Laurine **BEAUQUIER**, Antoine **BERNARD**, Marthe **NEIDHART**, Enzo **PÉTRY**, et Jules **RYBOJAD**
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# **CAMPAGNE DE LUTTE CONTRE LE HARCÈLEMENT DES LGBTI+ À L’ÉCOLE**
*Ligue de l'Enseignement LGBTI+*
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**1. Revue de presse : harcèlement scolaire des LGBTI+ à l’école**

Notre revue de presse se penche sur l’actualité culturelle et sociale marquant ces derniers mois. Ces faits d’actualités, parfois de graves faits-divers, concernent le harcèlement des personnes LGBTI+ en milieu scolaire. En effet, notre campagne est la réponse douloureuse au “suicide d’une lycéenne transgenre” lilloise, comme le titre *Le Monde* le 18 décembre 2020. Cette dernière aurait subi moqueries et avertissements désapprouvant l’identité de genre de l’adolescente de la part du personnel enseignant, notamment de la Conseillère Principale d’Orientation. L'institution scolaire s’est rendue elle-même coupable d’harcèlement scolaire et transphobe.

Jean-Pierre VERAN, inspecteur académique de l’Education nationale et agrégé de lettres modernes, signe le soir même une tribune dans *Médiapart*. Il dénonce le principe de “tenue correcte” mentionné dans les règlements intérieurs des établissements scolaires. Jean-Pierre VÉRAN affirme que cette mention empêche les élèves transgenres de s’habiller en accord avec leur identité de genre. En effet, la tenue de l’élève lilloise avait fait l'objet, entre autres, de moqueries.

Au début du mois de décembre, le témoignage de Lilie écolière de 8 ans avait bouleversé les internautes. *Konbini news* y dressait le portrait de cette petite fille née dans un corps de garçon. Avec ses parents, elle raconte son mal être d’être née dans ce corps qui ne lui semble pas correspondre avec qui elle est. Le reportage décrit les réactions dans sa famille et au sein du milieu scolaire de la fillette.

Ce dernier fait écho au documentaire de Sébastien LIFSHITZ, *Petite fille*, diffusé sur Arte le même mois. Le réalisateur dépeint le combat d’une famille et plus précisement d’une mère pour que sa fille également transgenre, Sasha, soit acceptée par toutes et tous et surtout dans son l’école. Petite fille suit l’intimité de la fillette et de sa famille. Les rendez-vous à l'hôpital chez la psychiatre de l’enfant décrivent parfaitement l'endurance et la souffrance qu’affronte la famille. Le documentaire décrit le harcèlement subi par Sasha à l’école de la part de ses camarades de classe et du personnel de l’école.
Un autre film PD, d’Olivier LALLART, vient compléter, l’actualité culturelle concernant le harcèlement scolaire auprès des individus LGBTI+. En effet, le court métrage disponible aujourd’hui sur Youtube raconte l’histoire d’un lycéen homosexuel victime d’harcellement scolaire. Le film souligne la puissance dévastatrice des rumeurs, amplifiées par les réseaux sociaux. Le cyberharcèlement est un fléau qui dépasse les frontières de l’école.

Le 17 mai dernier, à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, France Info relate les propos de Maxime PÉRIMONY président de l’association, Le Triangle rose :
> ‘On constate une notion de sexisme, qui est liée à l'homophobie, la transphobie. Le but est de sensibiliser sur la question de genre, de prévenir le harcèlement, les cas de violences que l'on déplore malheureusement au sein des établissements’. Le taux de suicide serait en hausse chez les jeunes LGBTI+. ‘Il y a 3 à 4 fois plus de risques de se suicider dans sa jeunesse en étant LGBTI+ qu'en étant hétéro’ soutient Maxime Périmony. L'ère des réseaux sociaux et leurs dérives auraient occasionné davantage de dégâts au sein de la communauté.
Le militant associatif, défendant les droits LGBTI+, souligne le poids du harcèlement scolaire auprès des personnes LGBTI+ de part la proportion prééminente du taux de suicide de ces derniers.
**On le voit donc, l'école est hélas une institution ou les LGBTIphobies font rage.**
**2. Contexte : Le harcèlement scolaire en France et ailleurs**
À l'échelle internationale
L'UNESCO définit le harcèlement scolaire à l'égard des LGBTI+ comme :
- la **violence** fondée sur l’**orientation sexuelle** et l’**identité** ou l’**expression de genre**
- souvent dirigée contre les élèves qui sont, ou sont perçus, comme étant **lesbiennes**, **homosexuels**, **bisexuels**, **transgenres**
- ou contre toutes personnes dont **l’expression du genre ne s’inscrit pas dans des normes sexuelles binaires**, à l’instar des garçons perçus comme efféminés ou des filles perçues comme masculines. Il s’agit là d’une violence de genre.”
En 2017, un rapport américain réalisé sur 20 ans montre que le harcèlement à l’encontre des LGBTI+ atteint une ampleur sans précédent.
Les LGBTI+ sont 2 à 3 fois plus susceptibles de subir du harcèlement dans le cadre scolaire.

Pour endiguer ce phénomène, une journée internationale de lutte contre la violence et le harcèlement scolaire est créée, à l'initiative de trois pays : le Maroc, le Mexique et la France.
- **Le but:** mobiliser le personnel éducatif et les élèves.
- **Les moyens:** utilisation des chaînes nationales et des réseaux sociaux.
- **Un exemple de réalisation:** création du 1er partenariat avec le réseau social TikTok en 2020.
*Mise en place d'un hashtag #NonAuHarcèlement, d'un numéro d'écoute et d'assistante gratuit (3020),des vidéos qui mettent en situation le harcèlement, un onglet spécialement dédié à ce sujet et visible par tous les utilisateurs de la plateforme.* *Les utilisateurs peuvent se saisir du hashtag pour sensibiliser leur communauté en racontant leurs expériences personnelles.*

À l'échelle nationale
On observe en premier lieu l'essor d'un cadre législatif avec la **"Loi pour une école de confiance"** promulguée le 28 Juillet 2019. Celle-ci inscrit la lutte contre le harcèlement scolaire comme un principe de droit (Art 5).
En application de cette loi, une politique publique est mise en place par le ministère de l'Education nationale, de la jeunesse et des sports.
Elle prescrit **4 actions** pour lutter contre le harcèlement scolaire:
- Sensibiliser
- Prévenir
- Former
- Prendre en charge
Elle définit le harcèlement scolaire:
- Une **violence répétée** qui peut être **verbale**, **physique** ou **psychologique**.
- Dans le cadre de l'école, cette violence peut être le fait d'un ou plusieurs élèves à l'encontre d'**une ou plusieurs victimes**.
- Elle se fonde sur **le rejet de la différence** et la **stimatisation** de certaines caractéristiques à l'instar de l'apparence physique, l'orientation sexuelle, le handicap ...
La contextualisation du harcèlement scolaire conduit à s'interroger sur **la notion de genre**. Celle-ci apparaît centrale au regard du type de harcèlement subit par les LGBTI+.
Le genre désigne:
- tout ce qui construit **socialement** et **culturellement** la **différence entre les sexes**
- tout ce qui contribue à définir **ce qui est considéré comme féminin et masculin** dans une société.
**3. Qui sommes nous ?**
La Ligue de l'Enseignement LGBTI+ (LEL) est une association de loi 1901. Sa principale mission est la lutte contre les LGBTIphobies à l'école. Elle regroupe des militant.e.s, enseignant.e.s, élèves et élu.e.s LGBTI+. Elle concentre son action sur l'école et l'enseignement. L'école est encore le terreau de l'homophobie. L'institution en elle-même adopte des comportements opprimant les élèves et enseignants LGBTI+. Le harcèlement scolaire d'élève à élève reste un fléau qu'entend éradiquer la LEL. C'est à travers la pédagogie que l'association souhaite le plus se développer. Les problématiques soulevées doivent être omniprésentes car le silence est l'huile d'un feu déjà ardent. Une mobilisation durable qui passe notamment par une vaste sensibilisation est au coeur des objectifs de la LEL.

**4. Manifeste**
**CAMPAGNE DE LUTTE CONTRE LE HARCÈLEMENT DES LGBTI+ À L’ÉCOLE**
*Ligue de l'Enseignement LGBTI+*
Le 1er décembre 2020, une lycéenne trans s’est donnée la mort à Lille. La Ligue de l'Enseignement LGBTI+ est préoccupée d’apprendre le harcèlement qu’elle a subi au sein de son lycée et encore plus de la part des membres du personnel enseignant. En effet, selon plusieurs sources concordantes, la Conseillère Principale d’Éducation du lycée Fénelon de Lille aurait interdit à la jeune de femme de s’habiller comme elle l’entendait. Cette adulte a délibérément exprimé sa désapprobation. Il s’agit là d’une transphobie grave, d’autant qu’elle provient du corps enseignant. Nous sommes épuisé.e.s et éploré.e.s de compter le nombre de suicide augmenter chez les jeunes LGBTI+. **Les LGBTIphobies ne sont pas une opinion mais un délit. C’est une tragédie de devoir le rappeler en 2021.**
Face à ce drame, hélas parmi tant d’autres, il nous faut réagir immédiatement. **Les jeunes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, intersexes et autres minorités sexuelles ne sauraient continuer d’être un bétail que l’on regarde souffrir et périr silencieusement.** L’école et les pouvoirs publics sont responsables de ce fléau. Dès lors, nous souhaitons lancer une campagne de lutte contre le harcèlement scolaire auprès des LGBTI+. Elle doit concerner tout le monde – élèves, parents, enseignant.e.s, personnels éducatifs, élu.e.s – et doit évidemment dépasser l’enceinte des écoles, collèges et lycées.
Au-delà d’une sensibilisation massive de l’ensemble de la population, c’est une mobilisation puissante qu’il faut entreprendre pour faire cesser ces drames. Le harcèlement scolaire à pour détestable complice le silence. Le témoin qui n’alerte pas. La personne qui laisse passer. L’autre qui ferme les yeux. **Cela doit cesser**. Chacun et chacune doit pouvoir être un.e allié.e efficace. **Cette solidarité est cruciale.** C’est une question de vie ou mort pour des milliers de jeunes élèves. Elle doit passer par une meilleure visibilisation de ces jeunes et une meilleure compréhension de leur difficulté. Leur orientation sexuelle et/ou identité de genre complexifie davantage les dynamiques exécrables du harcèlement scolaire. Le premier impératif de notre mobilisation se traduira par une pédagogie infrangible à destination de toustes.
**Le harcèlement scolaire à destination des LGBTI+ est une honte : elle doit changer de camp.**
***BRISONS LE SILENCE***
**5. Une dramaturgie**
Tout d'abord, nous avons donc créer l'association, "La ligue de l'Enseignement LGBTI+" dont le rôle est de mener des actions notamment pédagogiques pour défendre les victimes LGBTI+ de harcèlement scolaire. La création de cette association sert également de lieu de refuge pour les victimes, afin qu'elle puisse échanger sur leur situation et ne plus se sentir seules. Pour que notre mobilisation soit efficace, nous souhaitons mettre en place une réelle stratégie de communication axée sur la sensibilisation et ce, de manière multicanale.
Dans un premier temps nous avons conçu des affiches dénonçant le harcèlement scolaire contre la communauté LGBTI+. Avec des slogans marquants qui s'adressent à différentes cibles, les élèves de primaire dans un ton plus pédagogique et assez familier, mais aussi aux élèves de collège et lycée où nous privilègions un ton choc afin qu'ils prennent réellement conscience de la situation. Tous ces visuels sont accompagnés d'un même hashtag : #Brisons le silence.

L'objectif de ces affiches déployées selon différents visuels est donc de faire prendre conscience à tous, des dangers du harcèlement et de ses conséquences en sensibilisant les enfants dès leur plus jeune âge. En haut à gauche se trouve le logo de la Ligue d'Ensignement LGBTI+, que nous avons créé, et en haut à droite le logo de l'association SOS homophobie avec laquelle nous avons jugé important de faire un partenariat. Ces visuels seront affichés au sein des établissements scolaires, mais aussi sur nos pages officielles sur les réseaux sociaux Instgram et Twitter, dont nous connaissons la grande rapidité de propagation de l'information. Cela donnera encore davantage de visibilité à notre association et la problématique pour laquelle nous sommes engagés, d'autant plus que les jeunes sont en majorité les utilisateurs des réseaux sociaux.

Cependant, pour avoir une réelle influence, ces visuels doivent être accompagnés d'autres actions de communication afin de sensibiliser le plus grand nombre à notre combat mais aussi de lui donner une plus grande visibilité.
Ainsi, nous souhaitons mettre en place des interventions dans les écoles de la primaire au lycée, sous forme de cours et petits ateliers pour familiariser tous les élèves à ce sujet. L'objectif est de créer un véritable échange entre intervenants et élèves, afin qu'ils soient libres de poser des questions, de comprendre l'importance de cet enjeu et qu'ils soient à même de ne pas reproduire ce phénomène de harcèlement voire même capable de le signaler. Au vue des graves abus dont des personnes du corps enseignant ont pu faire preuve, encore récemment, nous pensons qu'il est primordial que ces interventions aient également lieu auprès des différents membres des équipes pédagogiques, soient les professeurs, CPE, directeurs d'école ou encore surveillants.

Nous souhaitons également mettre en place un site internet ainsi qu'une application ayant deux volets, un à la disposition du corps enseignant et un à la dispotion du public scolaire. L'idée est ici de créer une plateforme d'échange sur laquelle chaque internaute peut obtenir des réponses à ses questions au sujet du harcèlement scolaire contre les LGBTI+. Cet outil serait aussi un moyen pour les victimes de communiquer et de se faire accompagner pour que cela cesse.
**6. Une scène**
Tout d'abord, nous souhaitons sensibiliser sur une question majeure ayant provoquée de nombreux drames et souffrances pour des pans importants de la population. Les personnes LGBTI+ ne doivent plus subir le harcèlement et doivent pouvoir vivre pleinement et librement leur sexualité.
L’institution scolaire, vecteur majeur de la socialisation des individus, doit se saisir de ces questions de genre et ne pas être vecteur et théâtre de discriminations à l’égard des usagers de ce service public impératif au bon fonctionnement d’une société. L’école doit accompagner les élèves dans la formation de leur identité et ne pas la contraindre et la formater.
Il sera important de mobiliser de façon massive l’ensemble de la population. La voix de cette personne opprimée doit prendre le pas sur les discours haineux, nauséabonds et ayant pour plus grand allié un silence coupable. C'est pourquoi il nous parait primordiale de diversifer les scènes de notre campagne : à l'école, sur les réseaux sociaux et enfin dans la rue.
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À l'école
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Tout d'abord il faut que la campagne soit omniprésente à l'école. Les affiches doivent être massivement placardées dans les lieux de vie des professeurs et des élèves. On peut cibler la cantine et les couloires par exemple. À l'école encore, et plus particulièrement au collège et au lycée, l'heure de vie de classe peut être utilisée comme un temps dans la semaine, le mois, le trimestre — aussi souvent que necessaire — pour parler d'harcèlement et de LGBTIphobie. Par exemple, le moyen métrage *PD* pourrait facilement être diffusé avant l'ouverture d'un dialogue au sein de la classe.

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Sur les réseaux sociaux
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Les réseaux sociaux est le rendez-vous incontournable des jeunes. Dès lors, c'est une scène qu'il est crucial de cibler. Sur Twiter et Instagram une campagne publiciaitre avec nos affiches doit être lancée. Elle devra être facilement partageable. Le but ici est que le plus grand nombre de jeunes puissent être sensibilisés à la cause.

Par ailleurs, le porte parole du gouvernement Gabriel ATTAL organise régulièrement des *lives* sur instagram. Nous pourrions en organiser un avec ce dernier afin d'accroitre notre mobilisation.

*Gabriel ATTAL et une influenceuse lors d'un live sur Instagram*
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Dans la rue
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Nous envisageons de réunir une manifestation nationale avec l’aide de différentes associations. Des associations promouvant la défense des droits LGBTI+ tels que Act Up, Bi’Cause, GayLib, Le Refuge, ou SOS homophobie nous offrirons une base de soutiens solide et permettront de mobiliser au-delà des victimes en milieu scolaire. Il sera également important d’avoir le soutien d’autres acteurs, politique tout d’abord avec des partis progressistes allant du centre à la gauche à l'instar de LREM, LFI, le PS ou Place publique. Ce tissu associatif nous offrira les techniques d’informations et de mobilisation nécessaires à un mouvement de masse. Le poids de ce qu’on dénomme vulgairement des influenceurs est croissant dans une société où le digital détient une place de plus en plus importante, dès lors, recevoir leur soutien et bénéficier de leur audience sera une aide considérable. On peut penser à des individus ouvertement LGBTI+ comme le chanteur et youtubeur Bilal Hassani, les députés d’État Mounir Mahjoubi et Laurence Vanceunebrock, le porte-parole de l’exécutif Gabriel Attal, les journalistes Marc-Olivier Fogiel et Marie Labory ou encore le comédien Vincent Dedienne.

*Marie LABORY*

*Vincent DEDIENNE*
C’est grâce à ce panel d’acteurs que nous pourrons frapper un grand coup en réunissant un nombre important de personnes indépendamment de leurs couleurs politiques et de leurs opinions.
Le jour de la manifestation, nous organiserons une action menée sur les réseaux sociaux.Théâtre nauséabond d’un déferlement de haine, il sera important de défendre notre cause sur ce terrain. L’idée sera de s’inspirer de ce qui a été fait lors du mouvement Black Lives Matter du mois de mai 2020 ou pour militer pour la cause des Ouïghours en Chine.
Ce militantisme en ligne s’appelle le « slacktivisme » permettant de se mobiliser sans trop d’effort. La connotation est péjorative et pourtant, c’est une forme de militantisme tout aussi légitime que les formes traditionnelles. Nous sommes conscients que cette action ne serait qu’un simple outil permettant de sensibiliser à la cause du harcèlement scolaire à l’égard des LGBTQI+.

Si nous parvenons à diffuser à une grande échelle un triangle rose accompagné d’un hashtag percutant, nous pouvons penser que notre mobilisation aura plus de chance d’être un succès et de marquer les esprits. Chaque mouvement social doit aujourd’hui avoir une existence numérique. Ce dernier permettra de coordonner et de recruter de nouveaux soutiens et d’être repris notamment dans l’univers médiatico-politique.

*affiche d'Act up Paris*