore une fois été applquée chez Instagram. Enfin, un autre mouvement toujours en rapport avec l’érotisation du sein féminin est né : [@Taboob](https://www.instagram.com/taboobofficial/). Ici, il ne s’agit pas d’un hashtag mais d’[un compte](https://www.rtbf.be/culture/pop-up/detail_taboob-le-compte-instagram-belge-qui-defie-la-censure-marion-jaumotte?id=10267660)^46^ voulant tester la censure d’Instagram, savoir jusqu'où celle-ci peut aller. A travers différents tests, ils ont pu comprendre le fonctionnement de l'algorithme d'Instagram en ce qui concerne la censure de la poitrine féminine: >« Instagram a un ordinateur qui étudie de nombreuses photos afin de pouvoir identifier un sein – ce processus s’appelle l’apprentissage automatique. C’est donc un robot qui décide si une photo doit être retirée ou non. Nous avons numéroté chaque photo pour pouvoir compter celles qu’Instagram bloquait. Entre-temps, notre compte a été complètement supprimé par Instagram. » Les différents processus de censure témoignent donc d'inégalités de sexe persistantes au sein de notre société, et d'une peur du corps de la femme, de ses irrégularités, de ses particularités. Bien qu'il faille lutter contre ces inégalités, il ne faut tout de même pas oublier que la censure peut également jouer un rôle protecteur pour les utilisateurs des réseaux sociaux, notamment parce que ces photos dénudées peuvent être l'objet d'utilisations mal intentionnées. ## Combat contre le revenge porn Alors que le *revenge porn* [explose](https://www.cnews.fr/vie-numerique/2020-04-21/avec-le-confinement-le-revenge-porn-explose-949211)^47^ pendant cette période de confinement liée à la crise sanitaire, les réseaux sociaux, depuis quelques années, sont de plus en plus sensibilisés à cette thématique. En 2015, peu d’affaires allaient jusqu’au tribunal puisque seulement trois procès avaient été réalisés et ceux-ci n'avaient mené qu'à deux condamnations car aucune loi n’était encore mise en place pour ce type de délit, seule l’atteinte à la vie privée s’appliquait. <iframe width='700px' height='700px' frameborder='0' marginheight ='0' marginwidth='0' scrolling ='no' src='https://player.ina.fr/player/embed/5521045_001_021/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/wide/1' allow='fullscreen,autoplay'></iframe> *Vidéo extraite du JT France 2 © INA* Mais en 2016, face à ce phénomène inquiétant qui se trouvait de plus en plus présent, le *revenge porn* a été [considéré](https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2017/12/25/la-lutte-contre-le-revenge-porn-avance-a-petits-pas_5234252_4497186.html)^48^ comme un délit à part entière en France. Le code pénal a mis en application le 7 octobre 2016 une loi concernant la vengeance pornographique pouvant mener jusqu’à deux ans de prison et 60.000 euros d’amende. Cependant, pour que ces délits soient punis, il faut que la victime soit correctement identifiable. Le gouvernement français, plus précisément le ministère de l’Intérieur, a mis en place [Pharos](https://www.interieur.gouv.fr/A-votre-service/Ma-securite/Conseils-pratiques/Sur-internet/Signaler-un-contenu-suspect-ou-illicite-avec-PHAROS), un site dédié au signalement de contenu illicite ou illégal permettant ainsi de signaler les comptes des cyberharceleurs. Dans les autres pays il en est de même, le *revenge porn* est considéré comme un délit aux yeux de la loi tandis qu’aux Etats-Unis il n’existe pas de loi unique contre le *revenge porn*. Précédemment, nous avons vu ce qui était mis en place par les réseaux sociaux en termes de conditions d’utilisation et d’algorithmes mais désormais afin d’éviter que les photos issues d'une volonté de *revenge porn* arrivent sur les plateformes sociales, cela demande une approche bien plus spécifique afin de différencier l’exposition de la nudité volontaire et l’exposition sans consentement. Les réseaux sociaux participant ne sont pas nombreux puisque pour le moment seulement Facebook, au-delà de sa collaboration avec les gouvernements, a mis en place [un test](https://www.europe1.fr/technologies/facebook-test-un-outil-de-lutte-contre-le-revenge-porn-3661268)^49^ en Australie pour lutter contre ce type de vengeance sur sa plateforme. [Son système](https://www.lalibre.be/international/revenge-porn-facebook-va-taguer-les-photos-compromettantes-de-ses-utilisateurs-5a03eda5cd70fa5a06253e91)^50^ consiste à ce que la personne adulte ayant partagé des photographies dénudées, les envoie elle-même à la eSafety Commission (commission australienne de sécurité informatique). Si la commission a l'impression qu’une personne possédant ces *nudes* pourrait être mal intentionnée, alors elle se chargera de la médiation de ces images à Facebook pour éviter tout problème de sécurité. Par la suite, les images envoyées à Facebook par la commission seront taguées par une [empreinte électronique unique](https://www.genie-inc.com/facebook-developpe-nouvel-outil-freiner-revenge-porn/)^51^ ce qui permettra que lorsqu’une personne souhaitant se venger et poster la photographie de la personne dénudée, la publication sera alors impossible car l’empreinte sera reconnue et le contenu sera bloqué sur Facebook, Instagram (la plateforme appartient à Facebook) et Messenger (service de messagerie de Facebook). Afin de rassurer les internautes australiens, le responsable de la sécurité des contenus chez Facebook, Antigone Davis, a tenu à préciser lors d’un communiqué le fonctionnement : « Nous utilisons une technologie de reconnaissance d'images pour empêcher le partage non autorisé d'images intimes ». En 2017, il a donc été testé en Australie mais Facebook prévoit d’étendre cette initiative à la Grande-Bretagne, le Canada et les Etats-Unis, qui sont des zones également très touchées par le *revenge porn *en 2020. Même si cette initiative novatrice peut permettre de limiter le *revenge porn* celle-ci a ses limites puisque, tout d’abord, elle existe uniquement en Australie. Elle oblige également les personnes à envoyer des photographies personnelles, ce qui peut remettre en question la liberté d'expression et peut provoquer une certaine réticence chez les utilisateurs. Enfin, bien qu'étant une initiative visant à protéger la personne publiant la photographie, celle-ci n’arrête pas définitivement le cyberharceleur. Ainsi, afin de lutter contre le *revenge* *porn* en attendant qu’une véritable solution soit trouvée, une jeune femme de 21 ans, Shanley, a décidé de créer un compte Instagram afin de dénoncer ces cyberharceleurs. Son compte s’appelle @stop.fisha et lutte contre les [comptes ficha](https://www.20minutes.fr/high-tech/2757007-20200409-revenge-porn-ca-traumatisee-confinement-comptes-ficha-explosent-snapchat)^52^ c’est-à-dire les comptes publiant ou repostant des images de *revenge porn*. Elle estimait en effet que, malgré les initiatives prises par le gouvernement et les réseaux sociaux, la [fermeture](https://www.vice.com/fr/article/a3ymgj/le-site-de-revenge-porn-anon-ib-est-enfin-mort)^53^ de ces comptes devait être accélérée. [@stop.fisha](https://www.instagram.com/stop.fisha/) comptabilise 12.000 abonnés et a permis de [supprimer](https://etudiant.lefigaro.fr/article/shanley-etudiante-de-21-ans-denonce-les-comptes-de-revenge-porn-sur-snapchat_9daf31a0-7ef8-11ea-a762-d69c85703021/)^54^ plus de 200 comptes "fisha". Grâce à Shanley et à son équipe, plusieurs personnes ont pu dénoncer ces abus et atteintes à leur personne, et arrêter la diffusion pour certaines. Shanley travaille avec des avocates, le ministère de l’Intérieur et les associations pour lutter jour après jour contre le *revenge porn*, ce qui témoigne de la nécessité de l'implication d'acteurs à toutes les échelles. Malgré toutes ces bonnes initiatives, aucune n’a pour le moment réussi à empêcher définitivement le *revenge porn* car Internet est très difficile à maîtriser et aucune solution durable n’a pour le moment été trouvée. Il est donc indispensable de poursuivre cette lutte contre le *revenge porn*, tout en libérant le corps des femmes au même titre que celui des hommes.